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Le glacis pour sublimer un tableau

  1. glacisLe glacis

Sublimer un tableau avec un glacis de surface? Qu’est ce que cela veut dire?

Vous venez de terminer un tableau. Il est sec si vous l’avez peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que vous avez utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique. Elle a beaucoup plus de subtilité et de profondeur, fait vivre et vibrer les couleurs, mais demande un peu plus de patience.

Les couleurs à l’huile sont en effet bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse que l’acrylique, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux simultanément ou en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. Ça  a aussi l’ avantage de permettre de prendre du recul vis à vis de son travail. On a la possibilité de découvrir des erreurs de formes, de composition ou de couleur. On peut alors rectifier le tir avant de glacer le tableau, ce qui n’ est pas mal.

La récompense de la patience

Car, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage. Il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus du début la fin.  Il est bon de prendre un peu de distance. Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et on peut le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Cependant, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Chacun fait comme bon lui semble. Je n‘ai pas à juger, et l‘acrylique à certainement des qualités que je ne lui ai pas encore découvertes. Pourtant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes jà l’huile, je trouve.  Moi, je compare parfois la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et l’acrylique avec une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse, ni la profondeur du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Votre tableau vous plaît, donc, et  il vous semble terminé. Cependant, la satisfaction n’est pas à 100% .  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les liaisons entre les plages de couleurs vous paraissent un peu brutales. Il est esthétique, certes, mais il ne vibre pas. Alors, vous allez faire quelque chose de merveilleux, un geste magique. Vous allez  faire ce que l’on appelle un glacis de surface.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? 

Cette méthode a beaucoup été beaucoup utilisée des anciens flamands. Elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si vous aimez l’acrylique, c’est votre droit le plus strict.

Vous connaissez cette situation: quelqu’un près de vous,  a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à vous, vous lui soufflez un petit peu sur le visage ou vous passez doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu es là? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis de surface est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents sur des surfaces  différentes d’ un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est aussi d’unifier. Le glacis va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches si on veut aller plus en transparence.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau soient bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace souvent même le vernis.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une couche épaisse et opaque, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents dilués. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au résultat final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne surtout  pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

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Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, vousn’aurez que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que vous n’avez pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

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médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de votre oeuvre. Pour confirmer votre choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si vous manquez encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peignez une surface  en acrylique dans les tonalités se rapprochant le plus possible de celle de votre tableau. Ensuite, recouvrez-la de glacis et voyez si la couleur vous convient.

Cependant, il peut arriver que vous vous  trompiez et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

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symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas très bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente ou semi- opaque. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour vous faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs ne Formant  en fait pas une réelle harmonie. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

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Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme vous l‘avez vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

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le glacis ocre
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avant glacis

Avant glacis, les couleurs sont séparées, n‘ont pas les mêmes  valeurs et se gênent entre elles.

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après glacis

Une fois le glacis passé sur toute la surface, l‘ensemble s‘est unifié.

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa trop grande pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs. Les blancs restés entre les plages de couleur ont disparu pour donner une image plus „finie“

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis de surface, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs. C’est la touche finale du tableau, le souffle de vie.  Tentez l’expérience pour en découvrir la magie.

À bientôt pour un prochain article!

Ariane

 

 

 

 

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8 réflexions sur « Le glacis pour sublimer un tableau »

    1. Oui,
      Comme je l’écris dans l’article, c’est le mélange de très peu de peinture transparente (le degré d’opacité est marqué sur le tube) avec de l’huile de lin et de la térébenthine. Les quantités diffèrent selon le degré de gras ou de maigre de la couche à recouvrir. Pour débuter, utilisez un médium tout prêt pour vous familiariser avec la texture à obtenir. Testez la justesse de la teinte et la transparence sur une partie du tableau. Si la couleur est trop intense ( c’est souvent le cas au début), prenez en une petite partie et rajoutez y du médium.

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