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Couleurs primaires

les couleurs primaires pour commencer en peinture

Qu’appelle t’on couleurs primaires? Combien de couleurs faut-il pour commencer en peinture et lesquelles? Nombre d’entre vous se posent la question.

Devant la multitude des teintes proposées en tubes, comment savoir celles qu’il faut prendre en premier, histoire de se limiter un peu quand même. Surtout si on sait qu’il nous est possible de les obtenir quasiment toutes par des mélanges.

Vous vous souvenez qu’à l’école, on vous avait parlé de couleurs primaires : le rouge, le bleu et le jaune. Celles là, déjà, vous voulez les prendre et, en principe, vous avez raison. Vous choisissez donc le rouge qui vous semble le plus rouge, un bleu qui correspond à l’image qu’on se fait du bleu et un jaune ni trop clair, ni trop foncé.

couleurs primaires
couleurs primaires

Comme vous le savez peut-être, sûrement même, en théorie, il suffit de trois couleurs de base pour obtenir toutes les couleurs possibles. Ces trois couleurs ne peuvent être obtenues par le mélange d’autres couleurs entre elles. C’est donc pour ça qu’on les appelle  les trois couleurs primaires.

Si vous observez un tableau de Piet Mondrian, vous allez pouvoir reconnaître  ces fameuses trois couleurs primaires.

Mélange des couleurs
Les 3 couleurs primaires plus le blanc

Vous avez alors essayé de mettre en pratique la théorie qu’on vous a enseignée à l’école.

rouge + jaune = orange

jaune + bleu = vert

rouge + bleu = violet

Vous avez donc décidé de mélanger les couleurs entre elles pour voir ce que ça va donner. Allons y.

Les couleurs primaires

Vous avez pris vos trois couleurs de base que vous avez déposées sur une palette (ou comme moi, sur une vielle assiette en porcelaine, parce que le blanc de l’assiette permet de bien voir la couleur obtenue):

couleurs primaires
couleurs primaires

Bleu  primaire, rouge primaire et jaune primaire . Ces couleurs sont impossibles à créer par le mélange d’autres couleurs. Elles sont donc, en principe, la base de toutes les autres.

Tout d’abord, vous avez mélangé le jaune et le bleu. La magie a opéré, vous avez bien obtenu du vert. C’est un vert assez  foncé à tendance caca d’oie, pas super joli. Ce n’était peut-être pas le beau vert dont vous aviez envie, mais en tout cas, c’est un vert, donc , ça marche. Ça commence donc plutôt bien!

couleurs primaires
jaune et bleu donnent du vert

Puis vous avez mélangé le rouge et le jaune. La magie continue à opérer, vous obtenez bien un orange plutôt digne de ce nom.

couleurs primaires
rouge et jaune donnent orange

Il ne reste plus que le rouge et le bleu. Vous êtes donc sûrs que vous allez obtenir un violet. Vous mélangez alors allègrement ces deux couleurs primaires ensemble,

couleurs primaires
On mélange le rouge et le bleu et on obtient…

et …beurk…vous obtenez une couleur sombre et moche qui ressemblerait plutôt à de l’aubergine, mais un peu crâmée quand même. Certes, on dit que l’aubergine est violette, mais ce n’est pas du tout  un beau violet.

couleurs primaires
et on obtient une couleur se rapprochant plus du noir que du violet

Pourquoi?

En fait,  à l’école, on ne vous a pas tout dit, et surtout, on ne vous a pas fait prendre les bonnes couleurs pour que la théorie fonctionne. Il ne faut pas se contenter de prendre uniquement les tubes sur lesquels les couleurs sont qualifiées de primaires (surtout que ca change d’une marque à l’autre)

En réalité, les trois couleurs primaires ci dessus se comportent comme elles le doivent lorsqu’elles interagissent avec la lumière. Le bleu et le rouge mêlés dans la lumière donnent un très beau violet. Sur le papier, on ne peut pas en dire autant. Le jaune et le bleu donnent un vert lumineux et rayonnant lorsque la lumière les unit. Sur le papier il semble plutôt sale. La couleur orange par contre est tout à fait bien.

Pourquoi est-ce comme ça? Parce que la théorie des couleurs est basée au départ sur la loi des mélanges tels qu’ils apparaissent dans l’arc en ciel, c’est à dire avec l’action  de la lumière et la transparence. Or, notre papier n’est pas traversé  par la lumière et les pigments de nos peintures sont opaques, donc, ça ne marche tout simplement  pas. Ca ne veut pas dire qu’on ne pourra pas s’en servir pour des mélanges, mais elles ne suffiront pas pour faire TOUTES les autres couleurs

Alors comment faire?

Ce n’est donc pas du tout  vrai  qu’on puisse faire toutes les couleurs à partir des trois couleurs primaires?

Eh bien si, mais pas tout à fait comme vous le pensiez. Si, sur le tube, seulement  trois d’entre elles s’appellent primaires, elles ne sont pas suffisantes, voire, ce ne sont pas celles à prendre en exclusivité.

Trois couleurs primaires et du blanc pour quasiment TOUT faire

Les trois couleurs primaires en peinture opaque sont le bleu cyan, le rouge magenta et le jaune. Ce sont aussi exactement les trois couleurs qui sont utilisées en imprimerie pour obtenir toutes les autres.

couleurs primaires
couleurs primaires

Le bleu cyan est un bleu qui tire un peu vers le turquoise

le rouge magenta ( aussi appelé fuschia) est un rose soutenu tirant légèrement vers le bleu

et le jaune est un jaune qu’on pourrait qualifier de jaune soleil ou de jaune d’or

ABOOOOONNN! Mais pourquoi ne nous le dit on pas à l’école???

Je n’en sais rien.

Dans de nombreuses écoles, on continue à apprendre aux enfants à mélanger les couleurs dites primaires ( voir le triangle de couleurs ci-dessus)  parce qu’on se réfère aux rayons de lumière qui se comportent comme on nous le décrit en se mélangeant. Par contre, on ne cherche pas à faire la différence entre la toile ou le papier, et l’espace. C’est fatal parce que c’est cette expérience négative qui va frustrer bon nombre de petits artistes en herbe qui terminent leur chef d’oeuvre dans un mélange sale de trois couleurs inappropriées. Avec un petit peu de malchance supplémentaire, on leur autorise aussi le blanc et le noir. Là, la catastrophe est assurée.

Si à la place, on leur propose juste les trois autres couleurs dont je vous ai parlé plus haut(cercle), Magenta, cyan et jaune citron, on sent comme une libération. D’un seul coup, ils se sentent capables de créer des harmonies incroyables et prennent leur envol artistique.

Le secret

Voulez vous que je vous dévoile un secret ? En peinture, si on leur ajoute nos premières couleurs primaires, on peut vraiment faire un  nombre infini de couleurs et de nuances, y compris le noir. Seul le blanc, obtenu par le mélange de toutes les autres en faisceau lumineux, ne sera pas possible à faire en mélange opaque.

Donc, il ne faut pas trois couleurs, en réalité. Certes, ces couleurs  que l’on ajoute sont aussi bleu jaune et rouge, mais dans un autre spectre. Les imprimeurs l’ont bien compris car ils les utilisent  pour effectivement obtenir TOUTES les couleurs. Et c’est là le truc.

Pour obtenir toutes les couleurs, il faut deux sortes de bleu, deux sortes de rouges et deux sortes de jaunes. Le mélange de ces couleurs entre elles apportera toutes les nuances qui manquaient à nos trois couleurs de base. C’est là le secret qui va faire toute la différence.

Alors recommencons l’expérience avec nos trois nouvelles couleurs primaires.

couleurs primaires
couleurs primaires II

Je mélange le jaune et le magenta et j’obtiens…un rouge primaire!

Tiens, mais c’est marrant ca, du vrai rouge? Oui.

couleurs primaires
Magenta+jaune = rouge vermillon

Voilà donc déjà une couleur que je n’aurai pas besoin d’acheter en tube 😉

Pour obtenir la couleur orange, il ne me reste plus qu’à ajouter du jaune à ce rouge.

couleurs primaires
Orange

Je mélange le cyan et le jaune

couleurs primaires
bleu cyan + jaune = ?

et j’obtiens un vert pomme.

En ajoutant encore une pointe de bleu primaire, je peux le foncer. Avec du jaune, je l’éclaircis.

Maintenant, je mélange le magenta et le cyan

couleurs primaires
magenta+cyan = un vrai violet

et…j’obtiens un vrai violet!

Pour résumer

Pour débuter en peinture, je n’ai besoin que de CINQ COULEURS et du blanc.

Magenta

Cyan, bleu primaire

jaune primaire, jaune citron

Et avec ces couleurs primaires, vous pouvez créer une infinité d’autres couleurs.

Par exemple la couleur « chair » ici.

Nous en détaillerons d’autres dans de prochains  articles.

à bientôt donc,

Ariane

 

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lacis

Le glacis pour sublimer un tableau

  1. glacisLe glacis

Sublimer un tableau avec un glacis de surface? Qu’est ce que cela veut dire?

Tu viens de terminer un tableau. Il est sec si tu l’as peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que tu as utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique.

Les couleurs à l’huile sont bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse que l’acrylique, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux l’un après l’autre ou même en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. Ça  a aussi l’ avantage de permettre de prendre du recul vis à vis de son travail, ce qui n’ est pas mal.

La récompense de la patience

Car, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage. Il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus du début la fin.  Il est bon de prendre un peu de distance. Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et on peut le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Malheureusement, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Pourtant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes, je trouve.  Moi, je compare toujours la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et l’acrylique avec une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse, ni la profondeur du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Ton tableau te plaît, donc, et  il te semble terminé. Cependant, la satistfaction n’est pas à 100% .  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les séparations entre les plages de couleurs te paraissent un peu brutales. Il est esthétique, mais il ne vibre pas. Alors, tu vas faire quelque chose de merveilleux, de magique. Tu vas  faire ce que l’on appelle un glacis de surface.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? Méthode beaucoup utilisée des anciens flamands, elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si tu aimes l’acrylique, c’est ton droit le plus strict.

Tu connais cette situation, quand quelqu’un près de toi a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à toi, tu lui souffles un petit peu sur le visage ou tu passes doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu rêves? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis de surface est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents sur des surfaces  différentes d’ un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est d’unifier. Le glacis va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau soient bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace parfois même le vernis.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une couche épaisse et opaque, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents dilués. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au résultat final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne surtout  pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

Glacis
Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, tu n’auras que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que tu n’as pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

glacis
médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de ton oeuvre. Pour confirmer ton choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si tu manques encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peins une surface  en acrylique de la couleur se rapprochant le plus possible de celle de ton tableau. Ensuite, recouvre-la de glacis et vois si la couleur te convient.

Cependant, il peut arriver que tu te trompes et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

glacis
symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas aussi bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour te faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs n’ayant en fait pas grand chose à faire ensemble. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

glacis
Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme tu l’as vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

glacis
le glacis ocre
glacis
avant glacis
lacis
après glacis

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs.

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis de surface, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs. C’est la touche finale du tableau, le souffle de vie.  Tente l’expérience pour en découvrir la magie.

À bientôt pour un prochain article!

Ariane

 

 

 

 

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chevalet

Pourquoi faut-il un chevalet pour peindre ou dessiner?

chevalet

Beaucoup de débutants ont un problème avec le chevalet.

Pourquoi les peintres utilisent ils  un chevalet pour travailler? Pour sa verticalité. Et qu’est-ce qui gêne les débutants dans le chevalet? Eh bien c’est justement cette verticalité. Habitués depuis l’enfance à dessiner sur une feuille posée sur une table, on a tous pris l’habitude d’appuyer notre main pour dessiner ou peindre. Une fois le support  devenu vertical, ce point d’appui manque et on a l’impression de ne plus pouvoir guider son geste de façon maîtrisée. Tu connais ça aussi?

Or, c’est exactement le contraire qui se produit

Alors qu’on pense ne plus pouvoir guider son pinceau ou son crayon de façon maîtrisée,  lorsque le bras est libre, c’est exactement le contraire qui se produit. Il faut  juste avoir acquis un peu d’entraînement. Le geste n’est plus retenu par une surface qui le bloque. Il peut devenir plus ample et plus souple, se mouvoir dans l’espace autour de la toile  ou du papier sans être freiné.

Un angle différent

Lorsqu’on peint ou dessine sur une table, on a un angle de vue très pointu.  Plus on est proche du travail, plus cet angle se rapproche de l’horizontale. Pour nous , ça signifie que l’image que nous sommes en train de créer sera déformée pas rapport à l’aspect final lorsqu’on la portera à ses yeux pour la regarder. Cela se voit particulièrement bien dans les portraits. On remarque que les visages dessinés à plat  deviennent plus allongés. Le portrait d’un enfant dessiné sur une table deviendra un portrait d’adolescent si vous le redressez car les proportions ont changé. On peut utiliser ce phénomène comme procédé pictural, mais si l’on veut reproduire des proportions correctes, la position horizontale de la toile ou du  papier est à déconseiller.

Ce dessin représente une tête d’homme. Il a été fait sur une table. Le dessin semble correct. c’est ce que je vois quand il est posé sur ma table. Jusque là, rien d’anormal.

chevalet
dessin sur table

Maintenant, je redresse le dessin pour le mettre face à moi

chevalet
le dessin est allongé

Là, tu remarques que le dessin est beaucoup plus étiré en hauteur.

Donc, si tu veux un dessin de propotions  « normales » , tu es obligé de réfléchir et de bien racourcir les traits en hauteur si tu travailles sur table.

C’est donc en fait beaucoup plus compliqué decontrôler son travail  sur une table horizontale que de dessiner à hauteur des  yeux et d’avoir sa page perpendiculaire à 90° ou 95° face à soi.

Ceci dit, encore une fois, cela peut faire l’objet  d’une recherche d’effet spécial que l’on veut obtenir, auquel cas cela ne présente plus d’inconvénient. En art, tout est permis, et c’est justement cette liberté infinie qui est tellement grisante

Un chevalet est donc indispensable pour maîtriser réellement son travail

Maintenant, si on considère un motif abstrait, cela a évidemment beaucoup moins d’importance en ce qui concerne les proportions. Il est cependant plus facile de juger du résultat et  de la bonne répartition des masses lorsqu’on a une vue de l’oeuvre placée dans la bonne perspective de vue.

Pour certains travaux de coulures ou de diffusion des tâches, il sera même possible de travailler au sol plutôt que sur une table. Ainsi, on pourra de nouveau juger du résultat quasiment à 90° en se mettant au dessus du travail. Mais là, c’est un autre chapitre.

Le chevalet permet la liberté du corps et de l’esprit

Lorsque tu utilises un chevalet, tu peins debout, la plupart du temps. quand on peint, le temps s’envole. On ne le voit pas passer et on est souvent incapable de dire après si on a travaillé une heure ou quatre. Le cerveau efface le temps lorsqu’il est en mode créatif.

Si tu passes des heures dans ton atelier, donc, il est bien meilleur pour toi de travailler debout et de pouvoir bouger et garder ton corps en mouvement. Tu vas reculer pour juger des effets, de l’accord des couleurs entre elles.  Tu vas avancer pour faire un trait précis, te pencher pour faire une retouche, t’asseoir pour réfléchir. Tout cela est bien meilleur pour ton dos et ta condition physique  en général, que de rester plié au dessus d’une table. Je ne dis pas que c’est du sport, mais tu bouges.

Le mouvement favorise également l’activité du cerveau . Les portes de la créativité sont grandes ouverte. Les idées arrivent, se suivent, se chevauchent et il se peut même que tu ailles aussi de nouveau à ta table pour prendre  des notes.

Le travail au chevalet favorise l’impulsion créatrice bien plus que tu ne l’imagines.

Un meilleur éclairage

Au fur et à mesure que le temps passe dans la journée, la lumière change. Tu auras besoin de plus de luminosité ou au contraire de moins de reflets sur ta toile. Le fait de pouvoir tourner ton chevalet dans la direction de la meilleure lumière est évidemment aussi un grand avantage. Tu vois les couleurs telles que veux qu’elles soient et évites les mauvaises surprises. Tu n’es pas bloqué à un endroit précis de la pièce.

chevalet
chevalet

 Assis, c’est bien aussi

Si tu as des difficultés à rester debout longtemps, ce n’est pas un problème non plus. Même en travaillant au chevalet, il est tout à fait possible de le faire assis. Le chevalet étant réglable, tu peux mettre la  toile à la hauteur qui te convient.  Tu travailleras cependant face à ta toile et garderas les avantages de l’utilisation de chevalet vus plus haut (bon angle de travail, possibilité de recul etc…)

Tu peux aussi utiliser un tabouret de bar comme on en trouve un peu partout maintenant. Ils sont assez hauts et permettent de « se poser » pour examiner et réfléchir.

 

Le choix du chevalet

Un chevalet doit être simple et fonctionnel. Il en existe des tas de variantes, mais plus les plus sophistiqués ou les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs pour toi. Tout dépend de la taille de ton atelier, mais aussi de celle de tes toiles.

Qui dit simple ne veut pas dire non plus de mauvaIse qualité. Il doit d’abord et surtout être stable. Ça c’est vraiment  la première des choses à observer si on ne veut pas passer son temps à redresser sa toile ou à resserrer des vis.

Ce genre de modèle, par exemple, est totalement à déconseiller en atelier. En principe, il est fait pour travailler en extérieur, mais même là, il n’est pas top. Il se dit pratique parce que pliant, mais c’est une torture de travailler avec car il y a toujours un pied qui fiche le camp à droite ou à gauche. Les serrer à mort ne sert à rien, ça finit toujours par glisser.

Celui-ci, d’une marque connue, coûte quand même dans les 90€.

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Pas stable du tout

Un chevalet pliant

Même si tu as peu de place, il vaut mieux choisir un modèle qui se replie à plat contre le mur, mais qui offre une base assez large à la toile pour qu’elle ne parte pas dans tous les sens dès qu’on appuie le pinceau dessus. Le choix d’un chevalet peut paraître bête, mais un mauvais modèle en a déjà découragé plus d’un.

chevalet
Un modèle dans ce genre à tablette réglable en hauteur est parfait

Il est bien d’avoir une tablette réglable en hauteur pour pouvoir avoir toujours son travail à la bonne hauteur, quel que soit son format.

Tu peux  acheter un produit de marque si ça  te rassure, mais il existe des chevalets sans noms qui sont beaucoup moins chers et tout aussi fonctionnels. Un peintre n’a pas besoin d’investir des sommes folles dans un matériel très sophistiqué, et dans ce domaine, qualité ne rime pas toujours avec prix élevé. Beaucoup de chevalets sont fabriqués en Asie et revendus dans une impressionnante fourchette de prix selon la notoriété du magasin ou celle de la marque collée dessus. À toi de voir.

Fabriquer soi-même son chevalet

Construire soi-même son chevalet n’est pas une mission impossible, surtout pour celui qui sait un petit peu bricoler. Les artistes sont souvent des bricoleurs, d’ailleurs.

Tu peux  trouver les plans très simples d’un chevalet à faire soi-même ici

chevalet
Chevalet à faire soi-même

Tu peux bien évidemment le faire avec du bois de récupération trouvé sur un chantier fini, par exemple.

Tant que tu y es, fais en deux en parallèle. C’est toujours bien d’avoir un chevalet de réserve pour commencer un autre travail pendant que le premier sèche.

Si tu ne veux pas investir dans un chevalet tout de suite, tu peux accrocher ta toile au mur pour la peindre. Pour protéger le mur, tu y accrocheras du journal avant d’y mettre ta toile. Tu peux te faire une étagère en plaçant une planche entre deux chaises. Ainsi, tu auras un endroit pour poser les couleurs, les pinceaux et les chiffons que tu utilises. Tu ne pourras cependant pas tourner ton travail pour capter la  meilleure lumière

Parfois, Picasso (regarde le diaporama) peignait aussi comme ça.

chevalet
directement au mur

Vive le recyclage!

Cependant, il est aussi tout à fait possible d’acheter son chevalet d’occasion. Certaines personnes commencent à peindre et se rendent compte que finalement, ça n’est pas leur truc. Ou bien on leur a offert du matériel de peinture, mais elles n’ont pas du tout envie de peindre. Dans les petites annonces, tu peux parfois trouver de très bons chevalets  ou autre matériel de peinture à des prix défiant toute concurrence. Ce matériel sera recyclé et tu ne te seras pas ruiné. C’est bien non?

Et toi, que penses tu du chevalet? Travailles tu debout ou assis(e)?

 

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