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La créativité , qu’est ce qui la bloque?

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La créativité est l’outil de notre cerveau qui nous permet de partir dans des sphères imaginaires, de fabriquer des images, de développer des idées, de sortir du monde réel pour aller dans le monde de la création et du rêve. Paradoxalement, elle peut aussi être un moyen d’acérer notre lucidité, de voir la réalité différemment, sous un autre angle.

La créativité se bloque

Or quelquefois, il arrive que la créativité se bloque. Il n’y a rien à faire, le cerveau ne réagit plus et c’est un gros, un énorme bug cérébral. En fait, nombre d’artistes (pour ne pas dire tous) connaissent cet état désespérant à un moment ou un autre de leur vie ou de leur carrière artistique. Alors ils se mettent à douter. ET C’EST NORMAL!

À quoi bon vouloir continuer à dessiner, peindre, écrire, composer, etc… je n’ai plus d’idées. Et d’ailleurs, ai-je seulement vraiment du talent? À quoi bon me torturer l’esprit si rien de bon ne sort de cette situation…? C’est le trou noir, la déprime totale… Et vlan, c’est là que les atteignants s’atteignirent…on s’arrête de créer.

Mais non, POURQUOI! POURQUOI? Eh bien voilà. Ce qui bloque la créativité, c’est cette méchante petite voix intérieure qui intervient dans nos pensées et veut nous convaincre du fait que nous n’avons pas assez de talent pour être artistes. Elle revient encore et encore, lancinante, énervante et nous poursuit de ses critiques. Il faut absolument arrêter de l’écouter car elle ment. Le cerveau cherche toujours la facilité alors que la créativité est symbole de renouveau, donc, ça le fatigue!

À quoi bon, tu n’arriveras jamais à faire quelque chose de VRAIMENT bien, laisse tomber.  »

Et voilà, elle a gagné, tu es découragé et convaincu que c’est elle qui a raison. Grrrr…

Mais NON!!! Dis-toi bien, parce que c’est vrai, que ton cerveau te manipule et te ment en pensant que c’est pour ton bien.

Ton cerveau te ment

C’est ton cerveau qui te joue des tours. Oh, ce n’est pas par méchanceté, au contraire! Il cherche à te simplifier la vie au maximum en te faisant faire des choses connues, habituelles, car c’est son boulot. Certes, c’est tout à fait louable, mais il démolit ton élan. Certains parents font la même chose avec les meilleures intentions du monde, n’est-ce pas? Ne fais pas ci, c’est dangereux, na fais pas ça, tu es trop petit…Dis non à cette petite voix, ne l’écoute pas, impose-toi, et elle abandonnera.

Ose dire que vous êtes artiste

Être artiste!!! Oses tu dire que tu es artiste? Tu peins, tu dessines, tu crées, mais… »oh, ça n’est pas grand chose…c’est un passe temps…je barbouille un peu… »

Ça ne te rappelle rien? Tu n’oses tout simplement pas dire que tu es artiste. En fait, tu as très peur du jugement des autres. Tu ne veux pas paraître prétentieux. Tu es modeste, mais TROP modeste. Ce qui est une belle qualité dans la vie peut s’avérer dévastateur pour ton art.

Un de mes meilleurs professeurs m’avait dit un jour:

« Les artistes modestes sont des gommes pour eux-mêmes. Ils effacent verbalement  la beauté de leur travail avant même qu’il ait pu avoir la moindre chance d’être apprécié à sa juste valeur.  »

Le fait de dénigrer soi-même son propre travail prévient la douleur éventuelle d’une critique trop sévère et incite  tonpublic à être indulgent avec toi  et à te rassurer. Et si tu es honnête avec toi-même, c’est cela que tu veux!

Peins et laisse les autres parler

Ça ne veut pas dire que tu doives te complimenter toi-même ( du moins pas en public) ni vouloir convaincre tout le monde que tu es exceptionnel. Tu l’es,  et ça se verra. Mais donne une chance à ton public de juger par lui-même. Arrête de dénigrer tes oeuvres et accepte les compliments et les critiques constructives avec reconnaissance, dis merci. Arrête de te chercher des excuses lorsqu’une critique est négative.

On ne peut pas plaire à tout le monde, alors n’essaie même pas et peins pour toi. Si ce que tu fais te satisfait, cela plaira à d’autres aussi. Si tu ne sais pas parler en bien de ton travail, ne dis rien et laisse les autres le faire à ta place. Il y aura toujours des gens qui seront ravis de jouer ce rôle.

Comment un grand artiste restera sans doute pour toujours inconnu

Il y a quelques années, dans joli petit village du massif central, j’ai connu un artiste merveilleux. Comme il n’osait pas être « artiste », il était devenu prof d’art plastique dans une école.  Il m’a avoué avoir fait lui-même de la peinture autrefois, mais que celle-ci ne valait pas grand chose. Sa peinture était tellement insignifiante qu’il ne l’avait jamais montré à personne. Même sa femme ne connaissait pas tous ses travaux. Il n’avait plus touché de pinceau depuis plus de vingt ans. Sa créativité s’était bloquée comme une montre qui s’était arrêtée et il avait accepté cet état de fait comme un signe de « non talent ».

Ce n’est qu’après avoir énormément insisté en lui promettant de ne pas me faire d’illusions sur la qualité de son travail qu’il a enfin accepté de me montrer ses oeuvres. Déjà, je savais que ce serait abstrait, il me l’avait dit, mais rien d’autre. Je m’attendais donc à avoir bientôt sous les yeux les gribouillages insignifiants dont il m’avait parlé.

L’art abstrait aussi a ses exigences

Or, il se trouve que je m’intéresse énormément à l’art abstrait que je ne considère en rien comme une forme mineure de la peinture, au contraire. C’est un art beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Beaucoup de débutants ont tendance à en faire trop ( ou pas assez) lorsqu’ils se lancent dans cette forme d’expression. Par conséquent, cela donne souvent des images beaucoup trop chargées et déséquilibrées ou vides et tristes. Elles sont soit ternes et ennuyeuses avec de surcroît un mélange  inapproprié des couleurs, soit carnavalesques par l’accumulation de trop de coloris partant dans tous les sens. Les maladresses du peintre débutant sont comparables à celle du débutant cuisinier qui ne sait pas encore harmoniser les épices et les saveurs. Mais la bonne nouvelle est que tout s’apprend.

Il m’a donc précédé dans une petite chambre tout en haut de sa drôle de maison ne servant que très très rarement, quand celles du bas étaient toutes occupées.

Les images oubliées

Bien cachés derrière le lit et sous le matelas se trouvaient des paquets de feuilles  de format  d’environs 40X 50 cm enveloppées dans des  emballages en plastique. Elles étaient là depuis une éternité, me confia t’il. Il me les passa en me donnant l’autorisation de les regarder, me disant de redescendre quand j’aurai fini…et il disparut dans l’escalier. Sa modestie me touchait et j’étais bien prête à être très indulgente avec lui.

La première image que je vis me coupa le souffle. Les couleurs étaient franches, pures et nettes, l’équilibre parfait, le trait puissant. C’était celle du dessus, les médiocres étaient sans doute dessous…

Au fur et à mesure que j’étalais ces travaux sur le sol, ma stupéfaction et mon admiration grandissait. Celui qui se disait un barbouilleur était bel et bien un artiste accompli et ses peintures étaient des merveilles. Quelqu’un n’étant pas passionné, comme moi, par la peinture aurait sans doute été influencé par le discours qu’il avait tenu, comme quoi ce n’étaient que des barbouillages sans intérêt. Ils auraient peut-être dit à ce grand monsieur de la peinture, que ce qu’il avait fait « n’était pas si mal que ça, si si, vraiment ».  Dans son for intérieur, le peintre aurait été frustré, parce que je suis absolument certaine que lui, savait que ce qu’il faisait était fort. Et pourtant, sa créativité s’était bloquée un jour et il n’avait plus jamais cru qu’il pourrait continuer.

Lorsque je suis redescendue, j’ai essayé de le convaincre d’exposer ses travaux. Il y en avait plus qu’assez pour une belle expo, puisque j’en avais compté une cinquantaine.

Il n’osait pas se dire artiste

Le joli petit village dans lequel il vivait regorge de boutiques auto-proclamées « galeries » où  de nombreux artistes encore médiocres exposaient des oeuvres qui n’étaient  pas arrivées à maturité ( erreur à mon avis) et n’avaient pas encore atteint le dixième de la qualité de celles que je venais de découvrir.

André se trouvait trop vieux et n’a pas voulu en entendre parler, mais dans ses yeux, j’ai vu une lueur briller, la lueur provoquée par mon admiration sincère et sans flatterie. Il venait d’avoir son heure de reconnaissance et de gloire en tant qu’artiste véritable.

Deux ans plus tard, il est décédé et son épouse aussi. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de toutes ces merveilles. J’espère juste qu’elles sont tombées en de bonnes mains.

Ne craignez pas les comparaisons

Tu  as peur qu’on te compare à tous ces peintres accomplis auprès desquels tu te trouves si pâle. Et il est là, ton problème. C’est cela aussi qui bloque ta créativité. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur.

« Non, je ne suis pas assez bon pour me dire artiste. Mes oeuvres ne valent pas celles de  Machinchose. »

Il ne faut pas se comparer,mais il faut avancer sur son propre chemin. L’art n’est pas une compétition. Tu es unique. Tu n’es pas forcément meilleur ou plus mauvais, tu es toi!

C’est en peignant qu’on devient peintre

Être artiste, ça ne veut pas forcément dire être un génie né. Non, être artiste, ça veut dire avoir envie d’exprimer sa créativité par un moyen particulier et surtout LE FAIRE. Mais être artiste, ça veut aussi dire travailler pour progresser. Tous ces grands de la peinture n’ont pas fait que des chefs d’oeuvre, mais on ne nous montre pas les ratés du début. Bien sûr, on ne nous parle pas des essais interminables, des tâtonnements, de tous ces dessins froissés ou de ces toiles grattées et réutilisées, de ces désespoirs avant d’atteindre enfin le but espéré. On ne nous dit rien de ces périodes de trous noirs qu’ils ont eu, eux aussi , bien avant nous. Ça n’est pas bon pour l’image du génie d’avoir des doutes, des hésitations, n’est-ce pas? Le génie artistique, c’est de la volonté, du travail du temps et de la passion, rien d’autre.

Un artiste est un ouvrier de l’art

Un artiste est un spécialiste comme beaucoup d’autres, et comme tout spécialiste, il doit travailler dur et beaucoup pour devenir un expert dans son domaine.

Comme tous les mots finissant en » iste« , le mot « artiste » décrit une personne  faisant de l’art son métier, ou bien étant adepte de l’art, ou bien pratiquant l’art ou sa théorie. Rien dans le mot artiste n’implique un génie quelconque, mais une spécialisation, oui.

D’après Wiktionnaire:

ISTE: Suffixe substantif, servant à former un nom correspondant à un métier, ou à un adepte d’une activité, d’une idéologie, ou d’une théorie.

Tu pratiques une forme d’art régulièrement et avec grand intérêt, tu progresses au fur et à mesure de ton expérience et de ton travail? Tu es un artiste, voilà.

La technique s’apprend

Rares sont ceux qui ont la science infuse, comme on dit. Je ne suis même pas sûre du tout qu’ils existent. On a un intérêt, une sensibilité particulière on se sent attiré par cela. Un passionné s’adonne à sa passion, c’est logique. Il y passe le plus de temps possible. Or, plus on passe de temps à faire une activité quelle qu’elle soit, plus on a toutes les chances de devenir bon, très bon même dans ce domaine. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en se spécialisant qu’on devient spécialiste, donc, c’est en peignant qu’on devient peintre, c’est aussi simple que ça.

C’est en peignant qu’on rencontre des difficultés, et c’est en peignant qu’on trouve la solution pour les surmonter. On se renseigne, on teste, on expérimente, on apprend de ses erreurs et…on avance d’un pas de géant! Quant à la créativité, il existe des astuces pour la faire renaître. Si tu n’y arrives pas. Je t’en reparlerai.

Comme dans tout art(isanat), il y a des bases et des techniques  spécifiques à la peinture. On peut les apprendre et les mettre en pratique. Il n’est pas nécessaire de réinventer la roue pour être peintre. On peut profiter de l’expérience des autres, des découvertes des anciens. C’est pareil pour tous les métiers, pour tous les hobbies, pour toutes les activités.

C’est le travail, la patience, la persévérance et la passion qui feront de toi l’artiste que tu as toujours voulu être, alors en avant, plus d’hésitation.

Vas tu cesser d’écouter cette voix qui bloque ta créativité? Vas tu dire à tous que tu es un artiste?