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Couleurs primaires

les couleurs primaires pour commencer en peinture

Qu’appelle t’on couleurs primaires? Combien de couleurs faut-il pour commencer en peinture et lesquelles? Nombre d’entre vous se posent la question.

Devant la multitude des teintes proposées en tubes, comment savoir celles qu’il faut prendre en premier, histoire de se limiter un peu quand même. Surtout si on sait qu’il nous est possible de les obtenir quasiment toutes par des mélanges.

Vous vous souvenez qu’à l’école, on vous avait parlé de couleurs primaires : le rouge, le bleu et le jaune. Celles là, déjà, vous voulez les prendre et, en principe, vous avez raison. Vous choisissez donc le rouge qui vous semble le plus rouge, un bleu qui correspond à l’image qu’on se fait du bleu et un jaune ni trop clair, ni trop foncé.

couleurs primaires
couleurs primaires

Comme vous le savez peut-être, sûrement même, en théorie, il suffit de trois couleurs de base pour obtenir toutes les couleurs possibles. Ces trois couleurs ne peuvent être obtenues par le mélange d’autres couleurs entre elles. C’est donc pour ça qu’on les appelle  les trois couleurs primaires.

Si vous observez un tableau de Piet Mondrian, vous allez pouvoir reconnaître  ces fameuses trois couleurs primaires.

Mélange des couleurs
Les 3 couleurs primaires plus le blanc

Vous avez alors essayé de mettre en pratique la théorie qu’on vous a enseignée à l’école.

rouge + jaune = orange

jaune + bleu = vert

rouge + bleu = violet

Vous avez donc décidé de mélanger les couleurs entre elles pour voir ce que ça va donner. Allons y.

Les couleurs primaires

Vous avez pris vos trois couleurs de base que vous avez déposées sur une palette (ou comme moi, sur une vielle assiette en porcelaine, parce que le blanc de l’assiette permet de bien voir la couleur obtenue):

couleurs primaires
couleurs primaires

Bleu  primaire, rouge primaire et jaune primaire . Ces couleurs sont impossibles à créer par le mélange d’autres couleurs. Elles sont donc, en principe, la base de toutes les autres.

Tout d’abord, vous avez mélangé le jaune et le bleu. La magie a opéré, vous avez bien obtenu du vert. C’est un vert assez  foncé à tendance caca d’oie, pas super joli. Ce n’était peut-être pas le beau vert dont vous aviez envie, mais en tout cas, c’est un vert, donc , ça marche. Ça commence donc plutôt bien!

couleurs primaires
jaune et bleu donnent du vert

Puis vous avez mélangé le rouge et le jaune. La magie continue à opérer, vous obtenez bien un orange plutôt digne de ce nom.

couleurs primaires
rouge et jaune donnent orange

Il ne reste plus que le rouge et le bleu. Vous êtes donc sûrs que vous allez obtenir un violet. Vous mélangez alors allègrement ces deux couleurs primaires ensemble,

couleurs primaires
On mélange le rouge et le bleu et on obtient…

et …beurk…vous obtenez une couleur sombre et moche qui ressemblerait plutôt à de l’aubergine, mais un peu crâmée quand même. Certes, on dit que l’aubergine est violette, mais ce n’est pas du tout  un beau violet.

couleurs primaires
et on obtient une couleur se rapprochant plus du noir que du violet

Pourquoi?

En fait,  à l’école, on ne vous a pas tout dit, et surtout, on ne vous a pas fait prendre les bonnes couleurs pour que la théorie fonctionne. Il ne faut pas se contenter de prendre uniquement les tubes sur lesquels les couleurs sont qualifiées de primaires (surtout que ca change d’une marque à l’autre)

En réalité, les trois couleurs primaires ci dessus se comportent comme elles le doivent lorsqu’elles interagissent avec la lumière. Le bleu et le rouge mêlés dans la lumière donnent un très beau violet. Sur le papier, on ne peut pas en dire autant. Le jaune et le bleu donnent un vert lumineux et rayonnant lorsque la lumière les unit. Sur le papier il semble plutôt sale. La couleur orange par contre est tout à fait bien.

Pourquoi est-ce comme ça? Parce que la théorie des couleurs est basée au départ sur la loi des mélanges tels qu’ils apparaissent dans l’arc en ciel, c’est à dire avec l’action  de la lumière et la transparence. Or, notre papier n’est pas traversé  par la lumière et les pigments de nos peintures sont opaques, donc, ça ne marche tout simplement  pas. Ca ne veut pas dire qu’on ne pourra pas s’en servir pour des mélanges, mais elles ne suffiront pas pour faire TOUTES les autres couleurs

Alors comment faire?

Ce n’est donc pas du tout  vrai  qu’on puisse faire toutes les couleurs à partir des trois couleurs primaires?

Eh bien si, mais pas tout à fait comme vous le pensiez. Si, sur le tube, seulement  trois d’entre elles s’appellent primaires, elles ne sont pas suffisantes, voire, ce ne sont pas celles à prendre en exclusivité.

Trois couleurs primaires et du blanc pour quasiment TOUT faire

Les trois couleurs primaires en peinture opaque sont le bleu cyan, le rouge magenta et le jaune. Ce sont aussi exactement les trois couleurs qui sont utilisées en imprimerie pour obtenir toutes les autres.

couleurs primaires
couleurs primaires

Le bleu cyan est un bleu qui tire un peu vers le turquoise

le rouge magenta ( aussi appelé fuschia) est un rose soutenu tirant légèrement vers le bleu

et le jaune est un jaune qu’on pourrait qualifier de jaune soleil ou de jaune d’or

ABOOOOONNN! Mais pourquoi ne nous le dit on pas à l’école???

Je n’en sais rien.

Dans de nombreuses écoles, on continue à apprendre aux enfants à mélanger les couleurs dites primaires ( voir le triangle de couleurs ci-dessus)  parce qu’on se réfère aux rayons de lumière qui se comportent comme on nous le décrit en se mélangeant. Par contre, on ne cherche pas à faire la différence entre la toile ou le papier, et l’espace. C’est fatal parce que c’est cette expérience négative qui va frustrer bon nombre de petits artistes en herbe qui terminent leur chef d’oeuvre dans un mélange sale de trois couleurs inappropriées. Avec un petit peu de malchance supplémentaire, on leur autorise aussi le blanc et le noir. Là, la catastrophe est assurée.

Si à la place, on leur propose juste les trois autres couleurs dont je vous ai parlé plus haut(cercle), Magenta, cyan et jaune citron, on sent comme une libération. D’un seul coup, ils se sentent capables de créer des harmonies incroyables et prennent leur envol artistique.

Le secret

Voulez vous que je vous dévoile un secret ? En peinture, si on leur ajoute nos premières couleurs primaires, on peut vraiment faire un  nombre infini de couleurs et de nuances, y compris le noir. Seul le blanc, obtenu par le mélange de toutes les autres en faisceau lumineux, ne sera pas possible à faire en mélange opaque.

Donc, il ne faut pas trois couleurs, en réalité. Certes, ces couleurs  que l’on ajoute sont aussi bleu jaune et rouge, mais dans un autre spectre. Les imprimeurs l’ont bien compris car ils les utilisent  pour effectivement obtenir TOUTES les couleurs. Et c’est là le truc.

Pour obtenir toutes les couleurs, il faut deux sortes de bleu, deux sortes de rouges et deux sortes de jaunes. Le mélange de ces couleurs entre elles apportera toutes les nuances qui manquaient à nos trois couleurs de base. C’est là le secret qui va faire toute la différence.

Alors recommencons l’expérience avec nos trois nouvelles couleurs primaires.

couleurs primaires
couleurs primaires II

Je mélange le jaune et le magenta et j’obtiens…un rouge primaire!

Tiens, mais c’est marrant ca, du vrai rouge? Oui.

couleurs primaires
Magenta+jaune = rouge vermillon

Voilà donc déjà une couleur que je n’aurai pas besoin d’acheter en tube 😉

Pour obtenir la couleur orange, il ne me reste plus qu’à ajouter du jaune à ce rouge.

couleurs primaires
Orange

Je mélange le cyan et le jaune

couleurs primaires
bleu cyan + jaune = ?

et j’obtiens un vert pomme.

En ajoutant encore une pointe de bleu primaire, je peux le foncer. Avec du jaune, je l’éclaircis.

Maintenant, je mélange le magenta et le cyan

couleurs primaires
magenta+cyan = un vrai violet

et…j’obtiens un vrai violet!

Pour résumer

Pour débuter en peinture, je n’ai besoin que de CINQ COULEURS

Magenta

Cyan, bleu primaire

jaune primaire, jaune citron

Et avec ces couleurs primaires, vous pouvez créer une infinité d’autres couleurs.

Par exemple la couleur « chair » ici.

Nous en détaillerons d’autres dans de prochains  articles.

à bientôt donc,

Ariane

 

recherches utilisées pour trouver cet article:comment peindre un voile transparent, couleur primaire de peinture, couleurs primaires en peinture, mélange des couleurs primaires en peinture
lacis

Le glacis pour sublimer un tableau

glacis

Sublimer un tableau avec un glacis? Qu’est ce que cela veut dire?

Tu viens de terminer un tableau. Il est sec si tu l’as peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que tu as utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique.

Les couleurs à l’huile sont bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux l’un après l’autre ou même en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. À mon avis, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage, car il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus jusqu’à la fin.  Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Malheureusement, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Cependant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes, je trouve.  Moi, je compare toujours la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Ton tableau te plaît, donc, et  il te semble terminé. Cependant,tu n’es pas à 100% satisfait.  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les séparations entre les plages de couleurs te paraissent un peu brutales. Il est esthétique, mais il ne vibre pas. Alors, tu vas faire quelque chose de merveilleux, de magique. Tu vas  faire ce que l’on appelle un glacis.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? Méthode beaucoup utilisée des anciens flamands, elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si tu aimes l’acrylique, c’est ton droit le plus strict.

Tu connais cette situation, quand quelqu’un près de toi a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à toi, tu lui souffles un petit peu sur le visage ou tu passes doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu rêves? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents à des endroits différents sur un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est d’unifier. Il va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau sont bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace parfois même le vernissage.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une épaisse couche d’huile, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

Glacis
Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, tu n’auras que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que tu n’as pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

glacis
médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de ton oeuvre. Pour confirmer ton choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si tu manques encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peins une surface  en acrylique de la couleur se rapprochant le plus possible de celle de ton tableau. Ensuite, recouvre-la de glacis et vois si la couleur te convient.

Cependant, il peut arriver que tu te trompes et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

glacis
symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas aussi bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour te faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs n’ayant en fait pas grand chose à faire ensemble. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

glacis
Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme tu l’as vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

glacis
le glacis ocre
glacis
avant glacis
lacis
après glacis

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs.

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs.

 

 

 

 

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couleur chair

Couleur chair à partir des couleurs primaires

couleur chair

La couleur chair, qu’est ce que c’est?

La couleur chair est en principe la couleur de ce qui se trouve sous l’épiderme et qui est la même pour tous les humains. Souvent, ce que nous comprenons par « couleur chair », c’est en fait la couleur de peau que l’on dit blanche. C’est une couleur que l’on aime bien utiliser dans les portraits. Elle décrit une sorte de rose, mais pas le rose bébé ou le rose des fleurs. C’est un rose un petit peu brun, mais très légèrement.

Cependant, même si on la trouve en tube, on ne pourra pas l’utiliser telle quelle uniformément. Il faudra lui ajouter des nuances pour la rendre vivante. Donc, autant la mélanger directement soi-même!

A partir de là, on va pouvoir facilement faire des nuances pour représenter absolument toutes les couleurs de peaux humaines de la terre.

Une couleur chair naît d’abord de la couleur brune des peaux indiennes ou africaines.

Par analogie, cette couleur va donc pouvoir servir pour peindre tous les types de peaux, qu’elles soient européennes, africaines ou asiatiques. Une fois la base posée, il suffit d’ajouter des nuances plus ou moins importantes pour la transformer. La fameuse couleur chair n’en est qu’une des nombreuses variantes.

Les couleurs primaires

Les couleurs de base  appelées couleurs primaires sont le rouge, le bleu et le jaune.

En mélangeant les couleurs de bases deux par deux, on obtient les couleurs complémentaires

Rouge bleu = violet

rouge jaune  = orange

bleu jaune = vert

Pour commencer, nous allons mettre nos trois couleurs de base sur la palette.

Plutôt qu’une palette en bois ou en métal, j’utilise une vieille assiette en porcelaine. Comme elle est blanche, il est plus facile de se rendre vraiment compte de la teinte obtenue au final.

Nous allons donc prendre :

du bleu outremer

du rouge vermillon

et du jaune d’or

la couleur chair
Les couleurs primaires rouge, jaune et bleu

Mélanges

Nous allons commencer par mélanger un peu de rouge et de jaune pour obtenir un orange, donc.

la couleur chair
rouge et jaune donnent orange

Ajoute plus ou moins de jaune pour que ton orange soit bien franc, mais sans tendance trop forte vers le rouge ou le jaune. En principe, c’est la même quantité de chaque couleur, mais certaines peintures peuvent être plus fortement pigmentées que d’autres.

Lorsqu’on mélange les trois couleurs primaires ensemble, on obtient une teinte grise très sombre, presque noire. Cependant, si on ajoute juste un petit peu de la troisième couleur aux deux autres, en occurrence ici le bleu, on obtient une troisième teinte que l’on peut moduler à son gré à l’infini. On va donc ajouter une petite pointe de bleu à l’orange, et c’est magique. Dans notre cas de figure, cela donne un marron.

couleur chair
Le mélange des trois couleurs donne du marron

Ce marron n’est pas encore la couleur chair, mais il peut déjà être la base d’une peau africaine. Dans les zones d’ombre, il sera parfait. Il peut bien évidemment être modulé et nuancé.

Si on lui ajoute du jaune, il peut représenter,- ce n’est qu’un exemple-, les parties du visage qui seront plus exposées à la lumière.

couleur chair
Un peu plus de jaune l’éclaire

Si en revanche, on ajoute un peu plus de rouge, le ton devient plus cuivré et pourra représenter le passage de l’ombre à la lumière dans des zones neutres.

couleur chair
Plus de rouge

En revanche, si on ajoute plus de bleu, la couleur va s’assombrir pour presque se rapprocher du noir dans les zones les moins exposées à la lumière.

couleur chair
Plus de bleu, la couleur assombrit

Voilà. Donc, nous avons obtenu la première couleur de peau en mélangeant nos trois couleurs primaires.

Du blanc en plus pour la couleur chair

C’est à partir de cette couleur de peau africaine que nous allons obtenir  la fameuse couleur chair.

La peau « blanche », qu’est ce que c’est, en fait? C’est ce qu’on décrit le plus souvent avec cette fameuse couleur chair. C’est tout simplement exactement la même couleur que celle que nous venons de faire, mais éclaircie avec du blanc. Une peau d’européen, c’est une peau « noire » avec beaucoup moins de pigments. Donc, comment faire? En peinture, on va tout simplement traduire ça en ajoutant finalement un peu de blanc, et hop, comme par enchantement,la peau sénégalaise devient une peau suédoise :).

Comme quoi, la différence n’est pas grande entre nous tous, n’est ce pas?

couleur chair
les trois couleurs primaires plus du blanc

Et là, comme par magie, le marron devient rose et on a donc obtenu notre couleur chair.

couleur chair
le marron devient rose comme par magie

Maintenant, il faut nuancer la chose. Selon la couleur de marron qui a été utilisé ( c’est à dire dominance de bleu, de rouge ou de jaune), on aura aussi des roses différents. Là, on est vraiment sur de la couleur chair, mais elle est très pâle .

couleur chair
le marron devient rose comme par magie

On va ajouter un petit peu de jaune:

couleur chair
Avec un peu plus de jaune

La couleur chair devient ainsi un peu plus hâlée

couleur chair
la couleur devient plus dorée

Si, par contre , on ajoute une pointe de bleu, la couleur chair s’assombrit un peu pour des peaux plus basanées ou des zones d’ombre.

couleur chair
Une légère touche de bleu en plus

Maintenant, il ne reste plus qu’à jongler avec la teinte de base et l’ajout de blanc, mais plus ou moins prononcé, pour obtenir les couleurs de peau de la terre entière! C’est aussi simple que cela.

Toutes les couleurs de peau

Avec la couleur de base (donc rouge, jaune, pointe de bleu) on obtient une peau basanée et cuivrée

couleur chair
peu de blanc

On ajoute juste une pointe supplémentaire de jaune pour une peau africaine

couleur chair
Un peu plus de jaune

puis du blanc et un peu de rouge pour la peau européenne

couleur chair
Un petit peu plus de rouge

encore plus de blanc pour une peau claire de jeune fille

couleur chair
Un petit peu plus de blanc

Avec encore un plus de blanc et une pointe de jaune,  pour finir, on obtient une douce peau asiatique.

plus de blanc et de jaune

Voilà, il ne te reste plus qu’à expérimenter et faire tes gammes.  Tu sais donc maintenant comment obtenir très simplement et avec les couleurs de base que tu devrais avoir de toutes façons, la couleur chair et celle des peaux de l’humanité entière.

Si cet article t’a a plu, n’hésite surtout pas à le partager 😉

Merci à tous et à bientôt pour le prochain article.

 

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nombre d'or

Le nombre d’or, règle divine

nombre dorAs tu déjà entendu parler de la règle du nombre d’or? Mais oui, certainement. C’est à la fois la plus connue et la plus « chiante » des règles, car elle est régie par une équation mathématique à démoraliser tout artiste. Moi, en tout cas, elle m’a bien cassé les pieds.

Pourquoi un artiste qui est un être créatif, impulsif et instinctif devrait-il se torturer avec des formules mathématiques à la mord moi le…pinceau?

Certes, que des scientifiques s’y intéressent, c’est tant mieux. L’art fait parler de lui. C’est toujours bien de pouvoir expliquer les choses. Ça donne au sujet une validité sérieuse et une pertinence indéniable. Mais nous, les artistes, devons nous vraiment nous martyriser le cerveau avec des équations impossibles? Sans blague!

Regarde-moi ça!

Si on considère que a est la distance la plus  longue, et b la distance la plus courte, on a: a b divisé par  a = a sur b= phi (Φ), la lettre grecque qui désigne le nombre d’or. Après un calcul (trop) compliqué, on obtient 1  √ 5 sur 2, ce qui donne en gros 1,618033… et ça continue éternellement avec plein d’autres chiffres…

La voici donc, la formule magique qui mène à l’harmonie totale. Mouais…

Tu n’y comprends rien? Rassure toi, tu n’es pas seul(e) dans ce cas

De très nombreux artistes on peint des tableaux dans lesquels on retrouve effectivement cette règle du nombre d’or. Il est difficile, voire impossible, de prouver si c’était volontaire ou pas. Le nombre d’or, c’est la relation d’une ligne courte à une ligne plus longue, toujours dans les mêmes proportions, qui crée une harmonie considérée comme parfaite dans un tableau (ou une photo).

Peut on réellement imaginer les peintres de ces magnifiques tableaux exposés dans nos musées, armés de règles d’équerres, de rapporteurs et de compas? Peut-on les  voir en train de calculer et mesurer, formule mathématique magique à l’appui?  Les professeurs d’art soutiennent que oui…vous y croyez vous? Cette  affirmation nourrit les écrits des théoriciens de l’art, mais il y a peu de chances qu’elle corresponde à une réalité tangible.

Un artiste est rarement un génie des maths

Certes, l’artiste est à la recherche du beau, de l’équilibre. Mais non, il ne va pas calculer au millimètre près et mesurer chacun de ses traits, bien sûr que non. Le mythe a son charme, mais reste tout de même, très certainement, quand même du domaine du mythe. L’artiste a, ou acquiert forcément avec le temps un sens de l’équilibre. Ses outils sont ses mains, mais aussi ses yeux et son cerveau.

Le nombre d’or est partout dans la nature

Le cerveau aime ce qui est beau et reconnaît inconsciemment ce qui est harmonieux. De nombreuses études le montrent. La nature est harmonie, et répond de tous les côtés aux proportions de cette fameuse règle d’or . La façon dont les feuilles poussent sur une branche pour que chacune puisse avoir le maximum de lumière : la règle d’or. L’organisation des pistils ou des pétales de la fleur : la règle d’or. La forme parfaite du nautile ou du simple escargot, encore la règle d’or. Les rouleaux des vagues, les proportions du visage humain, du corps humain, l’étoile de mer, la tornade, il y a une infinité de choses en rapport avec ce nombre d’or.

Alors forcément, inconsciemment, le cerveau le reconnaît. Ce que le cerveau connaît, il l’aime aussi. Cela revient à dire que notre cerveau est programmé à voir les bonnes proportions et à les trouver belles. Si nous n’aimons pas une image, un tableau, c’est sans doute, si on fait abstraction des couleurs ou du thème, qu’il n’est pas harmonieux dans ses proportions.

nombre d'or
Le nombre d’or dans la nature

Le cerveau réagit au beau

Une équipe de l’université de Parme, autour du neurophysiologue Giacomo Rizzolatti,  a mené une étude  sur la réaction du cerveau en présence de la beauté ( publiée dans PLoS ONE).  Ils ont alors pu démontrer que l’activité cérébrale était plus intense en présence d’images représentant de belles choses. Cette activité avait lieu dans la partie du cerveau qui gère les émotions. Précisons que cette étude a été menée sur des sujets ne possédant aucune connaissance artistique, à l’aide d’un appareil impartial d’ imagerie à résonance magnétique (IRM).

Notre cerveau nous guide

Nous pouvons donc en déduire que notre cerveau est capable de reconnaître spontanément  la beauté. C’est dans doute ce qui pousse certains artistes à faire plusieurs esquisses d’un projet, pour se laisser instinctivement guider par leur intuition et choisir la composition qui parle finalement le plus à leur émotion. Ils vont tout intuitivement choisir la meilleure composition. Ils vont  placer les éléments au bon endroit et dans les bonnes proportions. L’esprit encadre le motif visuellement avant de le poser sur le tableau.

Certes, cela demande un peu d’entraînement et d’apprentissage, car évaluer une chose et la reproduire sont deux paires de manches. Cependant, fais confiance à ton cerveau. Si ton tableau te plaît vraiment, c’est sans doute qu’il est bon. Si tu as le moindre doute, tu as sans doute aussi raison: Il y a un grain de sable dans les rouages, il faut le trouver. Tu peux le faire en laissant ce travail retourné dans un coin de ton atelier sans le regarder pendant longtemps. Et puis, plusieurs mois plus tard, tu le retourneras et verras immédiatement ce qui ne va pas.

Quelques aides pratiques

Si on trace quelques points de repères sur la toile avant la première esquisse, on augmente la chance de ne pas se piéger soi-même en ayant un motif mal placé ou qui débordera de la toile, d’accord là dessus.

En déterminant à l’avance une forme géométrique dans laquelle va s’inscrire notre sujet, on va pouvoir grandement améliorer l’équilibre du résultat final, c’est une évidence. Si en plus, le motif principal se trouve à peu près au bon endroit sur la toile, c’est quasiment gagné.

Mais de là à utiliser une formule mathématique à l’aide d’instruments de géométrie pour arriver à déterminer le nombre d’or Φ au dixième de millimètre près, cela ne me semble pas vraiment compatible avec le travail d’un artiste…pas le mien en tout cas.

nombre d'or
PHI

Nous voilà bien avancés. Mais sur notre toile, qu’est ce que ça donne concrètement?

La partie la plus longue à droite du nombre d’or correspond à 61,8 % de la longueur totale, la plus courte étant donc de 38,2% de la longueur totale.

nombre d'or
le nombre d’or

Sur le rectangle d’une toile, ça donne ceci:

nombre d'or
Le nombre d’or

Chacun des points rouges correspond au nombre d’or, donc à Φ.

En photo, on se simplifie souvent la chose en divisant tout simplement la surface en 9 parties égales ( les appareils photos ont presque tous cette grille). En principe, il est possible de faire la même chose sur une toile. Il s’agit alors de la règle des tiers, une autre forme de composition très proche du nombre d’or, si proche même qu’on les confond souvent.

Règle des tiers
Règle des tiers

Si on veut tout de même se rapprocher encore plus du nombre d’or, on peut utiliser une astuce simple.On part donc de la division en Pour simplifier la chose,  on peut partir de cette division en 9 parties. Ensuite, il suffit d’agrandir un peu les rectangles extérieurs en repoussant pifométriquement les traits vers l’intérieur. Ce n’est pas scientifique du tout, mais ça marche!

le nombre d'or
Le nombre d’or

Les points d’intersection des nouvelles lignes correspondent à un poil près au nombre d’or.

le nombre d'or
Le nombre d’or

Ou encore

Pour se rapprocher encore un peu plus du nombre d’or, on peut utiliser une autre méthode. Il faut alors diviser la toile en 5 parties égales aussi bien verticalement qu’horizontalement. Cela nous donne 25 champs. La partie la plus longue comporterait 3 éléments, la plus courte 2.  Ce n’est pas le nombre d’or, mais ça s’en rapproche quand même énormément.

Le nombre d'or
Division en 25 champs

Un artiste n’étant pas forcément ni un matheux, ni un physicien. il se contentera donc presque toujours de cette approximation gràce à son centre émotionnel. Si le résultat n’est pas tout à fait conforme à ce qu’il avait prévu, il corrige selon son ressenti. Nos erreurs passées et futures seront nos meilleurs professeurs. Alors expérimentons encore et encore. Chaque nouvelle expérience, chaque nouvelle erreur, sera aussi une nouvelle leçon apprise.

Exemple avec une nature morte

Tu as décidé de peindre une nature  morte. Tu as disposé tes éléments sur une table de la façon qui te plaît le mieux. Soit en ligne, soit en pyramide, soit en cercle…, tout est possible. Ensuite, tu vas « photographier » visuellement le motif en le plaçant mentalement sur ta toile. Quand je dis photographier, ça peut être dans ta tête, mais ça peut aussi être à l’aide de ton téléphone ou de ton appareil photo. Tourne autour, fais plusieurs photos et choisis celle qui te paraît la mieux équilibrée comme base de composition. Pour éviter de déborder de tous les côtés, tu vas mettre quelques points de repères sur ta toile.

Le motif principal

Il y a un des éléments sur lequel tu veux particulièrement attirer l’attention. Prenons un objet de couleur contrastante, la pomme la plus rouge, par exemple . Pour renforcer l’attraction de l’oeil sur cet objet, tu le places donc sur l’un des quatre points de croisement du nombre d’or.  Voilà, tu as créé un pôle d’attraction. L’oeil va d’abord se poser sur cette pomme avant d’explorer le reste de l’oeuvre. Ces points attirant le regard, il vaut mieux éviter d’y mettre quelque chose qui ne soit pas important pour la compréhension ou l’équilibre de l’oeuvre.

Tu vas alors te rendre compte que, instinctivement, tu as placé les objets les plus grands à l’arrière pour qu’ils ne cachent pas les plus petits. Sur tes photos, tu as laissé un peu ou beaucoup d’espace autour de ton motif. Il ne touche probablement pas les bords. Ton instinct et ton sens de l’esthétique t’ont guidés pour cadrer le plus harmonieusement possible. Tu dois te laisser aller et faire confiance à cet instinct.

nombre d'or
Nature morte avec un pot de gingembre et des aubergines

Tu peux aussi vouloir provoquer un déséquilibre pour exprimer quelque chose de précis. On l’a déjà dit, en art tout est permis, du moment qu’on arrive à exprimer ce qu’on ressent. On n’a pas besoin de faire passer un message, mais si on veut le faire, la composition est une aide précieuse.

La règle du nombre d’or est assez barbante, c’est vrai. Heureusement, il y a d’autres formes de composition très intéressantes et beaucoup plus simples à appliquer dont je vais aussi te parler, tu verras.

Alors continue sur ton chemin et que les règles de compositions ne soient pas un frein à ton enthousiasme.

Si tu veux me laisser un commentaire, je me ferai une joie d’y répondre.

 

 

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Composition

La composition dans un tableau ou un dessin

composition

Le terme de composition inquiète un peu, beaucoup d’entre nous. Elle t’inquiète aussi, peut-être. Ne te laisse pas impressionner. Lors de mes études, j’ai moi-même mis très longtemps avant de vraiment comprendre ce que c’était, et surtout ce qui faisait qu’une composition était bonne ou pas. C’est pour ça que j’ai envie de t’aider.

La notion de composition n’est pas une notion facile, car elle est en réalité assez subjective et abstraite, même si elle suit un bon nombre de règles plutôt précises.  Pour moi, cette règle ou plutôt ces règles ont le charme d’un développement mathématique. Or, je défie quiconque de me battre sur le plan de la nullité en maths que déteste cordialement.

Cependant, n’oublie jamais, jamais: l’art c’est la liberté, parfois même la rébellion. C’est d’ailleurs sans doute mon côté rebelle qui s’exprime, mais si l’art n’a pas le droit d’être rebelle, qu’est-ce qui peut l’être? Certes, tu vas donc pouvoir et vouloir t’orienter aux règles de la composition. Cependant,  personne n’exigera de toi que tu en deviennes esclave, si cela doit mettre ton originalité ou tes convictions en jeu. Voilà, c’est dit.

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte

Dans la composition, il y a plusieurs paramètres qui jouent un rôle bien défini. Parmi eux, se trouvent:

La couleur

Il y a des couleurs vives, des pâles, des chaudes, des froides. La composition peut être basée sur le contraste de ces couleurs. Elle peut aussi , au contraire, jouer sur la proximité des couleurs entre elles, sur l’harmonie, sur la complémentarité, sur les différences de valeurs etc… Grâce aux couleurs utilisées, on va pouvoir déterminer si l’impression générale sera sereine ou agitée, chaude ou froide, gaie ou triste, claire ou sombre, joyeuse ou angoissante etc…L’impression générale sera grandement influencée par le choix des couleurs, mais aussi par

La place des éléments dans le tableau

Bien que souvent déclaré comme le paramètre le plus important ( en fait, surtout le plus mathématique) il est loin d’être le seul à jouer un rôle important dans la composition.

Le motif principal et le ou les motifs secondaires

Selon l’endroit où seront placés les motifs, leur forme et leur taille, on pourra reconnaître ceux qui dominent. Ce seront les plus importants à découvrir immédiatement. Les motifs secondaires, quant à eux, amèneront l’observateur à « se promener » dans l’image. Il est possible de combiner plusieurs règles de composition dans un même tableau.

Selon la façon dont seront réparties les masses, le tableau paraîtra harmonieux  ou chaotique, équilibré ou pas. Cette règle est importante si on veut faire passer un message particulier, pour être bien sûr  d’être compris. En fait, c’est une sorte de code qui guide le spectateur attentif dans l’oeuvre.

Ne pas trop se prendre la tête

Il existe un très grand nombre de variantes de composition, donc, les possibilités d’être complètement à côté de la plaque sont nombreuses aussi. En revanche, instinctivement, on peut créer un tableau harmonieux au feeling, et se rendre compte après que le motif se place dans un triangle, un cercle ou une ellipse, ou que le motif principal est dans le rectangle d’or. C’est là qu’on laisse les critiques d’art se défouler:

 » L’artiste s’est décidé dans cette oeuvre pour une composition en triangle. Il l’a fait dans un but bien précis. Par ce choix qui est loin d’être anodin, l’artiste a voulu exprimer ici… »blabla, blabla, blabla. 😉

Ah si on ne les avait pas, on ne saurait parfois soi-même pas vraiment ce qu’on a réellement voulu dire. Qu’ils en soient remerciés. 🙂

Donc, s’il y a une grande variété de possibilités de composition, il y a une variété toute aussi grande de risques de se planter. Cependant:

qui ne risque rien, n’a rien

-et c’est en faisant des erreurs qu’on apprend le plus

Alors pas de panique!

Dans les cours, on nous parlait en long, en large et en travers de la porte d’harmonie au nom si joli et du nombre d’or, si précieux ou du rectangle d’or, si brillant. À cela s’ajoutaient aussi la diagonale, le centre, la ligne de force, les verticales parallèles et leur utilité. On nous  présentait également des règles, celle des tiers, celle des trois plans et bien d’autres encore.  On nous montrait des tableaux s’inscrivant dans des constructions géométriques en ovales, en triangles, en carrés joints etc…

Pendant ces cours, on nous apportait des exemples tout décryptés, censés expliquer le pourquoi et le comment de telle ou telle règle. Sincèrement, j’avais souvent du mal à voir réellement l’intention formelle de l’artiste. Certains de ces exemples me paraissaient très tirés par les cheveux.

Croyez vous vraiment que tous ces peintres connus, ces génies de la peinture ou du dessin se soient martelés la cervelle à faire des calculs géométriques compliqués avant de commencer à peindre ou de dessiner?

Les artistes sont des gens qui travaillent avec le cerveau droit. C’est le côté du cerveau qui est en ébullition pendant la phase créative. Ce côté là n’aime pas calculer, planifier, il déteste les chiffres. Tous ces artistes dont les compositions s’inscrivent si bien dans le cadre de l’une ou plusieurs de ces règles auraient-ils « prémédité » leur acte? Ils auraient minutieusement divisé leurs toiles en formes géométriques et se seraient adonnés à des calculs complexes et laborieux avant de commencer à peindre?Je n’y crois pas.

Ne pas noyer sa créativité dans des règles trop rigides

Certains d’entre eux, très académiques comme Ingres qui était aussi professeur de peinture, ou scientifiques comme Léonard de Vinci et leurs disciples, sans doute, mais certainement pas tous. Il paraît même que le peintre Caspar David Friedrich travaillait avec un compas et une équerre, c’est fou non?

La composition est à la peinture ce que l’analyse de texte est  à la littérature. Elle vient le plus souvent de l’intuition de l’artiste et est découverte et commentée par l’historien de l’art. Et c’est très bien comme cela.

Laisse parler ton intuition en composition, et redresse le tir

Il n’est pas de tableau qui n’ait pas naturellement sa composition. Si le tableau donne une impression d’équilibre et fait vibrer une corde chez l’observateur, c’est que la composition est bonne. Sur ce point, tout le monde est d’accord. Cependant, ça ne veut pas dire pour autant que l’artiste s’est démené comme un beau diable pour faire rentrer son sujet dans un triangle, duquel va s’élever une diagonale, qui va aboutir dans le motif ellipsoïdal suivant, à l’angle opposé du tableau? Cela est bien sûr du domaine du théorique et ennuie beaucoup d’artistes. Les règles sont là pour aider, pour soutenir, pas pour emprisonner. C’est pourquoi il est quand même bon d’en connaître au moins quelques unes, histoire de comprendre ce qui cloche parfois dans l’équilibre de ton travail.

Au vu de ces considérations, je suis très partisane de laisser s’exprimer son artsans trop se casser la tête. Il est toujours possible corriger et rajouter ou enlever des éléments. Ainsi, on peut parfaire la composition au fur et à mesure. Le hasard et l‘inconscient faisant bien les choses, il y a de grandes chances d’être dans une des nombreuses possibilités de composition. Ceci n’est pas très académique, je sais…mais vérifié.

Je vais te présenter les règles de composition les unes après les autres au lieu de tout mettre à la fois dans un article. Ce sera sans doute plus facile à assimiler et à digérer. Tu auras le temps de t’entraîner à les mettre en pratique.

Aujourd’hui, nous allons donc voir

La composition triangulaire

Lorsque les trois côtés ont pratiquement la même longueur, cette composition traduit la tranquillité, l’harmonie, la clarté, la force aussi, mais sans le mouvement. C’est d’autant plus vrai si le triangle a trois côtés égaux. Le triangle donne une impression d‘ordre. Il y a là un côté statique presque immobile. C’est pourquoi cette composition a souvent été utilisée dans les tableaux de la renaissance à contenu religieux.

La spiritualité

composition
Leonard de Vinci

La douceur

composition
Theodor Rehbenitz, Italia  et Germania

La force

composition
affiche star wars

D’ailleurs, si vous regardez les affiches de star wars, par exemple, vous constaterez aussi qu’elles sont aussi pratiquement toutes en triangle. La force est en elles 😉

La force concentrée

composition
Christian Vey

la force des éléments

composition
à la fois puissant et triste

Le triangle peut cependant aussi prendre un autre format. Ses côtés n’ont plus la même taille. L’ensemble reste calme, mais il peut y entrer une autre composante, telle la tristesse, par exemple, ou une certaine gêne.

La tristesse

composition
tristesse ou mélancolie

Il ne faut pas absolument faire entrer entièrement le sujet dans le triangle de façon raide et géométrique, bien sûr. Il suffit de l’ y inscrire dans ses grandes lignes.

La tranquillité

composition
Elle ne lit pas un livre de blagues

La composition triangulaire est souvent utilisée dans les natures mortes qui, comme leur nom l’indique, ne dégagent pas une énergie débordante, mais plutôt une impression de calme et de sérénité

l’harmonie

Composition
cézanne

la sérénité

composition
fleurs

En résumé, le triangle est harmonisant. Il est donc utilisé pour des sujets sans grand dynamisme, parfois même un peu nostalgiques ou très romantiques.

le romantisme

Composition
Claude Monet

As tu déjà utilisé cette forme de composition triangulaire dans ton travail? Consciemment ou inconsciemment?