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Le glacis pour sublimer un tableau

  1. glacisLe glacis

Sublimer un tableau avec un glacis de surface? Qu’est ce que cela veut dire?

Vous venez de terminer un tableau. Il est sec si vous l’avez peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que vous avez utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique. Elle a beaucoup plus de subtilité et de profondeur, fait vivre et vibrer les couleurs, mais demande un peu plus de patience.

Les couleurs à l’huile sont en effet bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse que l’acrylique, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux simultanément ou en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. Ça  a aussi l’ avantage de permettre de prendre du recul vis à vis de son travail. On a la possibilité de découvrir des erreurs de formes, de composition ou de couleur. On peut alors rectifier le tir avant de glacer le tableau, ce qui n’ est pas mal.

La récompense de la patience

Car, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage. Il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus du début la fin.  Il est bon de prendre un peu de distance. Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et on peut le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Cependant, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Chacun fait comme bon lui semble. Je n‘ai pas à juger, et l‘acrylique à certainement des qualités que je ne lui ai pas encore découvertes. Pourtant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes jà l’huile, je trouve.  Moi, je compare parfois la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et l’acrylique avec une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse, ni la profondeur du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Votre tableau vous plaît, donc, et  il vous semble terminé. Cependant, la satisfaction n’est pas à 100% .  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les liaisons entre les plages de couleurs vous paraissent un peu brutales. Il est esthétique, certes, mais il ne vibre pas. Alors, vous allez faire quelque chose de merveilleux, un geste magique. Vous allez  faire ce que l’on appelle un glacis de surface.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? 

Cette méthode a beaucoup été beaucoup utilisée des anciens flamands. Elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si vous aimez l’acrylique, c’est votre droit le plus strict.

Vous connaissez cette situation: quelqu’un près de vous,  a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à vous, vous lui soufflez un petit peu sur le visage ou vous passez doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu es là? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis de surface est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents sur des surfaces  différentes d’ un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est aussi d’unifier. Le glacis va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches si on veut aller plus en transparence.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau soient bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace souvent même le vernis.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une couche épaisse et opaque, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents dilués. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au résultat final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne surtout  pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

Glacis
Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, vousn’aurez que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que vous n’avez pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

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médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de votre oeuvre. Pour confirmer votre choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si vous manquez encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peignez une surface  en acrylique dans les tonalités se rapprochant le plus possible de celle de votre tableau. Ensuite, recouvrez-la de glacis et voyez si la couleur vous convient.

Cependant, il peut arriver que vous vous  trompiez et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

glacis
symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas très bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente ou semi- opaque. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour vous faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs ne Formant  en fait pas une réelle harmonie. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

glacis
Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme vous l‘avez vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

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le glacis ocre
glacis
avant glacis

Avant glacis, les couleurs sont séparées, n‘ont pas les mêmes  valeurs et se gênent entre elles.

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après glacis

Une fois le glacis passé sur toute la surface, l‘ensemble s‘est unifié.

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa trop grande pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs. Les blancs restés entre les plages de couleur ont disparu pour donner une image plus „finie“

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis de surface, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs. C’est la touche finale du tableau, le souffle de vie.  Tentez l’expérience pour en découvrir la magie.

À bientôt pour un prochain article!

Ariane

 

 

 

 

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Pourquoi faut-il un chevalet pour peindre ou dessiner?

chevalet

Beaucoup de débutants ont un problème avec le chevalet.

Pourquoi les peintres utilisent ils  un chevalet pour travailler? Pour sa verticalité. Et qu’est-ce qui gêne les débutants dans le chevalet? Eh bien c’est justement cette verticalité. Habitués depuis l’enfance à dessiner sur une feuille posée sur une table, on a tous pris l’habitude d’appuyer notre main pour dessiner ou peindre. Une fois le support  devenu vertical, ce point d’appui manque et on a l’impression de ne plus pouvoir guider son geste de façon maîtrisée. Tu connais ça aussi?

Or, c’est exactement le contraire qui se produit

Alors qu’on pense ne plus pouvoir guider son pinceau ou son crayon de façon maîtrisée,  lorsque le bras est libre, c’est exactement le contraire qui se produit. Il faut  juste avoir acquis un peu d’entraînement. Le geste n’est plus retenu par une surface qui le bloque. Il peut devenir plus ample et plus souple, se mouvoir dans l’espace autour de la toile  ou du papier sans être freiné.

Un angle différent

Lorsqu’on peint ou dessine sur une table, on a un angle de vue très pointu.  Plus on est proche du travail, plus cet angle se rapproche de l’horizontale. Pour nous , ça signifie que l’image que nous sommes en train de créer sera déformée pas rapport à l’aspect final lorsqu’on la portera à ses yeux pour la regarder. Cela se voit particulièrement bien dans les portraits. On remarque que les visages dessinés à plat  deviennent plus allongés. Le portrait d’un enfant dessiné sur une table deviendra un portrait d’adolescent si vous le redressez car les proportions ont changé. On peut utiliser ce phénomène comme procédé pictural, mais si l’on veut reproduire des proportions correctes, la position horizontale de la toile ou du  papier est à déconseiller.

Ce dessin représente une tête d’homme. Il a été fait sur une table. Le dessin semble correct. c’est ce que je vois quand il est posé sur ma table. Jusque là, rien d’anormal.

chevalet
dessin sur table

Maintenant, je redresse le dessin pour le mettre face à moi

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le dessin est allongé

Là, tu remarques que le dessin est beaucoup plus étiré en hauteur.

Donc, si tu veux un dessin de propotions  « normales » , tu es obligé de réfléchir et de bien racourcir les traits en hauteur si tu travailles sur table.

C’est donc en fait beaucoup plus compliqué decontrôler son travail  sur une table horizontale que de dessiner à hauteur des  yeux et d’avoir sa page perpendiculaire à 90° ou 95° face à soi.

Ceci dit, encore une fois, cela peut faire l’objet  d’une recherche d’effet spécial que l’on veut obtenir, auquel cas cela ne présente plus d’inconvénient. En art, tout est permis, et c’est justement cette liberté infinie qui est tellement grisante

Un chevalet est donc indispensable pour maîtriser réellement son travail

Maintenant, si on considère un motif abstrait, cela a évidemment beaucoup moins d’importance en ce qui concerne les proportions. Il est cependant plus facile de juger du résultat et  de la bonne répartition des masses lorsqu’on a une vue de l’oeuvre placée dans la bonne perspective de vue.

Pour certains travaux de coulures ou de diffusion des tâches, il sera même possible de travailler au sol plutôt que sur une table. Ainsi, on pourra de nouveau juger du résultat quasiment à 90° en se mettant au dessus du travail. Mais là, c’est un autre chapitre.

Le chevalet permet la liberté du corps et de l’esprit

Lorsque tu utilises un chevalet, tu peins debout, la plupart du temps. quand on peint, le temps s’envole. On ne le voit pas passer et on est souvent incapable de dire après si on a travaillé une heure ou quatre. Le cerveau efface le temps lorsqu’il est en mode créatif.

Si tu passes des heures dans ton atelier, donc, il est bien meilleur pour toi de travailler debout et de pouvoir bouger et garder ton corps en mouvement. Tu vas reculer pour juger des effets, de l’accord des couleurs entre elles.  Tu vas avancer pour faire un trait précis, te pencher pour faire une retouche, t’asseoir pour réfléchir. Tout cela est bien meilleur pour ton dos et ta condition physique  en général, que de rester plié au dessus d’une table. Je ne dis pas que c’est du sport, mais tu bouges.

Le mouvement favorise également l’activité du cerveau . Les portes de la créativité sont grandes ouverte. Les idées arrivent, se suivent, se chevauchent et il se peut même que tu ailles aussi de nouveau à ta table pour prendre  des notes.

Le travail au chevalet favorise l’impulsion créatrice bien plus que tu ne l’imagines.

Un meilleur éclairage

Au fur et à mesure que le temps passe dans la journée, la lumière change. Tu auras besoin de plus de luminosité ou au contraire de moins de reflets sur ta toile. Le fait de pouvoir tourner ton chevalet dans la direction de la meilleure lumière est évidemment aussi un grand avantage. Tu vois les couleurs telles que veux qu’elles soient et évites les mauvaises surprises. Tu n’es pas bloqué à un endroit précis de la pièce.

chevalet
chevalet

 Assis, c’est bien aussi

Si tu as des difficultés à rester debout longtemps, ce n’est pas un problème non plus. Même en travaillant au chevalet, il est tout à fait possible de le faire assis. Le chevalet étant réglable, tu peux mettre la  toile à la hauteur qui te convient.  Tu travailleras cependant face à ta toile et garderas les avantages de l’utilisation de chevalet vus plus haut (bon angle de travail, possibilité de recul etc…)

Tu peux aussi utiliser un tabouret de bar comme on en trouve un peu partout maintenant. Ils sont assez hauts et permettent de « se poser » pour examiner et réfléchir.

 

Le choix du chevalet

Un chevalet doit être simple et fonctionnel. Il en existe des tas de variantes, mais plus les plus sophistiqués ou les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs pour toi. Tout dépend de la taille de ton atelier, mais aussi de celle de tes toiles.

Qui dit simple ne veut pas dire non plus de mauvaIse qualité. Il doit d’abord et surtout être stable. Ça c’est vraiment  la première des choses à observer si on ne veut pas passer son temps à redresser sa toile ou à resserrer des vis.

Ce genre de modèle, par exemple, est totalement à déconseiller en atelier. En principe, il est fait pour travailler en extérieur, mais même là, il n’est pas top. Il se dit pratique parce que pliant, mais c’est une torture de travailler avec car il y a toujours un pied qui fiche le camp à droite ou à gauche. Les serrer à mort ne sert à rien, ça finit toujours par glisser.

Celui-ci, d’une marque connue, coûte quand même dans les 90€.

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Pas stable du tout

Un chevalet pliant

Même si tu as peu de place, il vaut mieux choisir un modèle qui se replie à plat contre le mur, mais qui offre une base assez large à la toile pour qu’elle ne parte pas dans tous les sens dès qu’on appuie le pinceau dessus. Le choix d’un chevalet peut paraître bête, mais un mauvais modèle en a déjà découragé plus d’un.

chevalet
Un modèle dans ce genre à tablette réglable en hauteur est parfait

Il est bien d’avoir une tablette réglable en hauteur pour pouvoir avoir toujours son travail à la bonne hauteur, quel que soit son format.

Tu peux  acheter un produit de marque si ça  te rassure, mais il existe des chevalets sans noms qui sont beaucoup moins chers et tout aussi fonctionnels. Un peintre n’a pas besoin d’investir des sommes folles dans un matériel très sophistiqué, et dans ce domaine, qualité ne rime pas toujours avec prix élevé. Beaucoup de chevalets sont fabriqués en Asie et revendus dans une impressionnante fourchette de prix selon la notoriété du magasin ou celle de la marque collée dessus. À toi de voir.

Fabriquer soi-même son chevalet

Construire soi-même son chevalet n’est pas une mission impossible, surtout pour celui qui sait un petit peu bricoler. Les artistes sont souvent des bricoleurs, d’ailleurs.

Tu peux  trouver les plans très simples d’un chevalet à faire soi-même ici

chevalet
Chevalet à faire soi-même

Tu peux bien évidemment le faire avec du bois de récupération trouvé sur un chantier fini, par exemple.

Tant que tu y es, fais en deux en parallèle. C’est toujours bien d’avoir un chevalet de réserve pour commencer un autre travail pendant que le premier sèche.

Si tu ne veux pas investir dans un chevalet tout de suite, tu peux accrocher ta toile au mur pour la peindre. Pour protéger le mur, tu y accrocheras du journal avant d’y mettre ta toile. Tu peux te faire une étagère en plaçant une planche entre deux chaises. Ainsi, tu auras un endroit pour poser les couleurs, les pinceaux et les chiffons que tu utilises. Tu ne pourras cependant pas tourner ton travail pour capter la  meilleure lumière

Parfois, Picasso (regarde le diaporama) peignait aussi comme ça.

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directement au mur

Vive le recyclage!

Cependant, il est aussi tout à fait possible d’acheter son chevalet d’occasion. Certaines personnes commencent à peindre et se rendent compte que finalement, ça n’est pas leur truc. Ou bien on leur a offert du matériel de peinture, mais elles n’ont pas du tout envie de peindre. Dans les petites annonces, tu peux parfois trouver de très bons chevalets  ou autre matériel de peinture à des prix défiant toute concurrence. Ce matériel sera recyclé et tu ne te seras pas ruiné. C’est bien non?

Et toi, que penses tu du chevalet? Travailles tu debout ou assis(e)?

 

dessiner

Dessiner, indispensable pour pouvoir peindre?

dessiner

Tu penses ne pas savoir dessiner, ou tu ne sais vraiment pas dessiner. Faut-il savoir dessiner pour commencer à peindre? Tu aimerais tellement pouvoir faire un tableau, mais sans dessin préliminaire parfait, tu penses qu’il n’y aura pas de bon résultat? Tu te dis que ce n’est même pas la peine de commencer? FAUX.

Premièrement, tout le monde peut apprendre à dessiner. Je  ne suis pas la seule à le dire. C’est uniquement une question de pratique et de motivation. J’ai connu un grand nombre de personnes disant ne pas savoir dessiner du tout, et c’était vrai, qui faisaient des tableaux magnifiques.

Le dessin, c’est la théorie de l’art. Il suffit de le vouloir et de s’entraîner souvent pour se regarder soi-même progresser de façon absolument hallucinante. Plus tu dessineras, mieux tu dessineras. Ton oeil va s’affuter, ta main se libérer et la répétition des gestes va s’ancrer dans ton cerveau.

Si tu sais écrire, tu sauras dessiner

Tu sais écrire? Oui, tu sais même écrire vite et ton écriture est reconnaissable parmi des dizaines d’autres? Tu te souviens de ton écriture à ses débuts, grosse, déformée, maladroite? Si tu n’avais pas refait les mêmes lettres encore et encore, tu ne saurais pas écrire aujourd’hui. Là, il n’était pas question de motivation, on t’a obligé, donc, tu y es arrivé. Oblige toi toi-même et tu y arriveras , tu vas savoir dessiner si tu le veux. il suffi de faire comme un enfant qui apprend à écrire: dessiner encore et encore tous les jours.

Ecrire et peindre ou dessiner, un seul mot

Une petite remarque en passant: dans l’Égypte ancienne, on ne faisait pas la différence entre le mot « écrire » et le mot « peindre »ou « dessiner », car il n’y avait qu’un seul mot pour les trois. L’écriture est la représentation abstraite de la signification d’un mot. De la même façon, la peinture abstraite peut devenir une écriture de l’âme.

Certains d’entre vous ont des « spécialités ». Vous vous êtes entraînés encore et encore sur certains motifs jusqu’à savoir dessiner ceux-ci sans modèle ( voiture, personnage de manga, cheval, bouche, main, etc.). Quand j’étais petite, j’étais une spécialiste de Mickey que je pouvais presque dessiner les yeux fermés, tellement je m’étais entraînée. Par contre, il ne fallait pas me demander de dessiner Donald! J’en étais parfaitement incapable.

On écrit le dessin

Le dessin, c’est tout bêtement comme l’écriture. Quand on fait et refait encore et encore le même geste, il devient une partie de soi et on n’a plus besoin de réfléchir pour le faire. Il devient finalement automatique. C’est comme pour tout le reste. Sans apprendre de vocabulaire, on ne parlera jamais une langue étrangère. Si on ne s’entraîne pas à conduire sa voiture, on n’acquiert jamais les bons automatismes pour le faire sans réfléchir à chaque geste. Je pourrais ainsi citer mille autres exemples.

Si ton écriture est reconnaissable, malgré le fait que tout le monde apprenne les mêmes lettres de la même façon, c’est parce que, sans t’en rendre compte, tu y mets  un peu de toi dedans. C’est ton écriture propre et elle n’appartient qu’à toi. N’aies donc pas peur de ne pas « trouver » ton style, tu l’as déjà en toi. Ce qui te manque, c’est juste l’entraînement, comme pour l’écriture.

Oui, pour le dessin, c’est exactement pareil. Tous ceux qui savent dessiner te le diront. Le « talent »  c’est du travail. Plus tu dessineras  souvent,  disons un oeil par exemple, plus tu auras de facilité à dessiner cet oeil dans les moindres détails, sans plus même avoir besoin de modèle. Et même plus, tu seras le seul à dessiner les yeux de cette facon , ce sera ton style.

Hormis  donc le fait que tout le monde peut apprendre à dessiner, la bonne nouvelle est qu’on peut aussi peindre même sans cela.

On peut commencer à peindre sans savoir dessiner.

Il est donc tout à fait possible de commencer à apprendre les techniques de peinture avant de (ou même sans) savoir dessiner, dans le sens académique du terme. C’est un peu comme dans n’importe quel métier. Pour construire une maison, on apprend d’abord les techniques liées à la statique, les matériaux à utiliser et ceux à éviter, comment mélanger du ciment, faire une base solide, comment monter les murs, les règles à respecter quand on fait les ouvertures etc… et seulement quand on est sûr de bien maîtriser toutes ces techniques, on peut commencer à construire une maison stable et solide.

Les techniques de base

En peinture,c’est pareil. Il existe une multitude de techniques et d’outils divers et variés que l’on peut employer pour obtenir des effets différents. L’apprentissage de ces techniques peut se faire indépendamment du dessin ou en parallèle de son étude.

Bien sûr, tout dépend de l’idée que tu te fais du tableau que tu as prévu de faire. Si tu as décidé de peindre le portrait de ta voisine , la maison de tes vacances ou un animal en mouvement, il est certain qu’il vaut mieux savoir dessiner un minimum avant, c’est évident. Alors tu vas commencer à dessiner ta maison ( ou ta voisine ou ton chien), encore et encore, sous tous les angles et tu vas même peut-être prendre un cours de dessin ( il en existe d’excellents) pour apprendre les bases techniques, car ton oeil et ton cerveau cherchent à  te tromper en permanence. Du coup, ta main fait ce que lui ordonne ton cerveau et c’est la catastrophe. Dans ce cas, il vaut mieux abstraire ou revenir à ses dessins d’enfance.

Cependant, si tu ne sais pas dessiner, ce n’est pas un problème.

Il est tout à fait possible de créer des tableaux d’un grand intérêt pictural en associant des couleurs qui s’harmonisent dans des formes géométriques, par exemple. On verra ça dans le chapitre de l’harmonie des couleurs, mais tu peux déjà tester et suivre ton intuition et tes goûts.

Formes , structures et matières

Il est aussi tout à fait possible de créer des structures qui attrapent la lumière, de façonner des formes spontanées, de jouer sur les épaisseurs ou sur les transparences pour faire une image fascinante de beauté. Tantôt sur de grands aplats, tantôt par petites touches, tu guideras ton pinceau à travers les formes abstraites sorties tout droit de ton geste spontané.

Car même sans dessin, tu ne pourras pas faire autrement que d’y mettre de toi. Ce sera donc toujours une oeuvre unique.

Regarde ces oeuvres:

Mark Rothko

Marc Rothko ne faisait « que » des surfaces de couleurs les unes au dessus des autres, et pourtant, quelle force, quelle puissance et quelle harmonie dans son travail!

 savoir dessiner
Rothko

Hans Hartung

Hans Hartung  était le maître du coup de griffe. Sur des fonds aux couleurs soigneusement choisies, il égratignait la surface pour donner une impression d’énergie et de mouvement d’une grande intensité.

savoir dessiner
Hartung

Joan Miró

Joan Miró avait su garder sa spontanéité d’enfant pour couvrir ses toiles de formes simples n’ayant rien à voir avec le dessin académique, et pourtant, quel charme indéniable dans ces compositions pleines de fantaisie

Dessiner
savoir garder son âme d’enfant

Jackson Pollock

Jacson Pollok chargeait ses pinceaux de peinture. Ensuite, il la laissait couler de haut sur la toile. Il faisait tournoyer et virevolter  ses pinceaux dégoulinants dans tous les sens  pour finir par créer d’improbables tissages, d’incroyables enchevêtrements, de fantastiques chevelures.

Dessiner
la liberté du geste

Paul Klee

Paul Klee, le poète incontesté de la couleur, utilisait entre autres techniques, des caches de forme géométriques qu’il assemblait en légers paysages ou en étranges personnages venus du pays des rêves.

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formes géométriques combinées

Le peintre Pierre Soulages, grandement inspiré par Hans Hartung, est le grand  jongleur de lumière et grand maître du noir absolu. Jouant avec les reflets, les structures et les épaisseurs,  il fabrique des dégradés infinis du blanc au gris en n’utilisant qu’une seule teinte: le noir. Il fait travailler la lumière pour lui.

dessiner
rien que du noir

Savent-ils dessiner?

Tous ces peintres ne sont que quelques exemple de la variété incroyable d’oeuvres extrêmement intéressantes que l’on peut créer sans savoir dessiner dans le sens académique du terme. Les peintres ci dessus savaient-ils dessiner? Peut être que oui, pour certains, peut-être pas pour d’autres, mais quelle importance en fait? On s’en fiche, non? Ce n’est en tout cas pas gràce à leurs compétences en dessin qu’ils sont devenus célèbres. Oui, on peut y arriver sans maîtriser le dessin académique et c’est cela que je voulais te montrer. La couleur, le mouvement, l’énergie sont dans ces exemples là aussi puissants que bien des tableaux figuratifs.

Apprends à dessiner si tu en as envie

Alors, apprends à dessiner si le coeur t’en dit. C’est une activité passionnante et qui ouvre l’oeil et le cerveau. En ce sens, cela t’apportera certainement aussi de belles expériences. Mais que cela ne te freine pas pour commencer à peindre avant d’avoir atteint le niveau qui te satisfera. Joue avec les couleurs, les matières, la lumière et ne te laisses freiner par rien. Tu vas t’étonner toi-même des images intéressantes que tu vas produire. Tu vas te surprendre à penser que ces peintures, ces tableaux, te ressemblent.

Les techniques, je vais te les apprendre au fur et à mesure. Tu vas pouvoir expérimenter avec des matériaux divers jusqu’à trouver ceux qui correspondent le mieux à ta personnalité.

Dans les articles qui suivent, je vais te donner une idée du matériel de base qu’il te faudra avoir pour commencer. En attendant, gribouille le plus souvent possible sur n’importe quoi. Ne cherches pas à obtenir un résultat quelconque. Ça va ouvrir les fenêtres de ta créativité.

Si tu as une remarque à faire ou une question à poser, fais-le dans les commentaires. Je me ferai un plaisir d’y répondre.

Le vert

Le vert et toutes ses nuances

Cette fois, nous retrouvons un thème plus  lié à la pratique. En effet, je vais vous parler de la couleur verte. En fait, Le vert en soi n’existe pas, tant il en est de variations. C’est une très grande famille. La couleur verte, c’est la nature, la végétation. Une nature morte , un paysage, un visage même, est amputé d’un élément primordial si il ne comporte pas cette teinte ou au contraire n’est valorisé par elle.

Quelquefois, elle est bien visible et reconnaissable comme dans le portait de la jeune fille ci-dessous,

Le vert
Le vert dans le visage et les cheveux de cette jeune fille les rendent doux

quelquefois beaucoup plus subtile et cachée comme dans ce portrait d’un gentilhomme de Pompéi Batoni.

Le vert
Portrait d’un gentilhomme

Ici,  les touches en sont fondues sur le front et paraissent tout à fait naturelles. On ne le voit réellement  que quand on y porte attention

Le vert étant la couleur complémentaire du rouge, l’oeil ne le perçoit pas comme un élément incongru. Le visage gagne en expression et en caractère. Aussi bizarre que ça puisse paraître,  il devient plus vivant. Il entre dans la composition de la couleur chair

Mais…

Il n’y a pas qu’un seul vert

C’ est la couleur des d’ambiance par excellence, celle qui donne le caractère ou la température d’un tableau.

Au 17siècle, il était de mode de peindre des vanitas. Ces tableaux représentaient entre autres des mets, des fruits et des légumes, mais d’une façon triste et sans vie. Ces natures mortes étaient vraiment mortes au sens propre du terme. C’était, en quelque sorte, une peinture philosophique tendant à rappeler le caractère éphémère de la vie n’ayant pour seule finalité que la mort. Il ne fallait pas attacher de valeur à tout ce qui était périssable. Ainsi, on y voyait du pain rassis, du fromage séché, des cadavres d’animaux, parfois aussi un crâne humain. Pour obtenir cet effet morose de matière morte et de fruits et légumes sans fraîcheur, on évitait le soigneusement les verts frais en les chargeant de rouge ou de brun pour les rendre plus sourd et plus triste. Ils étaient grisés, pâlis, sombres ou salis.

Le vert
Là, le vert est un peu repoussant. Il ne donne pas envie de goûter (Claez)

Couleur de l’espoir et de la liberté

Mais cela peut être aussi la couleur de la joie. Dans ce tableau abstrait, si on enlève les verts, il devient fade et ennuyeux. Grâce à eux, il se réveille. Essayez en mettant votre doigt dessus. Vous voyez comme il change de caractère?

Le vert
Sans le vert, le tableau devient triste (Theodor Wermer)

Il fait vivre la nature par toutes ses nuances. Le foin coupé est mort, mais tout autour, l’energie est bien palpable.

Ombres
les meules de Monet

Il va mettre de la fraîcheur dans un été trop chaud. Associé au bleu, il renforce ainsi la sensation de fraîcheur ( du ruisseau) .

Le vert
Le vert est rafraichissant (Otto Mueller)

Il souligne et accompagne  le romantisme,

Le vert
vert romantique

le vert et ses variations

La théorie de la couleur nous dit que pour faire du vert, il suffit de mélanger du jaune et du bleu. C’est tout à fait exact, mais c’est évidemment aussi extrêmement  réducteur. Il existe d’infinies possibilités de nuances, selon la proportion de jaune ou de bleu utilisée. De même que, selon les bleus et les jaunes utilisés le résultat ne sera bien sûr pas le même

Un bleu ciel  mélangé à un jaune citron donnera un vert beaucoup plus frais que si on mélange un bleu outremer à ce même jaune citron. Pour faire simple, la couleur verte, c’est effectivement un mélange de bleu et de jaune. Mais il existe un très grand nombre de variations.

A quoi sert le vert en peinture

La couleur verte est, dit on, la couleur de l’espoir. C’est effectivement la première couleur qui apparaît dans la nature après le froid et la grisaille de l’hiver. Elle est symbole de vie, de vitalité, de bonne santé, de renouveau. Au moyen âge l’amour naissant était symbolisé par cette belle couleur.

Le vert est aussi associé à l’environnement, à une nature saine. En politique, les écologistes l’ont choisi pour définir leur parti. L’industrie alimentaire en use et en abuse pour nous faire passer ses produits pour sains et naturels, même si ce n’est pas le cas. Il ouvre l’appétit.

Donner le feu vert à quelqu’un, c’est lui permettre de suivre ses idées ou son projet, le laisser partir de l’avant. Le vert du feu de signalisation donne la liberté de rouler à nouveau.

À la fin de l’année, lorsque les feuilles jaunissent et tombent, nous ressentons souvent le besoin de vert. Nous coupons donc des branches de sapin pour décorer notre intérieur et plaçons du sapin ou du houx chez nous. Les plantes vertes sont partie intégrante d’une décoration agréable  à la maison.

La couleur du poison

Mais le vert peut aussi avoir des connotations négatives. Si la mousse est d’un joli vert dynamique, celui de la moisissure est plus sombre. Le poison peut aussi être symbolisé par un vert bilieux désagréable à regarder. Par extension, on habillait souvent  les traîtres, les fourbes et les hypocrites de cette couleur au théâtre.

Molière étant décédé sur scène dans un costume vert, cette couleur a, en fait, longtemps été  considérée comme portant malheur au théâtre. Ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hu, c’est plus nuancéi. Pourtant, certains comédiens ont conservé cette superstition.

Une couleur reposante

La couleur verte est reposante pour les yeux. On peut regarder un paysage vert sans se lasser. Dans les maisons aussi, cette teinte est un pôle de calme et de paix.

Les élèves se fatiguent moins les yeux devant le fort contraste de la craie blanche sur le tableau  lorsque  celui-ci est vert. À une certaine époque  les  écoles ont donc remplacé peu à peu tous les tableaux noirs par des verts, plus reposants et plus doux à regarder.

Vert
le tableau vert a remplacé le noir dans les écoles

Cela peut aussi être la couleur de la prière et de la méditation. Certaines religions, comme l’islam, en ont fait leur couleur sacrée.

Quelques recettes pour obtenir le vert

Les possibilités de mélange sont tellement immense que je ne vous donnerai ici qu’une impulsion qui vous amènera vous même à continuer l’expérience. Je ne vais prendre que deux sortes de jaune pour  ma démonstration. À chaque nouveau mélange, vous aurez une autre tonalité .

Observez cette assiette:

Vert
Verts différents selon le bleu et le jaune choisi

J’y ai mis des touches de jaune citron dans le haut, de jaune indien dans la bas. À côté, j’ai mis à chaque fois un bleu différent ( quatre en tout) et j’ai mélangé.

Commençons par les mélanges jaune citron:

Selon le bleu avec lequel vous allez le mélanger, la couleur obtenue sera complètement différente.

Pour obtenir du vert printemps ou pomme verte : ajoutez du bleu turquoise

Le vert

Si vous voulez un vert  d‘été, celui  des arbres feuillus  ou des herbes des champs, vous prendrez plutôt un bleu de Prusse

Le vert

Pour un vert à tendance bleutée comme on en voit dans l‘ombre des feuillages ou sur certains conifères, le bleu primaire fera le boulot

Le vert

Alors que le pour les verts sombres des zones d‘ombres vous utiliserez le bleu outremer

Le vert

Les mêmes avec du jaune d‘or

Si on reprend les même bleus en les mélangeant à un jaune indien ( jaune d‘or) qui est un ton plus chaud, on obtient alors des verts complètement différents:

Avec le bleu turquoise, on découvre un vert olive plus du tout vif ni  printanier, mais fruité

Le vert
Vert jaune

Le mélange au bleu de Prusse donnera aussi un ton beaucoup plus foncé pouvant  rappeler celle  des grands sapins de montagne

Le vert
Vert sapin

Si vous prenez maintenant votre bleu primaire, vous allez ainsi obtenir une couleur définie comme vert de bile. Certes, le nom n‘est pas vraiment joli, mais c‘est une couleur comme une autre qui peut aussi trouver mille et une utilisations 😉

Le vert
Vert de bile

Reste le bleu outremer. Et là, on a la surprise de découvrir un ton se rapprochant de la terre. C’est encore un vert, mais à tendance presque brune. Cette couleur est si présente dans la nature sur les sols et sur les troncs d’arbres que l’armée et les chasseurs s’en servent de couleur de camouflage. Il s’agit bien sûr du kaki.

Le vert
vert kaki

Chaque écran rendant les couleurs de façon différente, je vous conseille vivement de faire l’essai chez  vous. De cette façon, vous pourrez vous  rendre compte du résultat par votre propre expérience. À vos pinceaux.

Vous pouvez aussi expérimenter avec d‘autres jaunes et d‘autres bleus. Les possibilités sont infinies.

Pour garder ces mélanges sans avoir à tatonner à chaque fois pour savoir quel bleu avit été mis avec quel jaune, vous pouvez les faire sur des petites cartes en écrivant dessus les couleurs utilisées. Le jour où vous aurez besoin d‘un vert bien particulier, vous n‘aurez plus besoin d’expérimenter, vous le retrouverez sur votre petite carte.

En attendant, je vous souhaite beaucoup de plaisir avec vos mélanges et vous dit à bientôt pour le prochain article

Ariane

Composition

La composition dans un tableau ou un dessin

composition

Le terme de composition inquiète un peu, beaucoup d’entre nous. Elle t’inquiète aussi, peut-être. Ne te laisse pas impressionner. Lors de mes études, j’ai moi-même mis très longtemps avant de vraiment comprendre ce que c’était, et surtout ce qui faisait qu’une composition était bonne ou pas. C’est pour ça que j’ai envie de t’aider.

La notion de composition n’est pas une notion facile, car elle est en réalité assez subjective et abstraite, même si elle suit un bon nombre de règles plutôt précises.  Pour moi, cette règle ou plutôt ces règles ont le charme d’un développement mathématique. Or, je défie quiconque de me battre sur le plan de la nullité en maths que déteste cordialement.

Cependant, n’oublie jamais, jamais: l’art c’est la liberté, parfois même la rébellion. C’est d’ailleurs sans doute mon côté rebelle qui s’exprime, mais si l’art n’a pas le droit d’être rebelle, qu’est-ce qui peut l’être? Certes, tu vas donc pouvoir et vouloir t’orienter aux règles de la composition. Cependant,  personne n’exigera de toi que tu en deviennes esclave, si cela doit mettre ton originalité ou tes convictions en jeu. Voilà, c’est dit.

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte

Dans la composition, il y a plusieurs paramètres qui jouent un rôle bien défini. Parmi eux, se trouvent:

La couleur

Il y a des couleurs vives, des pâles, des chaudes, des froides. La composition peut être basée sur le contraste de ces couleurs. Elle peut aussi , au contraire, jouer sur la proximité des couleurs entre elles, sur l’harmonie, sur la complémentarité, sur les différences de valeurs etc… Grâce aux couleurs utilisées, on va pouvoir déterminer si l’impression générale sera sereine ou agitée, chaude ou froide, gaie ou triste, claire ou sombre, joyeuse ou angoissante etc…L’impression générale sera grandement influencée par le choix des couleurs, mais aussi par

La place des éléments dans le tableau

Bien que souvent déclaré comme le paramètre le plus important ( en fait, surtout le plus mathématique) il est loin d’être le seul à jouer un rôle important dans la composition.

Le motif principal et le ou les motifs secondaires

Selon l’endroit où seront placés les motifs, leur forme et leur taille, on pourra reconnaître ceux qui dominent. Ce seront les plus importants à découvrir immédiatement. Les motifs secondaires, quant à eux, amèneront l’observateur à « se promener » dans l’image. Il est possible de combiner plusieurs règles de composition dans un même tableau.

Selon la façon dont seront réparties les masses, le tableau paraîtra harmonieux  ou chaotique, équilibré ou pas. Cette règle est importante si on veut faire passer un message particulier, pour être bien sûr  d’être compris. En fait, c’est une sorte de code qui guide le spectateur attentif dans l’oeuvre.

Ne pas trop se prendre la tête

Il existe un très grand nombre de variantes de composition, donc, les possibilités d’être complètement à côté de la plaque sont nombreuses aussi. En revanche, instinctivement, on peut créer un tableau harmonieux au feeling, et se rendre compte après que le motif se place dans un triangle, un cercle ou une ellipse, ou que le motif principal est dans le rectangle d’or. C’est là qu’on laisse les critiques d’art se défouler:

 » L’artiste s’est décidé dans cette oeuvre pour une composition en triangle. Il l’a fait dans un but bien précis. Par ce choix qui est loin d’être anodin, l’artiste a voulu exprimer ici… »blabla, blabla, blabla. 😉

Ah si on ne les avait pas, on ne saurait parfois soi-même pas vraiment ce qu’on a réellement voulu dire. Qu’ils en soient remerciés. 🙂

Donc, s’il y a une grande variété de possibilités de composition, il y a une variété toute aussi grande de risques de se planter. Cependant:

qui ne risque rien, n’a rien

-et c’est en faisant des erreurs qu’on apprend le plus

Alors pas de panique!

Dans les cours, on nous parlait en long, en large et en travers de la porte d’harmonie au nom si joli et du nombre d’or, si précieux ou du rectangle d’or, si brillant. À cela s’ajoutaient aussi la diagonale, le centre, la ligne de force, les verticales parallèles et leur utilité. On nous  présentait également des règles, celle des tiers, celle des trois plans et bien d’autres encore.  On nous montrait des tableaux s’inscrivant dans des constructions géométriques en ovales, en triangles, en carrés joints etc…

Pendant ces cours, on nous apportait des exemples tout décryptés, censés expliquer le pourquoi et le comment de telle ou telle règle. Sincèrement, j’avais souvent du mal à voir réellement l’intention formelle de l’artiste. Certains de ces exemples me paraissaient très tirés par les cheveux.

Croyez vous vraiment que tous ces peintres connus, ces génies de la peinture ou du dessin se soient martelés la cervelle à faire des calculs géométriques compliqués avant de commencer à peindre ou de dessiner?

Les artistes sont des gens qui travaillent avec le cerveau droit. C’est le côté du cerveau qui est en ébullition pendant la phase créative. Ce côté là n’aime pas calculer, planifier, il déteste les chiffres. Tous ces artistes dont les compositions s’inscrivent si bien dans le cadre de l’une ou plusieurs de ces règles auraient-ils « prémédité » leur acte? Ils auraient minutieusement divisé leurs toiles en formes géométriques et se seraient adonnés à des calculs complexes et laborieux avant de commencer à peindre?Je n’y crois pas.

Ne pas noyer sa créativité dans des règles trop rigides

Certains d’entre eux, très académiques comme Ingres qui était aussi professeur de peinture, ou scientifiques comme Léonard de Vinci et leurs disciples, sans doute, mais certainement pas tous. Il paraît même que le peintre Caspar David Friedrich travaillait avec un compas et une équerre, c’est fou non?

La composition est à la peinture ce que l’analyse de texte est  à la littérature. Elle vient le plus souvent de l’intuition de l’artiste et est découverte et commentée par l’historien de l’art. Et c’est très bien comme cela.

Laisse parler ton intuition en composition, et redresse le tir

Il n’est pas de tableau qui n’ait pas naturellement sa composition. Si le tableau donne une impression d’équilibre et fait vibrer une corde chez l’observateur, c’est que la composition est bonne. Sur ce point, tout le monde est d’accord. Cependant, ça ne veut pas dire pour autant que l’artiste s’est démené comme un beau diable pour faire rentrer son sujet dans un triangle, duquel va s’élever une diagonale, qui va aboutir dans le motif ellipsoïdal suivant, à l’angle opposé du tableau? Cela est bien sûr du domaine du théorique et ennuie beaucoup d’artistes. Les règles sont là pour aider, pour soutenir, pas pour emprisonner. C’est pourquoi il est quand même bon d’en connaître au moins quelques unes, histoire de comprendre ce qui cloche parfois dans l’équilibre de ton travail.

Au vu de ces considérations, je suis très partisane de laisser s’exprimer son artsans trop se casser la tête. Il est toujours possible corriger et rajouter ou enlever des éléments. Ainsi, on peut parfaire la composition au fur et à mesure. Le hasard et l‘inconscient faisant bien les choses, il y a de grandes chances d’être dans une des nombreuses possibilités de composition. Ceci n’est pas très académique, je sais…mais vérifié.

Je vais te présenter les règles de composition les unes après les autres au lieu de tout mettre à la fois dans un article. Ce sera sans doute plus facile à assimiler et à digérer. Tu auras le temps de t’entraîner à les mettre en pratique.

Aujourd’hui, nous allons donc voir

La composition triangulaire

Lorsque les trois côtés ont pratiquement la même longueur, cette composition traduit la tranquillité, l’harmonie, la clarté, la force aussi, mais sans le mouvement. C’est d’autant plus vrai si le triangle a trois côtés égaux. Le triangle donne une impression d‘ordre. Il y a là un côté statique presque immobile. C’est pourquoi cette composition a souvent été utilisée dans les tableaux de la renaissance à contenu religieux.

La spiritualité

composition
Leonard de Vinci

La douceur

composition
Theodor Rehbenitz, Italia  et Germania

La force

composition
affiche star wars

D’ailleurs, si vous regardez les affiches de star wars, par exemple, vous constaterez aussi qu’elles sont aussi pratiquement toutes en triangle. La force est en elles 😉

La force concentrée

composition
Christian Vey

la force des éléments

composition
à la fois puissant et triste

Le triangle peut cependant aussi prendre un autre format. Ses côtés n’ont plus la même taille. L’ensemble reste calme, mais il peut y entrer une autre composante, telle la tristesse, par exemple, ou une certaine gêne.

La tristesse

composition
tristesse ou mélancolie

Il ne faut pas absolument faire entrer entièrement le sujet dans le triangle de façon raide et géométrique, bien sûr. Il suffit de l’ y inscrire dans ses grandes lignes.

La tranquillité

composition
Elle ne lit pas un livre de blagues

La composition triangulaire est souvent utilisée dans les natures mortes qui, comme leur nom l’indique, ne dégagent pas une énergie débordante, mais plutôt une impression de calme et de sérénité

l’harmonie

Composition
cézanne

la sérénité

composition
fleurs

En résumé, le triangle est harmonisant. Il est donc utilisé pour des sujets sans grand dynamisme, parfois même un peu nostalgiques ou très romantiques.

le romantisme

Composition
Claude Monet

As tu déjà utilisé cette forme de composition triangulaire dans ton travail? Consciemment ou inconsciemment?