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Couleurs primaires

les couleurs primaires pour commencer en peinture

Qu’appelle t’on couleurs primaires? Combien de couleurs faut-il pour commencer en peinture et lesquelles? Nombre d’entre vous se posent la question.

Devant la multitude des teintes proposées en tubes, comment savoir celles qu’il faut prendre en premier, histoire de se limiter un peu quand même. Surtout si on sait qu’il nous est possible de les obtenir quasiment toutes par des mélanges.

Vous vous souvenez qu’à l’école, on vous avait parlé de couleurs primaires : le rouge, le bleu et le jaune. Celles là, déjà, vous voulez les prendre et, en principe, vous avez raison. Vous choisissez donc le rouge qui vous semble le plus rouge, un bleu qui correspond à l’image qu’on se fait du bleu et un jaune ni trop clair, ni trop foncé.

couleurs primaires
couleurs primaires

Comme vous le savez peut-être, sûrement même, en théorie, il suffit de trois couleurs de base pour obtenir toutes les couleurs possibles. Ces trois couleurs ne peuvent être obtenues par le mélange d’autres couleurs entre elles. C’est donc pour ça qu’on les appelle  les trois couleurs primaires.

Si vous observez un tableau de Piet Mondrian, vous allez pouvoir reconnaître  ces fameuses trois couleurs primaires.

Mélange des couleurs
Les 3 couleurs primaires plus le blanc

Vous avez alors essayé de mettre en pratique la théorie qu’on vous a enseignée à l’école.

rouge + jaune = orange

jaune + bleu = vert

rouge + bleu = violet

Vous avez donc décidé de mélanger les couleurs entre elles pour voir ce que ça va donner. Allons y.

Les couleurs primaires

Vous avez pris vos trois couleurs de base que vous avez déposées sur une palette (ou comme moi, sur une vielle assiette en porcelaine, parce que le blanc de l’assiette permet de bien voir la couleur obtenue):

couleurs primaires
couleurs primaires

Bleu  primaire, rouge primaire et jaune primaire . Ces couleurs sont impossibles à créer par le mélange d’autres couleurs. Elles sont donc, en principe, la base de toutes les autres.

Tout d’abord, vous avez mélangé le jaune et le bleu. La magie a opéré, vous avez bien obtenu du vert. C’est un vert assez  foncé à tendance caca d’oie, pas super joli. Ce n’était peut-être pas le beau vert dont vous aviez envie, mais en tout cas, c’est un vert, donc , ça marche. Ça commence donc plutôt bien!

couleurs primaires
jaune et bleu donnent du vert

Puis vous avez mélangé le rouge et le jaune. La magie continue à opérer, vous obtenez bien un orange plutôt digne de ce nom.

couleurs primaires
rouge et jaune donnent orange

Il ne reste plus que le rouge et le bleu. Vous êtes donc sûrs que vous allez obtenir un violet. Vous mélangez alors allègrement ces deux couleurs primaires ensemble,

couleurs primaires
On mélange le rouge et le bleu et on obtient…

et …beurk…vous obtenez une couleur sombre et moche qui ressemblerait plutôt à de l’aubergine, mais un peu crâmée quand même. Certes, on dit que l’aubergine est violette, mais ce n’est pas du tout  un beau violet.

couleurs primaires
et on obtient une couleur se rapprochant plus du noir que du violet

Pourquoi?

En fait,  à l’école, on ne vous a pas tout dit, et surtout, on ne vous a pas fait prendre les bonnes couleurs pour que la théorie fonctionne. Il ne faut pas se contenter de prendre uniquement les tubes sur lesquels les couleurs sont qualifiées de primaires (surtout que ca change d’une marque à l’autre)

En réalité, les trois couleurs primaires ci dessus se comportent comme elles le doivent lorsqu’elles interagissent avec la lumière. Le bleu et le rouge mêlés dans la lumière donnent un très beau violet. Sur le papier, on ne peut pas en dire autant. Le jaune et le bleu donnent un vert lumineux et rayonnant lorsque la lumière les unit. Sur le papier il semble plutôt sale. La couleur orange par contre est tout à fait bien.

Pourquoi est-ce comme ça? Parce que la théorie des couleurs est basée au départ sur la loi des mélanges tels qu’ils apparaissent dans l’arc en ciel, c’est à dire avec l’action  de la lumière et la transparence. Or, notre papier n’est pas traversé  par la lumière et les pigments de nos peintures sont opaques, donc, ça ne marche tout simplement  pas. Ca ne veut pas dire qu’on ne pourra pas s’en servir pour des mélanges, mais elles ne suffiront pas pour faire TOUTES les autres couleurs

Alors comment faire?

Ce n’est donc pas du tout  vrai  qu’on puisse faire toutes les couleurs à partir des trois couleurs primaires?

Eh bien si, mais pas tout à fait comme vous le pensiez. Si, sur le tube, seulement  trois d’entre elles s’appellent primaires, elles ne sont pas suffisantes, voire, ce ne sont pas celles à prendre en exclusivité.

Trois couleurs primaires et du blanc pour quasiment TOUT faire

Les trois couleurs primaires en peinture opaque sont le bleu cyan, le rouge magenta et le jaune. Ce sont aussi exactement les trois couleurs qui sont utilisées en imprimerie pour obtenir toutes les autres.

couleurs primaires
couleurs primaires

Le bleu cyan est un bleu qui tire un peu vers le turquoise

le rouge magenta ( aussi appelé fuschia) est un rose soutenu tirant légèrement vers le bleu

et le jaune est un jaune qu’on pourrait qualifier de jaune soleil ou de jaune d’or

ABOOOOONNN! Mais pourquoi ne nous le dit on pas à l’école???

Je n’en sais rien.

Dans de nombreuses écoles, on continue à apprendre aux enfants à mélanger les couleurs dites primaires ( voir le triangle de couleurs ci-dessus)  parce qu’on se réfère aux rayons de lumière qui se comportent comme on nous le décrit en se mélangeant. Par contre, on ne cherche pas à faire la différence entre la toile ou le papier, et l’espace. C’est fatal parce que c’est cette expérience négative qui va frustrer bon nombre de petits artistes en herbe qui terminent leur chef d’oeuvre dans un mélange sale de trois couleurs inappropriées. Avec un petit peu de malchance supplémentaire, on leur autorise aussi le blanc et le noir. Là, la catastrophe est assurée.

Si à la place, on leur propose juste les trois autres couleurs dont je vous ai parlé plus haut(cercle), Magenta, cyan et jaune citron, on sent comme une libération. D’un seul coup, ils se sentent capables de créer des harmonies incroyables et prennent leur envol artistique.

Le secret

Voulez vous que je vous dévoile un secret ? En peinture, si on leur ajoute nos premières couleurs primaires, on peut vraiment faire un  nombre infini de couleurs et de nuances, y compris le noir. Seul le blanc, obtenu par le mélange de toutes les autres en faisceau lumineux, ne sera pas possible à faire en mélange opaque.

Donc, il ne faut pas trois couleurs, en réalité. Certes, ces couleurs  que l’on ajoute sont aussi bleu jaune et rouge, mais dans un autre spectre. Les imprimeurs l’ont bien compris car ils les utilisent  pour effectivement obtenir TOUTES les couleurs. Et c’est là le truc.

Pour obtenir toutes les couleurs, il faut deux sortes de bleu, deux sortes de rouges et deux sortes de jaunes. Le mélange de ces couleurs entre elles apportera toutes les nuances qui manquaient à nos trois couleurs de base. C’est là le secret qui va faire toute la différence.

Alors recommencons l’expérience avec nos trois nouvelles couleurs primaires.

couleurs primaires
couleurs primaires II

Je mélange le jaune et le magenta et j’obtiens…un rouge primaire!

Tiens, mais c’est marrant ca, du vrai rouge? Oui.

couleurs primaires
Magenta+jaune = rouge vermillon

Voilà donc déjà une couleur que je n’aurai pas besoin d’acheter en tube 😉

Pour obtenir la couleur orange, il ne me reste plus qu’à ajouter du jaune à ce rouge.

couleurs primaires
Orange

Je mélange le cyan et le jaune

couleurs primaires
bleu cyan + jaune = ?

et j’obtiens un vert pomme.

En ajoutant encore une pointe de bleu primaire, je peux le foncer. Avec du jaune, je l’éclaircis.

Maintenant, je mélange le magenta et le cyan

couleurs primaires
magenta+cyan = un vrai violet

et…j’obtiens un vrai violet!

Pour résumer

Pour débuter en peinture, je n’ai besoin que de CINQ COULEURS

Magenta

Cyan, bleu primaire

jaune primaire, jaune citron

Et avec ces couleurs primaires, vous pouvez créer une infinité d’autres couleurs.

Par exemple la couleur « chair » ici.

Nous en détaillerons d’autres dans de prochains  articles.

à bientôt donc,

Ariane

 

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lacis

Le glacis pour sublimer un tableau

glacis

Sublimer un tableau avec un glacis? Qu’est ce que cela veut dire?

Tu viens de terminer un tableau. Il est sec si tu l’as peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que tu as utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique.

Les couleurs à l’huile sont bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux l’un après l’autre ou même en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. À mon avis, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage, car il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus jusqu’à la fin.  Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Malheureusement, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Cependant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes, je trouve.  Moi, je compare toujours la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Ton tableau te plaît, donc, et  il te semble terminé. Cependant,tu n’es pas à 100% satisfait.  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les séparations entre les plages de couleurs te paraissent un peu brutales. Il est esthétique, mais il ne vibre pas. Alors, tu vas faire quelque chose de merveilleux, de magique. Tu vas  faire ce que l’on appelle un glacis.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? Méthode beaucoup utilisée des anciens flamands, elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si tu aimes l’acrylique, c’est ton droit le plus strict.

Tu connais cette situation, quand quelqu’un près de toi a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à toi, tu lui souffles un petit peu sur le visage ou tu passes doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu rêves? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents à des endroits différents sur un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est d’unifier. Il va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau sont bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace parfois même le vernissage.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une épaisse couche d’huile, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

Glacis
Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, tu n’auras que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que tu n’as pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

glacis
médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de ton oeuvre. Pour confirmer ton choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si tu manques encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peins une surface  en acrylique de la couleur se rapprochant le plus possible de celle de ton tableau. Ensuite, recouvre-la de glacis et vois si la couleur te convient.

Cependant, il peut arriver que tu te trompes et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

glacis
symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas aussi bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour te faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs n’ayant en fait pas grand chose à faire ensemble. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

glacis
Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme tu l’as vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

glacis
le glacis ocre
glacis
avant glacis
lacis
après glacis

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs.

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs.

 

 

 

 

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catalogue d'idées

le secret du catalogue d’idées

catalogue didees

Pour ne jamais manquer d’inspiration, il est très intéressant et facile de se créer un catalogue d’idées. Il sera une source inépuisable de motifs et d’émotions. Je te livre ma méthode.

Tu te promènes tranquillement, tu fais des courses, du tourisme, ou tu rentres chez toi. Comme tu es peintre, tu as évidemment les yeux bien ouverts sur le monde, toujours à l’affût du tableau à faire, de l’image qui va attirer ton regard. Soudain, tu vois un motif vraiment intéressant. Tu meurs d’envie de le peindre, mais tu n’as  même pas un carnet de croquis sur toi.  Hélas, Tu  sais  que la mémoire est furtive et que l’image va s’affaiblir avec le temps pour disparaître de ton esprit et c’est tellement dommage! Tu décides de revenir plus tard, le lendemain. Ne nous leurrons pas, neuf fois sur dix, tu ne reviendras pas.

Si tu reviens le lendemain, tu ne retrouves plus la même atmosphère. Le charme est rompu. La lumière aussi a changé. Ce n’est plus intéressant, ta déception est grande. Es tu toi-même dans le même état d’esprit, dans le même état émotionnel qu’hier? Difficile à dire. Il y a de grandes chances pour que la réponse soit non. Alors que faire?  Il faut trouver une solution pour capturer ce moment, cet instant, la magie de cette image qui te parle tant. C’est ici qu’entre en jeu l’idée du catalogue d’idées.

Garder l’image

catalogue d'idées
Paul Cézanne

Je suppose que, comme tout le monde, tu ne sors plus sans ton smartphone. Tu vas donc le sortir de ta poche, et prendre une, ou même plusieurs photos de ce sujet qui te touche et que tu veux garder en tête. Varie les angles et les compositions.

Garder l’émotion dans son catalogue d’idées

Maintenant, tu as des photos, plein de photos sous plusieurs angles différents, mais rien ne dit que tu retrouveras l‘émotion que tu as ressentie lors de la découverte.

Enregistrement audio pour le catalogue d’idées

Pour cela, il y a un deuxième moyen très simple mais terriblement efficace. Tu vas tout simplement aussi faire un enregistrement audio. Ta voix  va être calme et posée et traduire ce que tu ressens au fond de toi. Tu vas décrire avec le plus de détails possibles absolument tout ce que tu vois et exprimer tes impressions et tes émotions.

Pourquoi tout décrire puisque tu as fait plusieurs photos? Parce que la mémoire émotionnelle est furtive. Ce que tu vois maintenant, tu le vois avec ton émotion du moment présent. Certains détails émotionnels ont une importance primordiale justement maintenant. Il n’est pas sûr que tu les ressentes à nouveau pas lorsque tu regarderas tes photos, ou qu’ils ne s’affaiblissent avec le temps. Décris en détail ce que tu penses, ce que tu vois, comment tu le vois, ce que l’image t’inspire, ce que tu ressens au fond de toi. Parle de l’air, de la température, de l’atmosphère ambiante Tout cela fera partie de ton catalogue d’idées et t’aidera à te replonger dans l’ambiance du moment quand tu le désireras.

En parlant, tu précises les points importants de ton catalogue d’idées

catalogue d'idées
Auguste Renoir

Lorsque tu décris ce que tu vois, tu t’obliges à porter ton attention sur les moindres détails.  Pourquoi la poussière du chemin semble t’elle être bleue quand elle est à l’ombre? Tu vas peut-être avoir envie de refaire quelques photos de ces détails et c’est une bonne idée. Plus tu auras d’éléments visuels et auditifs, plus il sera facile de te replonger dans cette atmosphère, de t’immerger à nouveau dans ce que tu es en train de voir et de ressentir là, maintenant.

Penser tout haut

Si tu t’attaches à voir et à penser tout haut, tu vas élargir ta perception et mettre l’accent sur des points précis que tu n’avais même pas remarqué au début et qui pourtant auront peut-être une grande importance pour la suite de ton travail. Ce sont peut-être même eux qui créent cette atmosphère si spéciale pour toi en ce moment.

Au fur et à mesure que tu vas parler, que tu vas découvrir de nouveaux éléments, tu vas prendre de nouvelles photos. Tu vas continuer ainsi jusqu’à  être sûr d’avoir vraiment bien cerné ton sujet.

Si tu as des gens autour de toi, ne t’en occupe pas. Il y a tellement de personnes qui téléphonent en parlant dans la rue ou n’importe où, que personne ne fera vraiment attention à toi. Et puis, de toutes façons, cela n’a aucune importance.

Cependant, certaines personnes préfèrent écrire. Tu peux bien évidemment remplacer le dictaphone pas un émail long et détaillé  que tu vas t’envoyer à toi-même. Mets dans tes mots et dans tes phrases toute l’émotion que tu ressens en toi. N’aie pas peur d’exagérer, même. Dans un catalogue d’idées, l’exagération est permise. Il n’y a que toi qui le liras.

Dans l’atelier

catalogue d'idées
Edvard Munch, le cri

Plus tard, dans ton atelier, quand tu regarderas ces photos, tu te souviendras alors comment tu as aimé ( ou pas, d’ailleurs!) ce lieu, son atmosphère, le cadre, mais peut-être que tu ne retrouveras pas forcément vraiment l’émotion qui t’a habitée à ce moment précis, si tu n’as que des images.

Par contre, tu vas y replonger complètement  lorsque tu vas écouter l’enregistrement que tu as fait. Un peu comme dans une séance d’auto hypnose, tu vas confortablement t’installer dans un fauteuil ou dans ton canapé, tes images face à toi en diaporama ( ou au mur si tu les as imprimées)  et tu vas réécouter tout ce que tu as dit. Tu vas alors sentir remonter toutes tes impressions, toutes tes émotions, revoir la situation, le moment.

Dépasser l’aversion à sa propre voix

Peut-être que tu n’aimes pas ta voix. Nous sommes tous un peu comme ça. Cependant, ne fais pas attention à cela. Même si tu n’as pas l’habitude de t’entendre parler, tu t’y feras très vite. En attendant, fais abstraction du son et écoute attentivement le message que tu t’es envoyé à toi même. Les mots sont importants. En même temps, regarde les photos que tu as prises. Concentre toi sur le message, pas sur le son ou l’imperfection éventuelle des prises de vues.

Une belle documentation

Tu te rends alors compte que tu t’es constitué une magnifique documentation, un véritable catalogue d’idées qui ne demande plus qu’à être révélé sur une toile? Grâce à ce catalogue d’idées très complet, tu vas pouvoir faire tout un tas d’esquisses en plus de ton tableau final.

C’est peut-être même une excellente occasion de tester  de nouvelles techniques. Tu vas faire une synthèse de tout cela. Une peinture qui serait peut-être restée banale, va devenir une oeuvre chargée de quelque chose en plus qui va transparaître. Ta main, guidée par ton inconscient, va apporter ce petit plus qui va transcender ton oeuvre, et, sans vouloir rentrer dans des considérations métaphysiques ou ésotériques, cela va tout naturellement se transposer sur ta toile.

Pour prendre un exemple simple, c’est un petit peu comme quand tu chantes une chanson. Si c’est juste une mélodie et que tu as une jolie voix, ce sera agréable à entendre, mais si tu y mets toute ton émotion, tu vas littéralement donner des frissons à ceux qui t’écoutent. C’est ce qui fera toute la différence et rendra ton oeuvre unique.

Traduire en abstrait

catalogue d'idées
Coucher de soleil près des rails

Rien ne dit que tu doives reproduire cette image de façon réaliste. Une émotion peut être aussi représentée sous un aspect totalement différent, voire même complètement abstrait. Tu peux la transformer et la traduire sous forme de couleurs, de surfaces, de plages différentes géométriques ou souples et y laisser couler toutes les impressions que tu avais ressenties. Ondule avec le son que tu entends et les photos que tu regardes, ou bas-toi contre elles. Aime les ou révolte toi. Laisse ton esprit et ton image intérieure guider ton bras, ta main et tes yeux. Soleil, vent, chaleur, orage, tout cela transparaîtra.

catalogue d'idées
Mark Rothko

Photographier les matières

L’image qui a attiré ton attention peut aussi provenir d’une matière particulièrement intéressante. Tu t’es arrêté devant un arbre dont l’écorce était vraiment étrange ou belle. Un mur à la peinture écaillée a aimanté ton oeil de façon irrésistible. Un morceau de bois à la veinure ondulée t’a transporté dans d’autres sphères. Ou bien cette pierre, si grise et si nuancée à la fois. Photographie tout cela aussi et décris verbalement toutes tes impressions et tout ce que tu vois, exactement comme s’il s’agissait d’un paysage ou n’importe quelle autre scène.

Effets de matières

catalogue d'idées
nuances de la pierre

Selon le motif que tu es en train d’explorer, tu vas tester des textures et des teintes différentes. L’image est elle douce ou violente? les couleurs seront elles dégradées ou bien séparées les unes des autres? Peut-être même se chevaucheront-elles et seront elles superposées pour en créer de nouvelles?

La joie, la tristesse, le bonheur, la sérénité, la peur, la lumière, l’harmonie, le chaos, tout peut être exprimé. Quelle technique sera la plus appropriée pour traduire au mieux tout cela sur le papier ou sur la toile?

Expérimenter encore et encore

Rien ne sera perdu de ce que tu vas faire, car tout va se transformer en expérience, en leçon, même et surtout les ratés, les erreurs. Il est extrêmement utile de savoir ce qu’il ne faut pas faire. Or, le meilleur moyen de le découvrir et de bien l’imprimer dans son cerveau, c’est de l’avoir expérimenté soi-même. Réjouis toi de tes échecs, ils sont tes meilleurs professeurs. Ne les laisse pas te décourager, au contraire. Sois plein de gratitude envers eux, ils te montrent le chemin plus sûrement que n’importe quel prof. Tu vas noter tout cela aussi dans ton catalogue d’idées.

Tes erreurs sont tes alliées

L’expérience personnelle est bien plus forte que tout ce qu’on peut lire ou voir. Tant qu’on n’a pas vécu le résultat d’une expérience par soi-même, on ne peut pas se l’approprier. Rien ne peut la remplacer.

C’est un peu comme si on essaie d’expliquer à un petit enfant qu’il ne doit pas toucher la bougie pour ne pas se brûler. Tant qu’il ne l’a pas expérimenté lui-même, il ne peut pas comprendre, c’est impossible. Pour lui, ça ne veut rien dire, parce qu’il n’a pas encore fait la douloureuse expérience de la brûlure. Le jour où il se brûlera, même légèrement, alors là, cette phrase prendra enfin un sens concret pour lui et ce sera pour la vie.

En fait, en art, c’est la même chose. On ne peut pas connaître réellement un processus créatif si on ne l’a pas testé soi-même. Si on n’a pas intériorisé le mécanisme, qu’il soit positif ou négatif, on ne peut pas le faire sien. Plus tu expérimenteras, plus tu seras riche de savoir, et plus tu maîtriseras ton art. Ne redoute pas les erreurs, car elles te font avancer.

L’appareil photo et le dictaphone sont donc des outils précieux pour se créer de belles documentations et un catalogue d’idées et d’inspiration quasiment inépuisable. Restons curieux et marchons dans la vie, les yeux et l’esprit grand ouverts. Remplis ton catalogue d’idées pour y puiser selon tes besoins.

Et toi, quelle est ta technique de catalogue d’idées pour garder tes images dans ta tête et dans ton coeur?

 

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