Le vert

Le vert et toutes ses nuances

Cette fois, nous retrouvons un thème plus  lié à la pratique. En effet, je vais vous parler de la couleur verte. En fait, Le vert en soi n’existe pas, tant il en est de variations. C’est une très grande famille. La couleur verte, c’est la nature, la végétation. Une nature morte , un paysage, un visage même, est amputé d’un élément primordial si il ne comporte pas cette teinte ou au contraire n’est valorisé par elle.

Quelquefois, elle est bien visible et reconnaissable comme dans le portait de la jeune fille ci-dessous,

Le vert
Le vert dans le visage et les cheveux de cette jeune fille les rendent doux

quelquefois beaucoup plus subtile et cachée comme dans ce portrait d’un gentilhomme de Pompéi Batoni.

Le vert
Portrait d’un gentilhomme

Ici,  les touches en sont fondues sur le front et paraissent tout à fait naturelles. On ne le voit réellement  que quand on y porte attention

Le vert étant la couleur complémentaire du rouge, l’oeil ne le perçoit pas comme un élément incongru. Le visage gagne en expression et en caractère. Aussi bizarre que ça puisse paraître,  il devient plus vivant. Il entre dans la composition de la couleur chair

Mais…

Il n’y a pas qu’un seul vert

C’ est la couleur des d’ambiance par excellence, celle qui donne le caractère ou la température d’un tableau.

Au 17siècle, il était de mode de peindre des vanitas. Ces tableaux représentaient entre autres des mets, des fruits et des légumes, mais d’une façon triste et sans vie. Ces natures mortes étaient vraiment mortes au sens propre du terme. C’était, en quelque sorte, une peinture philosophique tendant à rappeler le caractère éphémère de la vie n’ayant pour seule finalité que la mort. Il ne fallait pas attacher de valeur à tout ce qui était périssable. Ainsi, on y voyait du pain rassis, du fromage séché, des cadavres d’animaux, parfois aussi un crâne humain. Pour obtenir cet effet morose de matière morte et de fruits et légumes sans fraîcheur, on évitait le soigneusement les verts frais en les chargeant de rouge ou de brun pour les rendre plus sourd et plus triste. Ils étaient grisés, pâlis, sombres ou salis.

Le vert
Là, le vert est un peu repoussant. Il ne donne pas envie de goûter (Claez)

Couleur de l’espoir et de la liberté

Mais cela peut être aussi la couleur de la joie. Dans ce tableau abstrait, si on enlève les verts, il devient fade et ennuyeux. Grâce à eux, il se réveille. Essayez en mettant votre doigt dessus. Vous voyez comme il change de caractère?

Le vert
Sans le vert, le tableau devient triste (Theodor Wermer)

Il fait vivre la nature par toutes ses nuances. Le foin coupé est mort, mais tout autour, l’energie est bien palpable.

Ombres
les meules de Monet

Il va mettre de la fraîcheur dans un été trop chaud. Associé au bleu, il renforce ainsi la sensation de fraîcheur ( du ruisseau) .

Le vert
Le vert est rafraichissant (Otto Mueller)

Il souligne et accompagne  le romantisme,

Le vert
vert romantique

le vert et ses variations

La théorie de la couleur nous dit que pour faire du vert, il suffit de mélanger du jaune et du bleu. C’est tout à fait exact, mais c’est évidemment aussi extrêmement  réducteur. Il existe d’infinies possibilités de nuances, selon la proportion de jaune ou de bleu utilisée. De même que, selon les bleus et les jaunes utilisés le résultat ne sera bien sûr pas le même

Un bleu ciel  mélangé à un jaune citron donnera un vert beaucoup plus frais que si on mélange un bleu outremer à ce même jaune citron. Pour faire simple, la couleur verte, c’est effectivement un mélange de bleu et de jaune. Mais il existe un très grand nombre de variations.

A quoi sert le vert en peinture

La couleur verte est, dit on, la couleur de l’espoir. C’est effectivement la première couleur qui apparaît dans la nature après le froid et la grisaille de l’hiver. Elle est symbole de vie, de vitalité, de bonne santé, de renouveau. Au moyen âge l’amour naissant était symbolisé par cette belle couleur.

Le vert est aussi associé à l’environnement, à une nature saine. En politique, les écologistes l’ont choisi pour définir leur parti. L’industrie alimentaire en use et en abuse pour nous faire passer ses produits pour sains et naturels, même si ce n’est pas le cas. Il ouvre l’appétit.

Donner le feu vert à quelqu’un, c’est lui permettre de suivre ses idées ou son projet, le laisser partir de l’avant. Le vert du feu de signalisation donne la liberté de rouler à nouveau.

À la fin de l’année, lorsque les feuilles jaunissent et tombent, nous ressentons souvent le besoin de vert. Nous coupons donc des branches de sapin pour décorer notre intérieur et plaçons du sapin ou du houx chez nous. Les plantes vertes sont partie intégrante d’une décoration agréable  à la maison.

La couleur du poison

Mais le vert peut aussi avoir des connotations négatives. Si la mousse est d’un joli vert dynamique, celui de la moisissure est plus sombre. Le poison peut aussi être symbolisé par un vert bilieux désagréable à regarder. Par extension, on habillait souvent  les traîtres, les fourbes et les hypocrites de cette couleur au théâtre.

Molière étant décédé sur scène dans un costume vert, cette couleur a, en fait, longtemps été  considérée comme portant malheur au théâtre. Ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hu, c’est plus nuancéi. Pourtant, certains comédiens ont conservé cette superstition.

Une couleur reposante

La couleur verte est reposante pour les yeux. On peut regarder un paysage vert sans se lasser. Dans les maisons aussi, cette teinte est un pôle de calme et de paix.

Les élèves se fatiguent moins les yeux devant le fort contraste de la craie blanche sur le tableau  lorsque  celui-ci est vert. À une certaine époque  les  écoles ont donc remplacé peu à peu tous les tableaux noirs par des verts, plus reposants et plus doux à regarder.

Vert
le tableau vert a remplacé le noir dans les écoles

Cela peut aussi être la couleur de la prière et de la méditation. Certaines religions, comme l’islam, en ont fait leur couleur sacrée.

Quelques recettes pour obtenir le vert

Les possibilités de mélange sont tellement immense que je ne vous donnerai ici qu’une impulsion qui vous amènera vous même à continuer l’expérience. Je ne vais prendre que deux sortes de jaune pour  ma démonstration. À chaque nouveau mélange, vous aurez une autre tonalité .

Observez cette assiette:

Vert
Verts différents selon le bleu et le jaune choisi

J’y ai mis des touches de jaune citron dans le haut, de jaune indien dans la bas. À côté, j’ai mis à chaque fois un bleu différent ( quatre en tout) et j’ai mélangé.

Commençons par les mélanges jaune citron:

Selon le bleu avec lequel vous allez le mélanger, la couleur obtenue sera complètement différente.

Pour obtenir du vert printemps ou pomme verte : ajoutez du bleu turquoise

Le vert

Si vous voulez un vert  d‘été, celui  des arbres feuillus  ou des herbes des champs, vous prendrez plutôt un bleu de Prusse

Le vert

Pour un vert à tendance bleutée comme on en voit dans l‘ombre des feuillages ou sur certains conifères, le bleu primaire fera le boulot

Le vert

Alors que le pour les verts sombres des zones d‘ombres vous utiliserez le bleu outremer

Le vert

Les mêmes avec du jaune d‘or

Si on reprend les même bleus en les mélangeant à un jaune indien ( jaune d‘or) qui est un ton plus chaud, on obtient alors des verts complètement différents:

Avec le bleu turquoise, on découvre un vert olive plus du tout vif ni  printanier, mais fruité

Le vert
Vert jaune

Le mélange au bleu de Prusse donnera aussi un ton beaucoup plus foncé pouvant  rappeler celle  des grands sapins de montagne

Le vert
Vert sapin

Si vous prenez maintenant votre bleu primaire, vous allez ainsi obtenir une couleur définie comme vert de bile. Certes, le nom n‘est pas vraiment joli, mais c‘est une couleur comme une autre qui peut aussi trouver mille et une utilisations 😉

Le vert
Vert de bile

Reste le bleu outremer. Et là, on a la surprise de découvrir un ton se rapprochant de la terre. C’est encore un vert, mais à tendance presque brune. Cette couleur est si présente dans la nature sur les sols et sur les troncs d’arbres que l’armée et les chasseurs s’en servent de couleur de camouflage. Il s’agit bien sûr du kaki.

Le vert
vert kaki

Chaque écran rendant les couleurs de façon différente, je vous conseille vivement de faire l’essai chez  vous. De cette façon, vous pourrez vous  rendre compte du résultat par votre propre expérience. À vos pinceaux.

Vous pouvez aussi expérimenter avec d‘autres jaunes et d‘autres bleus. Les possibilités sont infinies.

Pour garder ces mélanges sans avoir à tatonner à chaque fois pour savoir quel bleu avit été mis avec quel jaune, vous pouvez les faire sur des petites cartes en écrivant dessus les couleurs utilisées. Le jour où vous aurez besoin d‘un vert bien particulier, vous n‘aurez plus besoin d’expérimenter, vous le retrouverez sur votre petite carte.

En attendant, je vous souhaite beaucoup de plaisir avec vos mélanges et vous dit à bientôt pour le prochain article

Ariane

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3 réflexions sur « Le vert et toutes ses nuances »

  1. Bonjour Ariane,
    Un énorme merci du fond du cœur pour tous tes partages. J’ai découvert ton blog tout á l’heure et j’ai fini de lire tous tes articles. Quelle mine !!! Je commence mon premier cours de peinture la semaine prochaine et je relirai tes textes qui sont tellement riches d’enseignements ! Je te suis profondément reconnaissante de partager ton expérience et j’ai hate de découvrir ton prochain sujet. Bonne continuation á toi et un « abrazo » depuis le Mexique :-).
    France

  2. pfiouu, super intéressant ! Merci!
    très bonne idée les cartes penses couleurs
    Je vais passer une petite partie de la journée sur votre blog je crois!

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