Pinceaux

Les pinceaux et leurs diverses utilisations

pinceaux

Les pinceaux sont bien évidemment depuis toujours un des outils les plus indispensables pour faire un tableau. C’est grâce à eux que nous allons déposer la peinture sur notre toile, dessiner les contours, remplir des surfaces, faire des dégradés, des empâtements ou des glacis. Mais de quels pinceaux avons nous besoin et pourquoi faire? Suivant leur forme, la longueur ou la fermeté de leurs brosses, ils auront des fonctions complètement différentes les unes des autres. Le pinceau est le prolongement de notre main. Suivant l’usage qui lui est destiné, on ne le tient pas toujours de la même façon.

Ici, je vais me limiter aux pinceaux utilisés pour la peinture à l’huile et l’acrylique parce que c’est quand même mon rayon 😉

Pinceaux
Pinceaux divers

Le pinceau étant l’outil le plus utilisé en peinture, donc, il en existe une très grande variété sur le marché et à tous les prix. Il peut même dans certains cas devenir un véritable objet de luxe, mais pour débuter, si c’est ton cas, ce serait totalement superflu.

Cependant, contrairement à certaines idées reçues, avoir de bons pinceaux est très important. Ils vont  faciliter le travail en le rendant plus agréable. Le fait se laisser porter par son inspiration au lieu d’être obligé de recharger son pinceau en permanence, de retirer les poils qui s’échappent sur la toile, de refixer la virole ou de ne pas l’avoir bien en main contribuent aussi grandement à la bonne qualité d’une oeuvre. Avoir l’esprit libre de toute contrainte technique permet de laisser couler librement le flux de la créativité. C’est très important.

Donc, même s’il est évidemment possible de peindre avec des mauvais pinceaux achetés dans des magasins de bricolages et étant destinés à des travaux de rénovation ou de décoration, ni le plaisir, ni la liberté d’esprit, ni la fluidité du mouvement ne seront  les mêmes. L’inspiration sera souvent interrompue par d’énervants petits détails techniques et cela jouera malheureusement sur le résultat final. Un bon ouvrier doit travailler avec de bons outils, un bon peintre avec de bon pinceaux.

Les différentes sortes de pinceaux et leurs utilisations

Pour l’huile et l’acrylique

En règle générale, on utilise pour l’huile et l’acrylique des pinceaux assez rigides. Le poil doit être assez rigide pour pouvoir manipuler la couleur en pâte de façon contrôlée, mais sans être raide. Grâce à lui, on va la placer à l’endroit exact désiré. Cette relative dureté permet aussi de modeler dans l’épaisseur de la peinture et lui donner une direction. Les meilleurs exemples et les plus explicites sont les tableaux de Vincent van Gogh.

Pinceau
le modelage du pinceau suit et souligne les formes

Ces pinceaux peuvent être fabriqués soit à partir de soies de porc, soit en fibres synthétiques. Il existe de très bons pinceaux dans les deux catégories. À la fois rigides et souples, ils permettent une bonne maîtrise à l’application.

Le manche doit être assez long pour pouvoir te permettre d’avoir une distance confortable entre la main et la virole (partie métallique du pinceau), mais aussi entre la toile et toi. Ne pas avoir le nez collé sur sa toile est beaucoup mieux ;).

Cela te permettra aussi de garder une bonne souplesse du bras et du poignet indispensable dans les courbes.

pinceaux
pinceau à manche long

Les brosses plates courtes pour des bords nets

Pour faire des bords nets et droits, les pinceaux les plus appropriés sont ceux qui ont des brosses plates et courtes. Le bout est droit.

Pinceaux
Pinceaux plats et courts

Ils retiennent bien la peinture et se laissent facilement guider. Leur bords bien droits permettent de faire des lignes précises et le bout carré de commencer exactement à l’endroit prévu. Ils autorisent des touches appuyées et puissantes.

Des brosses plates longues pour les glacis

Pour les glacis (article ici) ou pour pouvoir recouvrir des surfaces assez grandes, on choisira plutôt des pinceaux plats à poils longs.

pinceaux
Des poils plus longs pour les aplats et les glacis

Ils retiennent encore plus de couleur. La longueur du poil donne une bonne souplesse, mais sans trop. Ils restent cependant tout de même assez rigides et bien contrôlables. Ils ne craignent pas les touches longues et appuyées. Les poils reviennent toujours dans leur position initiale en fin de course

Les pinceaux ronds pour les contours

Cette sorte de pinceau est destinée à faire les contours souples. Grâce à leur pointe, ils permettent aussi d’aller dans les détails, mais sans trop.

Pinceaux
Pour les contours et les détails

Ils doivent avoir une bonne épaisseur, être droits et se terminer en pointe. Il est recommandé de ne pas trop appuyer dessus sous peine de voir les poils partir en éventail et les pointes s’émousser.

Les « usés-bombés » pour des bords flous

Les pinceaux dits  » usés-bombés » sont épais à la base et se terminent en une pointe de forme ovale. Ils reproduisent la forme d’un pinceau plat qui aurait tellement été utilisé qu’il en serait usé. Ils sont destinés à faire des bords qui doivent rester un peu flous. Par leur côté ventru, ils retiennent pas mal de couleur et permettent de faire d’assez longs traits. Comme pour les pinceaux plats, ils existent à poils courts et à poils longs

Pinceaux
Plats et ovales pour des bords flous

Les pinceaux en éventails pour les textures spéciales

Ces pinceaux à la forme si particulière servent à créer des textures spéciales ( fourrure, feuillages, veines de bois,…), mais aussi et surtout à adoucir les bords ou les passages d’une couleur à l’autre. On les utilise souvent à sec ou presque. Le mouvement que l’on fait en travaillant avec est très léger comme celui d’une caresse. Il ne faut pas travailler en écrasé avec ce type de pinceaux, ils supportent très très mal. De même qu’il ne faut pas les charger beaucoup en peinture. Ce sont des ailes de papillon à manier avec la plus grande délicatesse

Pinceaux
Pour adoucir les bords

Des brosses souples et plates pour les glacis importants

Plus la peinture est liquide, plus les pinceaux devront être souples (pas mous) et les poils fins pour permettre de retenir une grande quantité de couleur. Donc, pour les glacis, ou pour les jus, même si on peut aussi utiliser les soies de porc, on va plutôt choisir des pinceaux droits, donc,  mais bien plus  souples et larges et assez longs. On pourra ainsi sans mal recouvrir bien uniformément des surfaces importantes

pinceaux
pinceaux plats souples à glacis

Meilleur sera le pinceau, plus grand sera le plaisir de peindre, certes, mais un débutant pourra se contenter au commencement de son apprentissage d’une qualité moyenne . Mais attention, je ne parle pas de mauvais pinceaux!

Pinceaux
Pinceaux

Car au début, il ne faut pas se le cacher, on fait malheureusement beaucoup d’erreurs de tenue, de pression, de nettoyage et les pinceaux s’usent vite, trop vite. Il serait alors vraiment dommage de détruire un pinceau très cher en peu de temps. Au commencement, les gestes ne sont pas encore d’une grande précision et la tenue du pinceau pas encore maîtrisée. Le pinceau risque de souffrir et de perdre toutes les qualités qui en fait un très bon pinceau pour devenir inutilisable . Il est donc plus raisonnable de ne pas taper tout de suite dans la gamme de luxe et de changer ses pinceaux plus souvent. Il existe d’excellents pinceaux pour débuter, à des prix tout à fait abordables. Ils dureront certes moins longtemps, mais permettront de les renouveler plus souvent.

Alternatives aux pinceaux

En plus des pinceaux, il est possible d’utiliser un grand nombre d’autre outils pour peindre. Il y a les couteaux pour modeler dans l’épaisseur ou mélanger les couleurs sur la palette

pinceaux
couteaux à peindre

les truelles pour étaler, gratter, rayer,

pinceaux
truelle à peindre

les éponges que l’on utilise comme des tampons ou pour la technique des pochoirs, les  bouts de tissu, les doigts ( avec des gants), les mains,

ou même le corps entier ( comme le faisait Yves Klein)

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des corps humains comme supports de peinture

Il y a aussi tous ces objets que tu trouveras par ci par là et qui te donneront des idées pour créer des structures ou faire des effets spéciaux, mais ça, c’est un autre chapitre.

Pour ce qui est des pinceaux fins et très pointus, je ne les conseille pas. La peinture sur toile n’est plus censée représenter la nature ou les humains dans tous les détails. La photo a pris le relais au début du 20ème siècle. Trop de détails nuisent à la spontanéité et rendent  le résultat raide et coincé. Se noyer dans les détails nuit à la qualité d’un tableau au lieu de l’améliorer. C’est difficile, mais il faut savoir s’arrêter. Ne pas posséder ce genre de pinceaux est tout simplement le meilleur moyen de ne pas tomber dans ce travers si prisé des débutants, justement.

Et c’est ainsi que se termine ce petit tour d’horizon des pinceaux et de leurs utilisations. S’il t’a été d’une quelconque utilité, je t’invite à me le dire dans un petit commentaire en bas de la page.

À bientôt pour le prochain article

lacis

Le glacis pour sublimer un tableau

  1. glacisLe glacis

Sublimer un tableau avec un glacis de surface? Qu’est ce que cela veut dire?

Tu viens de terminer un tableau. Il est sec si tu l’as peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que tu as utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique.

Les couleurs à l’huile sont bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse que l’acrylique, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux l’un après l’autre ou même en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. Ça  a aussi l’ avantage de permettre de prendre du recul vis à vis de son travail, ce qui n’ est pas mal.

La récompense de la patience

Car, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage. Il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus du début la fin.  Il est bon de prendre un peu de distance. Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et on peut le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Malheureusement, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Pourtant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes, je trouve.  Moi, je compare toujours la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et l’acrylique avec une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse, ni la profondeur du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Ton tableau te plaît, donc, et  il te semble terminé. Cependant, la satistfaction n’est pas à 100% .  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les séparations entre les plages de couleurs te paraissent un peu brutales. Il est esthétique, mais il ne vibre pas. Alors, tu vas faire quelque chose de merveilleux, de magique. Tu vas  faire ce que l’on appelle un glacis de surface.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? Méthode beaucoup utilisée des anciens flamands, elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si tu aimes l’acrylique, c’est ton droit le plus strict.

Tu connais cette situation, quand quelqu’un près de toi a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à toi, tu lui souffles un petit peu sur le visage ou tu passes doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu rêves? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis de surface est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents sur des surfaces  différentes d’ un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est d’unifier. Le glacis va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau soient bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace parfois même le vernis.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une couche épaisse et opaque, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents dilués. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au résultat final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne surtout  pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

Glacis
Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, tu n’auras que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que tu n’as pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

glacis
médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de ton oeuvre. Pour confirmer ton choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si tu manques encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peins une surface  en acrylique de la couleur se rapprochant le plus possible de celle de ton tableau. Ensuite, recouvre-la de glacis et vois si la couleur te convient.

Cependant, il peut arriver que tu te trompes et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

glacis
symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas aussi bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour te faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs n’ayant en fait pas grand chose à faire ensemble. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

glacis
Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme tu l’as vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

glacis
le glacis ocre
glacis
avant glacis
lacis
après glacis

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs.

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis de surface, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs. C’est la touche finale du tableau, le souffle de vie.  Tente l’expérience pour en découvrir la magie.

À bientôt pour un prochain article!

Ariane

 

 

 

 

catalogue d'idées

le secret du catalogue d’idées

catalogue didees

Pour ne jamais manquer d’inspiration, il est très intéressant et facile de se créer un catalogue d’idées. Il sera une source inépuisable de motifs et d’émotions. Je te livre ma méthode.

Tu te promènes tranquillement, tu fais des courses, du tourisme, ou tu rentres chez toi. Comme tu es peintre, tu as évidemment les yeux bien ouverts sur le monde, toujours à l’affût du tableau à faire, de l’image qui va attirer ton regard. Soudain, tu vois un motif vraiment intéressant. Tu meurs d’envie de le peindre, mais tu n’as  même pas un carnet de croquis sur toi.  Hélas, Tu  sais  que la mémoire est furtive et que l’image va s’affaiblir avec le temps pour disparaître de ton esprit et c’est tellement dommage! Tu décides de revenir plus tard, le lendemain. Ne nous leurrons pas, neuf fois sur dix, tu ne reviendras pas.

Si tu reviens le lendemain, tu ne retrouves plus la même atmosphère. Le charme est rompu. La lumière aussi a changé. Ce n’est plus intéressant, ta déception est grande. Es tu toi-même dans le même état d’esprit, dans le même état émotionnel qu’hier? Difficile à dire. Il y a de grandes chances pour que la réponse soit non. Alors que faire?  Il faut trouver une solution pour capturer ce moment, cet instant, la magie de cette image qui te parle tant. C’est ici qu’entre en jeu l’idée du catalogue d’idées.

Garder l’image

catalogue d'idées
Paul Cézanne

Je suppose que, comme tout le monde, tu ne sors plus sans ton smartphone. Tu vas donc le sortir de ta poche, et prendre une, ou même plusieurs photos de ce sujet qui te touche et que tu veux garder en tête. Varie les angles et les compositions.

Garder l’émotion dans son catalogue d’idées

Maintenant, tu as des photos, plein de photos sous plusieurs angles différents, mais rien ne dit que tu retrouveras l‘émotion que tu as ressentie lors de la découverte.

Enregistrement audio pour le catalogue d’idées

Pour cela, il y a un deuxième moyen très simple mais terriblement efficace. Tu vas tout simplement aussi faire un enregistrement audio. Ta voix  va être calme et posée et traduire ce que tu ressens au fond de toi. Tu vas décrire avec le plus de détails possibles absolument tout ce que tu vois et exprimer tes impressions et tes émotions.

Pourquoi tout décrire puisque tu as fait plusieurs photos? Parce que la mémoire émotionnelle est furtive. Ce que tu vois maintenant, tu le vois avec ton émotion du moment présent. Certains détails émotionnels ont une importance primordiale justement maintenant. Il n’est pas sûr que tu les ressentes à nouveau pas lorsque tu regarderas tes photos, ou qu’ils ne s’affaiblissent avec le temps. Décris en détail ce que tu penses, ce que tu vois, comment tu le vois, ce que l’image t’inspire, ce que tu ressens au fond de toi. Parle de l’air, de la température, de l’atmosphère ambiante Tout cela fera partie de ton catalogue d’idées et t’aidera à te replonger dans l’ambiance du moment quand tu le désireras.

En parlant, tu précises les points importants de ton catalogue d’idées

catalogue d'idées
Auguste Renoir

Lorsque tu décris ce que tu vois, tu t’obliges à porter ton attention sur les moindres détails.  Pourquoi la poussière du chemin semble t’elle être bleue quand elle est à l’ombre? Tu vas peut-être avoir envie de refaire quelques photos de ces détails et c’est une bonne idée. Plus tu auras d’éléments visuels et auditifs, plus il sera facile de te replonger dans cette atmosphère, de t’immerger à nouveau dans ce que tu es en train de voir et de ressentir là, maintenant.

Penser tout haut

Si tu t’attaches à voir et à penser tout haut, tu vas élargir ta perception et mettre l’accent sur des points précis que tu n’avais même pas remarqué au début et qui pourtant auront peut-être une grande importance pour la suite de ton travail. Ce sont peut-être même eux qui créent cette atmosphère si spéciale pour toi en ce moment.

Au fur et à mesure que tu vas parler, que tu vas découvrir de nouveaux éléments, tu vas prendre de nouvelles photos. Tu vas continuer ainsi jusqu’à  être sûr d’avoir vraiment bien cerné ton sujet.

Si tu as des gens autour de toi, ne t’en occupe pas. Il y a tellement de personnes qui téléphonent en parlant dans la rue ou n’importe où, que personne ne fera vraiment attention à toi. Et puis, de toutes façons, cela n’a aucune importance.

Cependant, certaines personnes préfèrent écrire. Tu peux bien évidemment remplacer le dictaphone pas un émail long et détaillé  que tu vas t’envoyer à toi-même. Mets dans tes mots et dans tes phrases toute l’émotion que tu ressens en toi. N’aie pas peur d’exagérer, même. Dans un catalogue d’idées, l’exagération est permise. Il n’y a que toi qui le liras.

Dans l’atelier

catalogue d'idées
Edvard Munch, le cri

Plus tard, dans ton atelier, quand tu regarderas ces photos, tu te souviendras alors comment tu as aimé ( ou pas, d’ailleurs!) ce lieu, son atmosphère, le cadre, mais peut-être que tu ne retrouveras pas forcément vraiment l’émotion qui t’a habitée à ce moment précis, si tu n’as que des images.

Par contre, tu vas y replonger complètement  lorsque tu vas écouter l’enregistrement que tu as fait. Un peu comme dans une séance d’auto hypnose, tu vas confortablement t’installer dans un fauteuil ou dans ton canapé, tes images face à toi en diaporama ( ou au mur si tu les as imprimées)  et tu vas réécouter tout ce que tu as dit. Tu vas alors sentir remonter toutes tes impressions, toutes tes émotions, revoir la situation, le moment.

Dépasser l’aversion à sa propre voix

Peut-être que tu n’aimes pas ta voix. Nous sommes tous un peu comme ça. Cependant, ne fais pas attention à cela. Même si tu n’as pas l’habitude de t’entendre parler, tu t’y feras très vite. En attendant, fais abstraction du son et écoute attentivement le message que tu t’es envoyé à toi même. Les mots sont importants. En même temps, regarde les photos que tu as prises. Concentre toi sur le message, pas sur le son ou l’imperfection éventuelle des prises de vues.

Une belle documentation

Tu te rends alors compte que tu t’es constitué une magnifique documentation, un véritable catalogue d’idées qui ne demande plus qu’à être révélé sur une toile? Grâce à ce catalogue d’idées très complet, tu vas pouvoir faire tout un tas d’esquisses en plus de ton tableau final.

C’est peut-être même une excellente occasion de tester  de nouvelles techniques. Tu vas faire une synthèse de tout cela. Une peinture qui serait peut-être restée banale, va devenir une oeuvre chargée de quelque chose en plus qui va transparaître. Ta main, guidée par ton inconscient, va apporter ce petit plus qui va transcender ton oeuvre, et, sans vouloir rentrer dans des considérations métaphysiques ou ésotériques, cela va tout naturellement se transposer sur ta toile.

Pour prendre un exemple simple, c’est un petit peu comme quand tu chantes une chanson. Si c’est juste une mélodie et que tu as une jolie voix, ce sera agréable à entendre, mais si tu y mets toute ton émotion, tu vas littéralement donner des frissons à ceux qui t’écoutent. C’est ce qui fera toute la différence et rendra ton oeuvre unique.

Traduire en abstrait

catalogue d'idées
Coucher de soleil près des rails

Rien ne dit que tu doives reproduire cette image de façon réaliste. Une émotion peut être aussi représentée sous un aspect totalement différent, voire même complètement abstrait. Tu peux la transformer et la traduire sous forme de couleurs, de surfaces, de plages différentes géométriques ou souples et y laisser couler toutes les impressions que tu avais ressenties. Ondule avec le son que tu entends et les photos que tu regardes, ou bas-toi contre elles. Aime les ou révolte toi. Laisse ton esprit et ton image intérieure guider ton bras, ta main et tes yeux. Soleil, vent, chaleur, orage, tout cela transparaîtra.

catalogue d'idées
Mark Rothko

Photographier les matières

L’image qui a attiré ton attention peut aussi provenir d’une matière particulièrement intéressante. Tu t’es arrêté devant un arbre dont l’écorce était vraiment étrange ou belle. Un mur à la peinture écaillée a aimanté ton oeil de façon irrésistible. Un morceau de bois à la veinure ondulée t’a transporté dans d’autres sphères. Ou bien cette pierre, si grise et si nuancée à la fois. Photographie tout cela aussi et décris verbalement toutes tes impressions et tout ce que tu vois, exactement comme s’il s’agissait d’un paysage ou n’importe quelle autre scène.

Effets de matières

catalogue d'idées
nuances de la pierre

Selon le motif que tu es en train d’explorer, tu vas tester des textures et des teintes différentes. L’image est elle douce ou violente? les couleurs seront elles dégradées ou bien séparées les unes des autres? Peut-être même se chevaucheront-elles et seront elles superposées pour en créer de nouvelles?

La joie, la tristesse, le bonheur, la sérénité, la peur, la lumière, l’harmonie, le chaos, tout peut être exprimé. Quelle technique sera la plus appropriée pour traduire au mieux tout cela sur le papier ou sur la toile?

Expérimenter encore et encore

Rien ne sera perdu de ce que tu vas faire, car tout va se transformer en expérience, en leçon, même et surtout les ratés, les erreurs. Il est extrêmement utile de savoir ce qu’il ne faut pas faire. Or, le meilleur moyen de le découvrir et de bien l’imprimer dans son cerveau, c’est de l’avoir expérimenté soi-même. Réjouis toi de tes échecs, ils sont tes meilleurs professeurs. Ne les laisse pas te décourager, au contraire. Sois plein de gratitude envers eux, ils te montrent le chemin plus sûrement que n’importe quel prof. Tu vas noter tout cela aussi dans ton catalogue d’idées.

Tes erreurs sont tes alliées

L’expérience personnelle est bien plus forte que tout ce qu’on peut lire ou voir. Tant qu’on n’a pas vécu le résultat d’une expérience par soi-même, on ne peut pas se l’approprier. Rien ne peut la remplacer.

C’est un peu comme si on essaie d’expliquer à un petit enfant qu’il ne doit pas toucher la bougie pour ne pas se brûler. Tant qu’il ne l’a pas expérimenté lui-même, il ne peut pas comprendre, c’est impossible. Pour lui, ça ne veut rien dire, parce qu’il n’a pas encore fait la douloureuse expérience de la brûlure. Le jour où il se brûlera, même légèrement, alors là, cette phrase prendra enfin un sens concret pour lui et ce sera pour la vie.

En fait, en art, c’est la même chose. On ne peut pas connaître réellement un processus créatif si on ne l’a pas testé soi-même. Si on n’a pas intériorisé le mécanisme, qu’il soit positif ou négatif, on ne peut pas le faire sien. Plus tu expérimenteras, plus tu seras riche de savoir, et plus tu maîtriseras ton art. Ne redoute pas les erreurs, car elles te font avancer.

L’appareil photo et le dictaphone sont donc des outils précieux pour se créer de belles documentations et un catalogue d’idées et d’inspiration quasiment inépuisable. Restons curieux et marchons dans la vie, les yeux et l’esprit grand ouverts. Remplis ton catalogue d’idées pour y puiser selon tes besoins.

Et toi, quelle est ta technique de catalogue d’idées pour garder tes images dans ta tête et dans ton coeur?

 

nombre d'or

Le nombre d’or, règle divine

nombre dorAs tu déjà entendu parler de la règle du nombre d’or? Mais oui, certainement. C’est à la fois la plus connue et la plus « chiante » des règles, car elle est régie par une équation mathématique à démoraliser tout artiste. Moi, en tout cas, elle m’a bien cassé les pieds.

Pourquoi un artiste qui est un être créatif, impulsif et instinctif devrait-il se torturer avec des formules mathématiques à la mord moi le…pinceau?

Certes, que des scientifiques s’y intéressent, c’est tant mieux. L’art fait parler de lui. C’est toujours bien de pouvoir expliquer les choses. Ça donne au sujet une validité sérieuse et une pertinence indéniable. Mais nous, les artistes, devons nous vraiment nous martyriser le cerveau avec des équations impossibles? Sans blague!

Regarde-moi ça!

Si on considère que a est la distance la plus  longue, et b la distance la plus courte, on a: a b divisé par  a = a sur b= phi (Φ), la lettre grecque qui désigne le nombre d’or. Après un calcul (trop) compliqué, on obtient 1  √ 5 sur 2, ce qui donne en gros 1,618033… et ça continue éternellement avec plein d’autres chiffres…

La voici donc, la formule magique qui mène à l’harmonie totale. Mouais…

Tu n’y comprends rien? Rassure toi, tu n’es pas seul(e) dans ce cas

De très nombreux artistes on peint des tableaux dans lesquels on retrouve effectivement cette règle du nombre d’or. Il est difficile, voire impossible, de prouver si c’était volontaire ou pas. Le nombre d’or, c’est la relation d’une ligne courte à une ligne plus longue, toujours dans les mêmes proportions, qui crée une harmonie considérée comme parfaite dans un tableau (ou une photo).

Peut on réellement imaginer les peintres de ces magnifiques tableaux exposés dans nos musées, armés de règles d’équerres, de rapporteurs et de compas? Peut-on les  voir en train de calculer et mesurer, formule mathématique magique à l’appui?  Les professeurs d’art soutiennent que oui…vous y croyez vous? Cette  affirmation nourrit les écrits des théoriciens de l’art, mais il y a peu de chances qu’elle corresponde à une réalité tangible.

Un artiste est rarement un génie des maths

Certes, l’artiste est à la recherche du beau, de l’équilibre. Mais non, il ne va pas calculer au millimètre près et mesurer chacun de ses traits, bien sûr que non. Le mythe a son charme, mais reste tout de même, très certainement, quand même du domaine du mythe. L’artiste a, ou acquiert forcément avec le temps un sens de l’équilibre. Ses outils sont ses mains, mais aussi ses yeux et son cerveau.

Le nombre d’or est partout dans la nature

Le cerveau aime ce qui est beau et reconnaît inconsciemment ce qui est harmonieux. De nombreuses études le montrent. La nature est harmonie, et répond de tous les côtés aux proportions de cette fameuse règle d’or . La façon dont les feuilles poussent sur une branche pour que chacune puisse avoir le maximum de lumière : la règle d’or. L’organisation des pistils ou des pétales de la fleur : la règle d’or. La forme parfaite du nautile ou du simple escargot, encore la règle d’or. Les rouleaux des vagues, les proportions du visage humain, du corps humain, l’étoile de mer, la tornade, il y a une infinité de choses en rapport avec ce nombre d’or.

Alors forcément, inconsciemment, le cerveau le reconnaît. Ce que le cerveau connaît, il l’aime aussi. Cela revient à dire que notre cerveau est programmé à voir les bonnes proportions et à les trouver belles. Si nous n’aimons pas une image, un tableau, c’est sans doute, si on fait abstraction des couleurs ou du thème, qu’il n’est pas harmonieux dans ses proportions.

nombre d'or
Le nombre d’or dans la nature

Le cerveau réagit au beau

Une équipe de l’université de Parme, autour du neurophysiologue Giacomo Rizzolatti,  a mené une étude  sur la réaction du cerveau en présence de la beauté ( publiée dans PLoS ONE).  Ils ont alors pu démontrer que l’activité cérébrale était plus intense en présence d’images représentant de belles choses. Cette activité avait lieu dans la partie du cerveau qui gère les émotions. Précisons que cette étude a été menée sur des sujets ne possédant aucune connaissance artistique, à l’aide d’un appareil impartial d’ imagerie à résonance magnétique (IRM).

Notre cerveau nous guide

Nous pouvons donc en déduire que notre cerveau est capable de reconnaître spontanément  la beauté. C’est dans doute ce qui pousse certains artistes à faire plusieurs esquisses d’un projet, pour se laisser instinctivement guider par leur intuition et choisir la composition qui parle finalement le plus à leur émotion. Ils vont tout intuitivement choisir la meilleure composition. Ils vont  placer les éléments au bon endroit et dans les bonnes proportions. L’esprit encadre le motif visuellement avant de le poser sur le tableau.

Certes, cela demande un peu d’entraînement et d’apprentissage, car évaluer une chose et la reproduire sont deux paires de manches. Cependant, fais confiance à ton cerveau. Si ton tableau te plaît vraiment, c’est sans doute qu’il est bon. Si tu as le moindre doute, tu as sans doute aussi raison: Il y a un grain de sable dans les rouages, il faut le trouver. Tu peux le faire en laissant ce travail retourné dans un coin de ton atelier sans le regarder pendant longtemps. Et puis, plusieurs mois plus tard, tu le retourneras et verras immédiatement ce qui ne va pas.

Quelques aides pratiques

Si on trace quelques points de repères sur la toile avant la première esquisse, on augmente la chance de ne pas se piéger soi-même en ayant un motif mal placé ou qui débordera de la toile, d’accord là dessus.

En déterminant à l’avance une forme géométrique dans laquelle va s’inscrire notre sujet, on va pouvoir grandement améliorer l’équilibre du résultat final, c’est une évidence. Si en plus, le motif principal se trouve à peu près au bon endroit sur la toile, c’est quasiment gagné.

Mais de là à utiliser une formule mathématique à l’aide d’instruments de géométrie pour arriver à déterminer le nombre d’or Φ au dixième de millimètre près, cela ne me semble pas vraiment compatible avec le travail d’un artiste…pas le mien en tout cas.

nombre d'or
PHI

Nous voilà bien avancés. Mais sur notre toile, qu’est ce que ça donne concrètement?

La partie la plus longue à droite du nombre d’or correspond à 61,8 % de la longueur totale, la plus courte étant donc de 38,2% de la longueur totale.

nombre d'or
le nombre d’or

Sur le rectangle d’une toile, ça donne ceci:

nombre d'or
Le nombre d’or

Chacun des points rouges correspond au nombre d’or, donc à Φ.

En photo, on se simplifie souvent la chose en divisant tout simplement la surface en 9 parties égales ( les appareils photos ont presque tous cette grille). En principe, il est possible de faire la même chose sur une toile. Il s’agit alors de la règle des tiers, une autre forme de composition très proche du nombre d’or, si proche même qu’on les confond souvent.

Règle des tiers
Règle des tiers

Si on veut tout de même se rapprocher encore plus du nombre d’or, on peut utiliser une astuce simple.On part donc de la division en Pour simplifier la chose,  on peut partir de cette division en 9 parties. Ensuite, il suffit d’agrandir un peu les rectangles extérieurs en repoussant pifométriquement les traits vers l’intérieur. Ce n’est pas scientifique du tout, mais ça marche!

le nombre d'or
Le nombre d’or

Les points d’intersection des nouvelles lignes correspondent à un poil près au nombre d’or.

le nombre d'or
Le nombre d’or

Ou encore

Pour se rapprocher encore un peu plus du nombre d’or, on peut utiliser une autre méthode. Il faut alors diviser la toile en 5 parties égales aussi bien verticalement qu’horizontalement. Cela nous donne 25 champs. La partie la plus longue comporterait 3 éléments, la plus courte 2.  Ce n’est pas le nombre d’or, mais ça s’en rapproche quand même énormément.

Le nombre d'or
Division en 25 champs

Un artiste n’étant pas forcément ni un matheux, ni un physicien. il se contentera donc presque toujours de cette approximation gràce à son centre émotionnel. Si le résultat n’est pas tout à fait conforme à ce qu’il avait prévu, il corrige selon son ressenti. Nos erreurs passées et futures seront nos meilleurs professeurs. Alors expérimentons encore et encore. Chaque nouvelle expérience, chaque nouvelle erreur, sera aussi une nouvelle leçon apprise.

Exemple avec une nature morte

Tu as décidé de peindre une nature  morte. Tu as disposé tes éléments sur une table de la façon qui te plaît le mieux. Soit en ligne, soit en pyramide, soit en cercle…, tout est possible. Ensuite, tu vas « photographier » visuellement le motif en le plaçant mentalement sur ta toile. Quand je dis photographier, ça peut être dans ta tête, mais ça peut aussi être à l’aide de ton téléphone ou de ton appareil photo. Tourne autour, fais plusieurs photos et choisis celle qui te paraît la mieux équilibrée comme base de composition. Pour éviter de déborder de tous les côtés, tu vas mettre quelques points de repères sur ta toile.

Le motif principal

Il y a un des éléments sur lequel tu veux particulièrement attirer l’attention. Prenons un objet de couleur contrastante, la pomme la plus rouge, par exemple . Pour renforcer l’attraction de l’oeil sur cet objet, tu le places donc sur l’un des quatre points de croisement du nombre d’or.  Voilà, tu as créé un pôle d’attraction. L’oeil va d’abord se poser sur cette pomme avant d’explorer le reste de l’oeuvre. Ces points attirant le regard, il vaut mieux éviter d’y mettre quelque chose qui ne soit pas important pour la compréhension ou l’équilibre de l’oeuvre.

Tu vas alors te rendre compte que, instinctivement, tu as placé les objets les plus grands à l’arrière pour qu’ils ne cachent pas les plus petits. Sur tes photos, tu as laissé un peu ou beaucoup d’espace autour de ton motif. Il ne touche probablement pas les bords. Ton instinct et ton sens de l’esthétique t’ont guidés pour cadrer le plus harmonieusement possible. Tu dois te laisser aller et faire confiance à cet instinct.

nombre d'or
Nature morte avec un pot de gingembre et des aubergines

Tu peux aussi vouloir provoquer un déséquilibre pour exprimer quelque chose de précis. On l’a déjà dit, en art tout est permis, du moment qu’on arrive à exprimer ce qu’on ressent. On n’a pas besoin de faire passer un message, mais si on veut le faire, la composition est une aide précieuse.

La règle du nombre d’or est assez barbante, c’est vrai. Heureusement, il y a d’autres formes de composition très intéressantes et beaucoup plus simples à appliquer dont je vais aussi te parler, tu verras.

Alors continue sur ton chemin et que les règles de compositions ne soient pas un frein à ton enthousiasme.

Si tu veux me laisser un commentaire, je me ferai une joie d’y répondre.

 

 

Composition

La composition dans un tableau ou un dessin

composition

Le terme de composition inquiète un peu, beaucoup d’entre nous. Elle t’inquiète aussi, peut-être. Ne te laisse pas impressionner. Lors de mes études, j’ai moi-même mis très longtemps avant de vraiment comprendre ce que c’était, et surtout ce qui faisait qu’une composition était bonne ou pas. C’est pour ça que j’ai envie de t’aider.

La notion de composition n’est pas une notion facile, car elle est en réalité assez subjective et abstraite, même si elle suit un bon nombre de règles plutôt précises.  Pour moi, cette règle ou plutôt ces règles ont le charme d’un développement mathématique. Or, je défie quiconque de me battre sur le plan de la nullité en maths que déteste cordialement.

Cependant, n’oublie jamais, jamais: l’art c’est la liberté, parfois même la rébellion. C’est d’ailleurs sans doute mon côté rebelle qui s’exprime, mais si l’art n’a pas le droit d’être rebelle, qu’est-ce qui peut l’être? Certes, tu vas donc pouvoir et vouloir t’orienter aux règles de la composition. Cependant,  personne n’exigera de toi que tu en deviennes esclave, si cela doit mettre ton originalité ou tes convictions en jeu. Voilà, c’est dit.

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte

Dans la composition, il y a plusieurs paramètres qui jouent un rôle bien défini. Parmi eux, se trouvent:

La couleur

Il y a des couleurs vives, des pâles, des chaudes, des froides. La composition peut être basée sur le contraste de ces couleurs. Elle peut aussi , au contraire, jouer sur la proximité des couleurs entre elles, sur l’harmonie, sur la complémentarité, sur les différences de valeurs etc… Grâce aux couleurs utilisées, on va pouvoir déterminer si l’impression générale sera sereine ou agitée, chaude ou froide, gaie ou triste, claire ou sombre, joyeuse ou angoissante etc…L’impression générale sera grandement influencée par le choix des couleurs, mais aussi par

La place des éléments dans le tableau

Bien que souvent déclaré comme le paramètre le plus important ( en fait, surtout le plus mathématique) il est loin d’être le seul à jouer un rôle important dans la composition.

Le motif principal et le ou les motifs secondaires

Selon l’endroit où seront placés les motifs, leur forme et leur taille, on pourra reconnaître ceux qui dominent. Ce seront les plus importants à découvrir immédiatement. Les motifs secondaires, quant à eux, amèneront l’observateur à « se promener » dans l’image. Il est possible de combiner plusieurs règles de composition dans un même tableau.

Selon la façon dont seront réparties les masses, le tableau paraîtra harmonieux  ou chaotique, équilibré ou pas. Cette règle est importante si on veut faire passer un message particulier, pour être bien sûr  d’être compris. En fait, c’est une sorte de code qui guide le spectateur attentif dans l’oeuvre.

Ne pas trop se prendre la tête

Il existe un très grand nombre de variantes de composition, donc, les possibilités d’être complètement à côté de la plaque sont nombreuses aussi. En revanche, instinctivement, on peut créer un tableau harmonieux au feeling, et se rendre compte après que le motif se place dans un triangle, un cercle ou une ellipse, ou que le motif principal est dans le rectangle d’or. C’est là qu’on laisse les critiques d’art se défouler:

 » L’artiste s’est décidé dans cette oeuvre pour une composition en triangle. Il l’a fait dans un but bien précis. Par ce choix qui est loin d’être anodin, l’artiste a voulu exprimer ici… »blabla, blabla, blabla. 😉

Ah si on ne les avait pas, on ne saurait parfois soi-même pas vraiment ce qu’on a réellement voulu dire. Qu’ils en soient remerciés. 🙂

Donc, s’il y a une grande variété de possibilités de composition, il y a une variété toute aussi grande de risques de se planter. Cependant:

qui ne risque rien, n’a rien

-et c’est en faisant des erreurs qu’on apprend le plus

Alors pas de panique!

Dans les cours, on nous parlait en long, en large et en travers de la porte d’harmonie au nom si joli et du nombre d’or, si précieux ou du rectangle d’or, si brillant. À cela s’ajoutaient aussi la diagonale, le centre, la ligne de force, les verticales parallèles et leur utilité. On nous  présentait également des règles, celle des tiers, celle des trois plans et bien d’autres encore.  On nous montrait des tableaux s’inscrivant dans des constructions géométriques en ovales, en triangles, en carrés joints etc…

Pendant ces cours, on nous apportait des exemples tout décryptés, censés expliquer le pourquoi et le comment de telle ou telle règle. Sincèrement, j’avais souvent du mal à voir réellement l’intention formelle de l’artiste. Certains de ces exemples me paraissaient très tirés par les cheveux.

Croyez vous vraiment que tous ces peintres connus, ces génies de la peinture ou du dessin se soient martelés la cervelle à faire des calculs géométriques compliqués avant de commencer à peindre ou de dessiner?

Les artistes sont des gens qui travaillent avec le cerveau droit. C’est le côté du cerveau qui est en ébullition pendant la phase créative. Ce côté là n’aime pas calculer, planifier, il déteste les chiffres. Tous ces artistes dont les compositions s’inscrivent si bien dans le cadre de l’une ou plusieurs de ces règles auraient-ils « prémédité » leur acte? Ils auraient minutieusement divisé leurs toiles en formes géométriques et se seraient adonnés à des calculs complexes et laborieux avant de commencer à peindre?Je n’y crois pas.

Ne pas noyer sa créativité dans des règles trop rigides

Certains d’entre eux, très académiques comme Ingres qui était aussi professeur de peinture, ou scientifiques comme Léonard de Vinci et leurs disciples, sans doute, mais certainement pas tous. Il paraît même que le peintre Caspar David Friedrich travaillait avec un compas et une équerre, c’est fou non?

La composition est à la peinture ce que l’analyse de texte est  à la littérature. Elle vient le plus souvent de l’intuition de l’artiste et est découverte et commentée par l’historien de l’art. Et c’est très bien comme cela.

Laisse parler ton intuition en composition, et redresse le tir

Il n’est pas de tableau qui n’ait pas naturellement sa composition. Si le tableau donne une impression d’équilibre et fait vibrer une corde chez l’observateur, c’est que la composition est bonne. Sur ce point, tout le monde est d’accord. Cependant, ça ne veut pas dire pour autant que l’artiste s’est démené comme un beau diable pour faire rentrer son sujet dans un triangle, duquel va s’élever une diagonale, qui va aboutir dans le motif ellipsoïdal suivant, à l’angle opposé du tableau? Cela est bien sûr du domaine du théorique et ennuie beaucoup d’artistes. Les règles sont là pour aider, pour soutenir, pas pour emprisonner. C’est pourquoi il est quand même bon d’en connaître au moins quelques unes, histoire de comprendre ce qui cloche parfois dans l’équilibre de ton travail.

Au vu de ces considérations, je suis très partisane de laisser s’exprimer son artsans trop se casser la tête. Il est toujours possible corriger et rajouter ou enlever des éléments. Ainsi, on peut parfaire la composition au fur et à mesure. Le hasard et l‘inconscient faisant bien les choses, il y a de grandes chances d’être dans une des nombreuses possibilités de composition. Ceci n’est pas très académique, je sais…mais vérifié.

Je vais te présenter les règles de composition les unes après les autres au lieu de tout mettre à la fois dans un article. Ce sera sans doute plus facile à assimiler et à digérer. Tu auras le temps de t’entraîner à les mettre en pratique.

Aujourd’hui, nous allons donc voir

La composition triangulaire

Lorsque les trois côtés ont pratiquement la même longueur, cette composition traduit la tranquillité, l’harmonie, la clarté, la force aussi, mais sans le mouvement. C’est d’autant plus vrai si le triangle a trois côtés égaux. Le triangle donne une impression d‘ordre. Il y a là un côté statique presque immobile. C’est pourquoi cette composition a souvent été utilisée dans les tableaux de la renaissance à contenu religieux.

La spiritualité

composition
Leonard de Vinci

La douceur

composition
Theodor Rehbenitz, Italia  et Germania

La force

composition
affiche star wars

D’ailleurs, si vous regardez les affiches de star wars, par exemple, vous constaterez aussi qu’elles sont aussi pratiquement toutes en triangle. La force est en elles 😉

La force concentrée

composition
Christian Vey

la force des éléments

composition
à la fois puissant et triste

Le triangle peut cependant aussi prendre un autre format. Ses côtés n’ont plus la même taille. L’ensemble reste calme, mais il peut y entrer une autre composante, telle la tristesse, par exemple, ou une certaine gêne.

La tristesse

composition
tristesse ou mélancolie

Il ne faut pas absolument faire entrer entièrement le sujet dans le triangle de façon raide et géométrique, bien sûr. Il suffit de l’ y inscrire dans ses grandes lignes.

La tranquillité

composition
Elle ne lit pas un livre de blagues

La composition triangulaire est souvent utilisée dans les natures mortes qui, comme leur nom l’indique, ne dégagent pas une énergie débordante, mais plutôt une impression de calme et de sérénité

l’harmonie

Composition
cézanne

la sérénité

composition
fleurs

En résumé, le triangle est harmonisant. Il est donc utilisé pour des sujets sans grand dynamisme, parfois même un peu nostalgiques ou très romantiques.

le romantisme

Composition
Claude Monet

As tu déjà utilisé cette forme de composition triangulaire dans ton travail? Consciemment ou inconsciemment?