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Art abstrait

L’art abstrait, du grand n’importe quoi?

  L’art abstrait, c’est un monde à part. C’est un voyage intérieur, une part d’inconscient qui transparaît à travers une œuvre.  C’est une forme d’art qui soulève énormément de polémiques. Pour certains, l’art abstrait, c’est du grand n’importe quoi.  Pour d’autres, c’est la forme d’art la plus authentique et la plus importante du siècle dernier, qui continue à évoluer avec force et à s’imposer dans celui-ci.

Une partie des amateurs de peinture (pas les vrais connaisseurs, bien sûr ), considère que le fait de mettre le mot « art » devant abstrait tient du sacrilège.  En revanche, pour d’autres, la peinture abstraite est la plus pure expression de l’âme et de l’esprit. Il faut dire que sous couvert d’art abstrait, on nous sert trop souvent  d’infâmes tartines de gribouillages incohérents. Beaucoup trop de peintres amateurs, essaient de vendre leurs brouillons alors qu’ ils n’ont pas encore atteint leur maturité. C’est dommage.

Que des peintre amateurs se lancent dans l’abstrait, c’est formidable. Mais comme toute autre forme d’art, elle ne peut n’être considérée comme telle que si elle a atteint un niveau d’harmonie , d‘équilibre et de maturité certaine.   On ne peut pas cacher du médiocre, voire du mauvais sous le terme d’abstrait sans passer pour ridicule et prétentieux.

Au même titre que toute autre peinture, la peinture abstraite se travaille et celui qui a un peu d’ambition n’a surtout pas intérêt à mettre ses premiers essais picturaux à la vue du public.

Art abstrait
Paul Klee
Chemins

L’art abstrait a bien évidemment aussi ses critères de qualité

Or, faire de l’art  abstrait ne veut pas dire peindre n’importe quoi, n’importe comment et avec n’importe quels matériaux, loin de là. L’art abstrait a évidemment aussi ses règles esthétiques.  Ses critères de qualité sont aussi sévères que pour toute autre forme d’art qui se respecte.

On entend souvent cette phrase:

« Si tu ne sais pas peindre, tu n’as qu’à faire de l’art abstrait. »

Rien n’est moins juste et plus indignant que cette phrase là. Si tu ne sais pas peindre, tu feras n’importe quoi. Tu peinturlureras des surfaces avec des couleurs peut-être même plus ou moins agréables dans une composition plus ou moins chaotique, pour autant qu’il y en ait une ( de composition). Il n’y aura ni expression, ni cohésion. Ce sera abstrait, certes, mais ce ne sera pas de l’art.

La bonne nouvelle, c’est que si tu travailles et que tu arrives à mettre vraiment ton émotion et une partie de ton « toi intérieur » dans ta toile, si tu arrives à la faire vibrer, tu as gagné.

Certains pensent qu’il suffit de projeter de la peinture n’importe où sur une toile, de maltraiter les couleurs, d’écraser des pinceaux, d’éclabousser la toile n’importe comment pour obtenir une oeuvre abstraite.

Non! Si on fait n’importe quoi, on obtient n’importe quoi, c’est tout! Si on fait n’importe quoi, on se moque du monde, tout simplement.  Certains l’ont fait et sont tout de même devenus célèbres, me direz vous? Oui, mais ils ont des circonstances atténuantes.  Leur art résidait en fait dans l’enseignement d’une vue de l’esprit. C’étaient de grands théoriciens. Ils ont véhiculé  avec force et talent une idée philosophique, une vision de l’art. Eux mêmes n’étaient pas forcément des artistes , mais ils ont semé des graines qui se sont transformées en art dans certains esprits. Ils ont été des inspirateurs puissants.

Difficile de juger la qualité de l’art abstrait

Contrairement à l‘art figuratif que l’on peut comparer aux modèles à représenter , l’abstrait , par définition, ne ressemble à rien de matériellement reconnaissable. Il est donc facile pour certains, peut-être même en toute bonne foi, de vouloir se faire passer pour des artistes sans chercher à approfondir. Seulement, ils passeront toujours pour des peintres du dimanche ou des barbouilleurs s’ils ne se plongent pas avec passion dans la matière en expérimentant encore et encore pour en percer le secret. Et un jour, le secret se dévoile à toi dans toute sa merveilleuse évidence.

Parfois, des barbouilleurs cherchent à profiter de la naïveté et du manque de connaissance des gens. En fait, ce n’est pas l’art qui les intéresse, mais l’éventuel profit qu’on pourrait en tirer. Ils savent pertinemment qu’ils font n’importe quoi.

Or, une mauvaise peinture restera mauvaise et il n’y aura pas de grande satisfaction même  pour eux dans ce genre d’activité. Malheureusement, cela nuit beaucoup à l’image et à la réputation de l’art abstrait. Du coup, l’art contemporain est  souvent associé à  cette image médiocre et chaotique.

L’art abstrait devient un « bricolage pour tous »

En conséquence, l’image de l’abstrait, pour le commun des mortels, c’est donc  simplement du grand n’importe quoi.

Le pire c’est que quand on considère ces peintures là, ils n’ont pas tort, c’est souvent n’importe quoi et n’importe qui pourrait le faire. Tu balances des pots de peinture sur une toile et tu touilles. Fini. Sur internet, on trouve même des tutoriels de barbouillage sous des titres du genre « Faire un tableau abstrait en 5 mn ». C’est un peu comme une recette de cuisine à deux balles. On ne choisit pas bien les ingrédients, on ne respecte pas l’harmonie des masses et des couleurs, on barbouille au hasard. Ce genre de peinture tient plus du bricolage et peut-être , avec un peu de chance, de la déco que de l’art. C’est dommage de détruire ainsi l’image d’une expression tout en subtilités et en vibrations qui mérite vraiment sa place dans le monde artistique.

Une oeuvre construite

Une oeuvre abstraite doit être tout aussi bien pensée, réfléchie, méditée, composée et ressentie qu’une oeuvre réaliste, parfois même plus. Elle se fait parfois en quelques instants sur un coup de génie, parfois sur plusieurs semaines ou mois. Elle ne reproduit pas une image vue, mais elle traduit une émotion . Il ne s’agit donc pas de tartiner n’importe quelles couleurs ensemble dans n’importe quel ordre pour avoir un réalisé un « tableau abstrait ». Ce serait trop simple et trop triste.

Certains affirment donc qu’il est facile de faire de l’art abstrait. Ils se lancent dans l’aventure. Il n’y a rien de blâmable à cela, au contraire. L’art étant un merveilleux moyen d’expression, chacun est en droit de le pratiquer. Le problème est juste qu’ils n’ont parfois rien compris à la démarche. Ils confondent bricolage et techniques de peinture murales ou décorative avec la peinture artistique qui vient des tripes. Ils peignent des barbouillages désordonnés, sans chercher à approfondir, sans émotion.Tout reste superficiel et brouillon.  Là encore, il n’y a pas de problème. Chacun peut avoir envie de peindre, que ce soit abstrait ou figuratif et de s’amuser avec de la couleur. C’est même un merveilleux passe temps, mais de grâce, ne parlons pas d’art! C’est du barbouillage créatif.

Le problème, c’est la vente

Le problème de ces barbouillages, c’est quand ces peintres amateurs présentent leurs travaux dans des expositions à des prix beaucoup trop élevés , comme s’il s’agissait de chefs d’oeuvres. Cela fausse complètement la donne. C’est un peu comme si, dans un restaurant étoilé, on vous vendait à prix d’or une assiette de nouilles au fromage ordinaire en essayant de la faire passer pour de la grande cuisine. Certains marcheraient, bien sûr, pour ne pas avoir l’air de ne rien y connaître ou paraître médisants ( il est très mal vu de dire ouvertement ce qu’on pense, l’hypocrisie est devenue une vertu), mais se diraient en eux-mêmes: » en fait, n’importe qui peut être cuisinier dans un trois étoiles, même moi, je pourrais le faire ». Dans ce cas, ils auraient parfaitement raison.

Il était nu et ridicule

Vous connaissez l’histoire des habits neufs de l’empereur (lisez la ici)? Il n’y a rien d’étonnant à ce que la grande majorité de ceux qui voient ces soi-disant oeuvres d’art abstraites les trouvent ridicules, même s’ils n’osent pas le dire. Ils ont peur de paraître arrogants, de blesser ou de passer pour des gens « qui n’y connaissent rien« . En fait, ce sont eux qui sont dans le vrai, ils ne sont pas dupes, mais ça ne se fait pas de le dire. Ce sont malheureusement aussi ceux-là même qui propageront l’idée que l’art abstrait, c’est du grand n’importe quoi. Quant à ceux qui achètent des croûtes décoratives au prix de l’art, ils sont aussi ignorants et ridicules que l’empereur nu et ses lâches sujets .

Heureusement, la plupart des (bons) galeristes savent faire la différence entre un barbouillage, même en grand format ( il y en a qui n’ont pas peur!) et une oeuvre abstraite de qualité. Pour former votre œil et vos ressentis face à de la bonne peinture abstraite, visitez les grandes galeries de renom et les expositions de qualité. Là, vous pouvez plus sûrement vous laisser aller à vos pulsions si vous souhaitez acquérir une oeuvre d’art digne de ce nom.

Vous pouvez acheter de la déco

Vous pouvez aimer les couleurs d’un barbouillage comme vous aimeriez n’importe quel autre objet décoratif, mais soyez assez clairvoyant et ne l’achetez pas au prix de l’art. C’est un objet décoratif, point. Visitez  les musées d’art moderne,  les vraies galeries. Laissez vous imprégner de l’esprit de l’art abstrait, formez-vous à ressentir et à reconnaître.

Je ne veux pas être méchante ni hautaine, mais c’est un fait; l’art abstrait a aussi ses règles qui suivent des critères d’esthétique et de composition. Or ces règles s’apprennent aussi. Un tableau abstrait sans harmonie de couleurs (positive ou négative selon ce que l’on veut exprimer) sans équilibre , sans partage des masses, est un amas de tâches, de gribouillages ou de flaques  informes sans aucun attrait ni message. Ces tableaux sont souvent fatigants à regarder, source de nervosité, parfois même de dégoût. On se lasse très vite de les regarder.

La peinture comme thérapie

Faire des traits désordonnés sans composition peut avoir un effet thérapeutique libérateur reconnu sur le stress et permet de canaliser son trop plein d’énergie ou d’émotions. Tout comme la boxe sur un coussin,  il a des vertus calmantes que je lui concède bien volontiers. Mais là, on ne parle pas d’art, on parle de peinture thérapeutique, d’extériorisation. Cela n’exclut pas que des artistes puissent naître grâce à cela, d’ailleurs, s’ils continuent à se former.

Autodidacte, pas imposteur

Un autodidacte n’est pas un gribouilleur qui fait toujours n’importe quoi. Il est un peintre qui ne passe pas par une école d’art académique. Il se forme par lui même ( du grec ancien « autodidaktos », qui s’instruit lui-même) par des recherches, des cours particuliers, des (vraies) formations en ligne, des visites dans les musées etc. Beaucoup d’artistes devenus célèbres étaient autodidactes. On  peut citer William Turner,  Francis bacon, Jean Michel Basquiat, Paul Cézanne, Hans Bellmer, Vincent van Gogh, Gustave Courbet…et bien d’autres.

Barbouiller n’importe comment, faire des taches ou des traits partout, superposer des flaques sans réfléchir un instant ou se laisser guider, ça c’est n’importe quoi. En utilisant certaines techniques, le résultat de ces hasards peut même parfois être plaisant à voir, mais par pitié, qu’on ne parle plus d’ART ABSTRAIT pour qualifier ces flaques de hasard!

Regardez ce sketch des inconnus qui me fait mourir de rire et décrit bien la façon éhontée dont on certains soi-disant artistes se fichent du monde. Il y a beaucoup de vrai dans ce sketch.

L’art abstrait éveille quelque chose en nous

Pour comprendre ce qu’est l’art abstrait, il faut faire comme on le fait pour l’art en général. Reconnaître un bon tableau d’un mauvais s’apprend , tout comme peindre un bon tableau. Ouvrez vos yeux et votre cœur, laisser les tableaux vous parler.

Un bon tableau abstrait exprime quelque chose et le fait ressentir. Contrairement à un tableau réaliste qui montre ce qu’il y a à voir, il n’y a pas d’explication dans l’art abstrait. Par les formes, par la composition, par la couleur, l’artiste traduit ce qu’il ressent et le transmet. À travers ses traits, ses couleurs, il exprime sa joie, sa colère, ses obsessions, ses rêves. Chacun peut y trouver ce qu’il y cherche. Si l’artiste a voulu y mettre une intention,  on peut la ressentir ou l’interpréter, mais en tout cas, ça bouge

Parfois, on a juste un plaisir esthétique. On est touché par la vibration du tableau, par l’équilibre de la composition, même si c’est inconscient. Car c’est cela aussi. Un bon tableau va jusqu’à l’inconscient et déclenche « un truc ». Ce n’est pas forcément violent, mais c’est là. Il y a « quelque chose ».

Un tableau abstrait doit avoir une cohérence esthétique et il traduit ou provoque une émotion.

Une oeuvre finie

En tant que peintre, il est bon de définir sa palette de couleur à l’avance, la forme, l’atmosphère générale du tableau. On va aller au fond de soi pour faire remonter ses émotions à la surface. On va ajouter des détails aux endroits choisis, l’enrichir de lazures ou glacis pour faire vibrer les couleurs, le continuer jusqu’à sa finalité, le finir vraiment. Le tableau doit donner l’impression qu’il ne manque plus rien, qu’il est « rond », même s’il est très minimaliste.

N’importe qui peut faire un tableau abstrait? Oui, avec du temps, de l’experience, pas du jour au lendemain.

Par contre, c’est vrai,  n’importe qui peut barbouiller une toile pour en faire soit une croûte infâme, soit une image sans intérêt ou stressante, soit un exercice de géométrie scolaire. Bref, n’importe qui peut effectivement faire n’importe quoi.

Un art différent

Cependant, tout s’apprend et même un artiste de talent doit d’abord faire « ses gammes ». Visitez le plus possible d’expositions d’art contemporain.  Étudiez les oeuvres abstraites dans les musées avec un coeur  et un esprit ouverts.  Alors, Vous vous rendrez  compte que ces peinture-là sont différentes. Elles ont un petit quelque chose en plus qui font qu’on s’y attarde. Parfois, c’est l’harmonie et l’équilibre des plages de couleur qui est exactement comme il faut qu’elle soit pour que celles ci se répondent entre elles et vibrent

catalogue d'idées
Mark Rothko
Art abstrait
Mark Rothko

Ou bien, c’est un endroit dans le tableau où est placée la partie forte qui attire l’oeil et le captive.

Art abstrait
Révolution intérieure
Kandinski

Parfois, c’est un  désordre voulu et choisi , mais équilibré, pour provoquer une réaction mentale ou émotionnelle chez le spectateur.

Art abstrait
K. Malevitch

Parfois, aussi, c’est  une forme de laideur intentionnelle pour traduire  et provoquer une forte réaction.

Art abstrait
Hans Hartung

La répartition équilibrée des masses sur la surface de la toile, le choix des couleurs, le choix du format, la forme du trait, tout cela est pensé et réfléchi par un cerveau en ébullition créative et un subconscient hyperactif.  Même si cette réflexion se fait à la seconde même qui précède la trace du pinceau ou du moyen choisi, elle est réelle.

En art abstrait, un tableau a aussi un sens voulu par l’artiste

C’est aussi la raison pour laquelle un tableau abstrait peut perdre tout attrait émotionnel ou esthétique s’il n’est pas accroché dans le sens que le peintre a choisi de lui donner. C’est déjà arrivé dans certaines galeries et c’est terrible. D’un seul coup, les masses peuvent s’alourdir. Les couleurs perdent la cohérence de leur association. Le tableau passe alors de génial à …oui…bof…j’en ferais autant… et perd tout intérêt. Imaginez un tableau réaliste  accroché à l’envers…

Cependant, il arrive que l’artiste lui-même change plusieurs fois son travail de sens au cours de son exécution. Il devient donc parlant dans n’importe quelle position et la gêne dont je parlais plus haut n’existe plus. Dans ce cas, la composition est voulue ainsi et la cohérence est respectée.

Juste un exemple

Regardez ce tableau de Miró dans son incroyable simplicité (qui en fait toute la richesse). On a l’impression que n’importe qui pourrait en faire autant? Copier, oui, peut-être, mais créer! 🤔 . Le rouge vibre comme un néon. Le fond bleu est riche de structure.  Les taches noires, bien ancrées sur leur ligne, semblent se mouvoir avec légèreté vers leur but matérialisé par le puissant trait rouge. Il y a un net mouvement vers la gauche, puis vers le haut. Malgré sa simplicité, on est touché par la dynamique qui se dégage de cette œuvre.

art abstrait
Miró

Regardons maintenant ce tableau à l’envers

art abstrait
Même tableau à l’envers

Le mouvement a disparu,  bloqué par le rouge qui s’inscrit en barrière . Plus aucune légèreté. Les tâches bombées vers le bas donnent l’impression qu’elles sont lourdes et vont tomber. La courbe qu’elles décrivent n’est plus cohérente. Le tableau semble « faussé » et a perdu son équilibre.

Voilà. J’espère vous avoir donné envie de découvrir l’art abstrait dans ce qu’il a de plus noble et de peindre de façon abstraite avec vos tripes ( cet article vous aidera peut-être). Allez lancez vous dans l’incroyable aventure de la peinture abstraite, mais faites le sérieusement, avec passion, avec vos émotions. Avec le temps, la pratique et beaucoup de travail, vous découvrirez un monde extraordinaire de richesse.

Non, l’art abstrait n’est pas du grand n’importe quoi 🙂

La créativité , qu’est ce qui la bloque?

idees

La créativité est l’outil de notre cerveau qui nous permet de partir dans des sphères imaginaires, de fabriquer des images, de développer des idées, de sortir du monde réel pour aller dans le monde de la création et du rêve. Paradoxalement, elle peut aussi être un moyen d’acérer notre lucidité, de voir la réalité différemment, sous un autre angle.

La créativité se bloque

Or quelquefois, il arrive que la créativité se bloque. Il n’y a rien à faire, le cerveau ne réagit plus et c’est un gros, un énorme bug cérébral. En fait, nombre d’artistes (pour ne pas dire tous) connaissent cet état désespérant à un moment ou un autre de leur vie ou de leur carrière artistique. Alors ils se mettent à douter. ET C’EST NORMAL!

À quoi bon vouloir continuer à dessiner, peindre, écrire, composer, etc… je n’ai plus d’idées. Et d’ailleurs, ai-je seulement vraiment du talent? À quoi bon me torturer l’esprit si rien de bon ne sort de cette situation…? C’est le trou noir, la déprime totale… Et vlan, c’est là que les atteignants s’atteignirent…on s’arrête de créer.

Mais non, POURQUOI! POURQUOI? Eh bien voilà. Ce qui bloque la créativité, c’est cette méchante petite voix intérieure qui intervient dans nos pensées et veut nous convaincre du fait que nous n’avons pas assez de talent pour être artistes. Elle revient encore et encore, lancinante, énervante et nous poursuit de ses critiques. Il faut absolument arrêter de l’écouter car elle ment. Le cerveau cherche toujours la facilité alors que la créativité est symbole de renouveau, donc, ça le fatigue!

À quoi bon, tu n’arriveras jamais à faire quelque chose de VRAIMENT bien, laisse tomber.  »

Et voilà, elle a gagné, tu es découragé et convaincu que c’est elle qui a raison. Grrrr…

Mais NON!!! Dis-toi bien, parce que c’est vrai, que ton cerveau te manipule et te ment en pensant que c’est pour ton bien.

Ton cerveau te ment

C’est ton cerveau qui te joue des tours. Oh, ce n’est pas par méchanceté, au contraire! Il cherche à te simplifier la vie au maximum en te faisant faire des choses connues, habituelles, car c’est son boulot. Certes, c’est tout à fait louable, mais il démolit ton élan. Certains parents font la même chose avec les meilleures intentions du monde, n’est-ce pas? Ne fais pas ci, c’est dangereux, na fais pas ça, tu es trop petit…Dis non à cette petite voix, ne l’écoute pas, impose-toi, et elle abandonnera.

Ose dire que vous êtes artiste

Être artiste!!! Oses tu dire que tu es artiste? Tu peins, tu dessines, tu crées, mais… »oh, ça n’est pas grand chose…c’est un passe temps…je barbouille un peu… »

Ça ne te rappelle rien? Tu n’oses tout simplement pas dire que tu es artiste. En fait, tu as très peur du jugement des autres. Tu ne veux pas paraître prétentieux. Tu es modeste, mais TROP modeste. Ce qui est une belle qualité dans la vie peut s’avérer dévastateur pour ton art.

Un de mes meilleurs professeurs m’avait dit un jour:

« Les artistes modestes sont des gommes pour eux-mêmes. Ils effacent verbalement  la beauté de leur travail avant même qu’il ait pu avoir la moindre chance d’être apprécié à sa juste valeur.  »

Le fait de dénigrer soi-même son propre travail prévient la douleur éventuelle d’une critique trop sévère et incite  ton public à être indulgent avec toi  et à te rassurer. Et si tu es honnête avec toi-même, c’est cela que tu veux!

Peins et laisse les autres parler

Ça ne veut pas dire que tu doives te complimenter toi-même ( du moins pas en public) ni vouloir convaincre tout le monde que tu es exceptionnel. Tu l’es,  et ça se verra. Mais donne une chance à ton public de juger par lui-même. Arrête de dénigrer tes oeuvres et accepte les compliments et les critiques constructives avec reconnaissance, dis merci. Arrête de te chercher des excuses lorsqu’une critique est négative.

On ne peut pas plaire à tout le monde, alors n’essaie même pas et peins pour toi. Si ce que tu fais te satisfait, cela plaira à d’autres aussi. Si tu ne sais pas parler en bien de ton travail, ne dis rien et laisse les autres le faire à ta place. Il y aura toujours des gens qui seront ravis de jouer ce rôle.

Comment un grand artiste restera sans doute pour toujours inconnu

Il y a quelques années, dans joli petit village du massif central, j’ai connu un artiste merveilleux. Comme il n’osait pas être « artiste », il était devenu prof d’art plastique dans une école.  Il m’a avoué avoir fait lui-même de la peinture autrefois, mais que celle-ci ne valait pas grand chose. Sa peinture était tellement insignifiante qu’il ne l’avait jamais montré à personne. Même sa femme ne connaissait pas tous ses travaux. Il n’avait plus touché de pinceau depuis plus de vingt ans. Sa créativité s’était bloquée comme une montre qui s’était arrêtée et il avait accepté cet état de fait comme un signe de « non talent ».

Ce n’est qu’après avoir énormément insisté en lui promettant de ne pas me faire d’illusions sur la qualité de son travail qu’il a enfin accepté de me montrer ses oeuvres. Déjà, je savais que ce serait abstrait, il me l’avait dit, mais rien d’autre. Je m’attendais donc à avoir bientôt sous les yeux les gribouillages insignifiants dont il m’avait parlé.

L’art abstrait aussi a ses exigences

Or, il se trouve que je m’intéresse énormément à l’art abstrait que je ne considère en rien comme une forme mineure de la peinture, au contraire. C’est un art beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Beaucoup de débutants ont tendance à en faire trop ( ou pas assez) lorsqu’ils se lancent dans cette forme d’expression. Par conséquent, cela donne souvent des images beaucoup trop chargées et déséquilibrées ou vides et tristes. Elles sont soit ternes et ennuyeuses avec de surcroît, un mélange  inapproprié des couleurs, soit carnavalesques par l’accumulation de trop de coloris partant dans tous les sens. Les maladresses du peintre débutant sont comparables à celle du débutant cuisinier qui ne sait pas encore harmoniser les épices et les saveurs. Mais la bonne nouvelle est que tout s’apprend.

Il m’a donc précédé dans une petite chambre tout en haut de sa drôle de maison ne servant que très très rarement, quand celles du bas étaient toutes occupées.

Les images oubliées

Bien cachés derrière le lit et sous le matelas se trouvaient des paquets de feuilles  de format  d’environs 40X 50 cm enveloppées dans des  emballages en plastique. Elles étaient là depuis une éternité, me confia t’il. Il me les passa en me donnant l’autorisation de les regarder, me disant de redescendre quand j’aurai fini…et il disparut dans l’escalier. Sa modestie me touchait et j’étais bien prête à être très indulgente avec lui.

La première image que je vis me coupa le souffle. Les couleurs étaient franches, pures et nettes, l’équilibre parfait, le trait puissant. C’était celle du dessus, les médiocres étaient sans doute dessous…

Au fur et à mesure que j’étalais ces travaux sur le sol, ma stupéfaction et mon admiration grandissait. Celui qui se disait un barbouilleur était bel et bien un artiste accompli et ses peintures étaient des merveilles. Quelqu’un n’étant pas passionné, comme moi, par la peinture aurait sans doute été influencé par le discours qu’il avait tenu, comme quoi ce n’étaient que des barbouillages sans intérêt. Ils auraient peut-être dit à ce grand monsieur de la peinture, que ce qu’il avait fait « n’était pas si mal que ça, si si, vraiment ».  Dans son for intérieur, le peintre aurait été frustré, parce que je suis absolument certaine que lui, savait que ce qu’il faisait était fort. Et pourtant, sa créativité s’était bloquée un jour et il n’avait plus jamais cru qu’il pourrait continuer.

Lorsque je suis redescendue, j’ai essayé de le convaincre d’exposer ses travaux. Il y en avait plus qu’assez pour une belle expo, puisque j’en avais compté une cinquantaine.

Il n’osait pas se dire artiste

Le joli petit village dans lequel il vivait regorge de boutiques auto-proclamées « galeries » où  de nombreux artistes encore médiocres exposaient des oeuvres qui n’étaient  pas arrivées à maturité ( erreur à mon avis) et n’avaient pas encore atteint le dixième de la qualité de celles que je venais de découvrir.

André se trouvait trop vieux et n’a pas voulu en entendre parler, mais dans ses yeux, j’ai vu une lueur briller, la lueur provoquée par mon admiration sincère et sans flatterie. Il venait d’avoir son heure de reconnaissance et de gloire en tant qu’artiste véritable.

Deux ans plus tard, il est décédé et son épouse aussi. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de toutes ces merveilles. J’espère juste qu’elles sont tombées en de bonnes mains.

Ne craignez pas les comparaisons

Tu  as peur qu’on te compare à tous ces peintres accomplis auprès desquels tu te trouves si pâle. Et il est là, ton problème. C’est cela aussi qui bloque ta créativité. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur.

« Non, je ne suis pas assez bon pour me dire artiste. Mes oeuvres ne valent pas celles de  Machinchose. »

Il ne faut pas se comparer, mais il faut avancer sur son propre chemin. L’art n’est pas une compétition. Tu es unique. Tu n’es pas forcément meilleur ou plus mauvais, tu es toi!

C’est en peignant qu’on devient peintre

Être artiste, ça ne veut pas forcément dire être un génie né. Non, être artiste, ça veut dire avoir envie d’exprimer sa créativité par un moyen particulier et surtout LE FAIRE. Mais être artiste, ça veut aussi dire travailler pour progresser. Tous ces grands de la peinture n’ont pas fait que des chefs d’oeuvre, mais on ne nous montre pas les ratés du début. Bien sûr, on ne nous parle pas des essais interminables, des tâtonnements, de tous ces dessins froissés ou de ces toiles grattées et réutilisées, de ces désespoirs avant d’atteindre enfin le but espéré. On ne nous dit rien de ces périodes de trous noirs qu’ils ont eu, eux aussi , bien avant nous. Ça n’est pas bon pour l’image du génie d’avoir des doutes, des hésitations, n’est-ce pas? Le génie artistique, c’est de la volonté, du travail du temps et de la passion, rien d’autre.

Un artiste est un ouvrier de l’art

Un artiste est un spécialiste comme beaucoup d’autres, et comme tout spécialiste, il doit travailler dur et beaucoup pour devenir un expert dans son domaine.

Comme tous les mots finissant en » iste« , le mot « artiste » décrit une personne  faisant de l’art son métier, ou bien étant adepte de l’art, ou bien pratiquant l’art ou sa théorie. Rien dans le mot artiste n’implique un génie quelconque, mais une spécialisation, oui.

D’après Wiktionnaire:

ISTE: Suffixe substantif, servant à former un nom correspondant à un métier, ou à un adepte d’une activité, d’une idéologie, ou d’une théorie.

Tu pratiques une forme d’art régulièrement et avec grand intérêt, tu progresses au fur et à mesure de ton expérience et de ton travail? Tu es un artiste, voilà.

La technique s’apprend

Rares sont ceux qui ont la science infuse, comme on dit. Je ne suis même pas sûre du tout qu’ils existent. On a un intérêt, une sensibilité particulière on se sent attiré par cela. Un passionné s’adonne à sa passion, c’est logique. Il y passe le plus de temps possible. Or, plus on passe de temps à faire une activité quelle qu’elle soit, plus on a toutes les chances de devenir bon, très bon même dans ce domaine. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en se spécialisant qu’on devient spécialiste, donc, c’est en peignant qu’on devient peintre, c’est aussi simple que ça.

C’est en peignant qu’on rencontre des difficultés, et c’est en peignant qu’on trouve la solution pour les surmonter. On se renseigne, on teste, on expérimente, on apprend de ses erreurs et…on avance d’un pas de géant! Quant à la créativité, il existe des astuces pour la faire renaître. Si tu n’y arrives pas. Je t’en reparlerai.

Comme dans tout art(isanat), il y a des bases et des techniques  spécifiques à la peinture. On peut les apprendre et les mettre en pratique. Il n’est pas nécessaire de réinventer la roue pour être peintre. On peut profiter de l’expérience des autres, des découvertes des anciens. C’est pareil pour tous les métiers, pour tous les hobbies, pour toutes les activités.

C’est le travail, la patience, la persévérance et la passion qui feront de toi l’artiste que tu as toujours voulu être, alors en avant, plus d’hésitation.

Vas tu cesser d’écouter cette voix qui bloque ta créativité? Vas tu dire à tous que tu es un artiste?

 

 

 

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