nombre d'or

Le nombre d’or, règle divine en peinture d‘art

nombre dorAs tu déjà entendu parler de la règle du nombre d’or? Mais oui, certainement. C’est à la fois la plus connue et la plus « chiante » des règles, car elle est régie par une équation mathématique à démoraliser tout artiste. Moi, en tout cas, elle m’a bien cassé les pieds.

Pourquoi un artiste qui est un être créatif, impulsif et instinctif devrait-il se torturer avec des formules mathématiques à la mord moi le…pinceau?

Certes, que des scientifiques s’y intéressent, c’est tant mieux. L’art fait parler de lui. C’est toujours bien de pouvoir expliquer les choses. Ça donne au sujet une validité sérieuse et une pertinence indéniable. Mais nous, les artistes, devons nous vraiment nous martyriser le cerveau avec des équations impossibles? Sans blague!

Regarde-moi ça!

Si on considère que a est la distance la plus  longue, et b la distance la plus courte, on a: a b divisé par  a = a sur b= phi (Φ), la lettre grecque qui désigne le nombre d’or. Après un calcul (trop) compliqué, on obtient 1  √ 5 sur 2, ce qui donne en gros 1,618033… et ça continue éternellement avec plein d’autres chiffres…

La voici donc, la formule magique qui mène à l’harmonie totale. Mouais…

Tu n’y comprends rien? Rassure toi, tu n’es pas seul(e) dans ce cas

De très nombreux artistes on peint des tableaux dans lesquels on retrouve effectivement cette règle du nombre d’or. Il est difficile, voire impossible, de prouver si c’était volontaire ou pas. Le nombre d’or, c’est la relation d’une ligne courte à une ligne plus longue, toujours dans les mêmes proportions, qui crée une harmonie considérée comme parfaite dans un tableau (ou une photo).

Peut on réellement imaginer les peintres de ces magnifiques tableaux exposés dans nos musées, armés de règles d’équerres, de rapporteurs et de compas? Peut-on les  voir en train de calculer et mesurer, formule mathématique magique à l’appui?  Les professeurs d’art soutiennent que oui…vous y croyez vous? Cette  affirmation nourrit les écrits des théoriciens de l’art, mais il y a peu de chances qu’elle corresponde à une réalité tangible.

Un artiste est rarement un génie des maths

Certes, l’artiste est à la recherche du beau, de l’équilibre. Mais non, il ne va pas calculer au millimètre près et mesurer chacun de ses traits, bien sûr que non. Le mythe a son charme, mais reste tout de même, très certainement, quand même du domaine du mythe. L’artiste a, ou acquiert forcément avec le temps un sens de l’équilibre. Ses outils sont ses mains, mais aussi ses yeux et son cerveau.

Le nombre d’or est partout dans la nature

Le cerveau aime ce qui est beau et reconnaît inconsciemment ce qui est harmonieux. De nombreuses études le montrent. La nature est harmonie, et répond de tous les côtés aux proportions de cette fameuse règle d’or . La façon dont les feuilles poussent sur une branche pour que chacune puisse avoir le maximum de lumière : la règle d’or. L’organisation des pistils ou des pétales de la fleur : la règle d’or. La forme parfaite du nautile ou du simple escargot, encore la règle d’or. Les rouleaux des vagues, les proportions du visage humain, du corps humain, l’étoile de mer, la tornade, il y a une infinité de choses en rapport avec ce nombre d’or.

Alors forcément, inconsciemment, le cerveau le reconnaît. Ce que le cerveau connaît, il l’aime aussi. Cela revient à dire que notre cerveau est programmé à voir les bonnes proportions et à les trouver belles. Si nous n’aimons pas une image, un tableau, c’est sans doute, si on fait abstraction des couleurs ou du thème, qu’il n’est pas harmonieux dans ses proportions.

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Le nombre d’or dans la nature

Le cerveau réagit au beau

Une équipe de l’université de Parme, autour du neurophysiologue Giacomo Rizzolatti,  a mené une étude  sur la réaction du cerveau en présence de la beauté ( publiée dans PLoS ONE).  Ils ont alors pu démontrer que l’activité cérébrale était plus intense en présence d’images représentant de belles choses. Cette activité avait lieu dans la partie du cerveau qui gère les émotions. Précisons que cette étude a été menée sur des sujets ne possédant aucune connaissance artistique, à l’aide d’un appareil impartial d’ imagerie à résonance magnétique (IRM).

Notre cerveau nous guide

Nous pouvons donc en déduire que notre cerveau est capable de reconnaître spontanément  la beauté. C’est dans doute ce qui pousse certains artistes à faire plusieurs esquisses d’un projet, pour se laisser instinctivement guider par leur intuition et choisir la composition qui parle finalement le plus à leur émotion. Ils vont tout intuitivement choisir la meilleure composition. Ils vont  placer les éléments au bon endroit et dans les bonnes proportions. L’esprit encadre le motif visuellement avant de le poser sur le tableau.

Certes, cela demande un peu d’entraînement et d’apprentissage, car évaluer une chose et la reproduire sont deux paires de manches. Cependant, fais confiance à ton cerveau. Si ton tableau te plaît vraiment, c’est sans doute qu’il est bon. Si tu as le moindre doute, tu as sans doute aussi raison: Il y a un grain de sable dans les rouages, il faut le trouver. Tu peux le faire en laissant ce travail retourné dans un coin de ton atelier sans le regarder pendant longtemps. Et puis, plusieurs mois plus tard, tu le retourneras et verras immédiatement ce qui ne va pas.

Quelques aides pratiques pour trouver le nombre d‘or

Si on trace quelques points de repères sur la toile avant la première esquisse, on augmente la chance de ne pas se piéger soi-même en ayant un motif mal placé ou qui débordera de la toile, d’accord là dessus.

En déterminant à l’avance une forme géométrique dans laquelle va s’inscrire notre sujet, on va pouvoir grandement améliorer l’équilibre du résultat final, c’est une évidence. Si en plus, le motif principal se trouve à peu près au bon endroit sur la toile, c’est quasiment gagné.

Mais de là à utiliser une formule mathématique à l’aide d’instruments de géométrie pour arriver à déterminer le nombre d’or Φ au dixième de millimètre près, cela ne me semble pas vraiment compatible avec le travail d’un artiste…pas le mien en tout cas.

nombre d'or
PHI

Nous voilà bien avancés. Mais sur notre toile, qu’est ce que  donne le nombre d‘or concrètement?

La partie la plus longue à droite du nombre d’or correspond à 61,8 % de la longueur totale, la plus courte étant donc de 38,2% de la longueur totale.

nombre d'or
le nombre d’or

Sur le rectangle d’une toile, ça donne ceci:

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Le nombre d’or

Chacun des points rouges correspond au nombre d’or, donc à Φ.

En photo, on se simplifie souvent la chose en divisant tout simplement la surface en 9 parties égales ( les appareils photos ont presque tous cette grille). En principe, il est possible de faire la même chose sur une toile. Il s’agit alors de la règle des tiers, une autre forme de composition très proche du nombre d’or, si proche même qu’on les confond souvent.

Règle des tiers
Règle des tiers

Si on veut tout de même se rapprocher encore plus du nombre d’or, on peut utiliser une astuce simple. On part donc de la division . Pour simplifier la chose,  on peut partir de cette division en 9 parties. Ensuite, il suffit d’agrandir un peu les rectangles extérieurs en repoussant pifométriquement les traits vers l’intérieur. Ce n’est pas scientifique du tout, mais ça marche!

le nombre d'or
Le nombre d’or

Les points d’intersection des nouvelles lignes correspondent à un poil près au nombre d’or.

le nombre d'or
Le nombre d’or

Ou encore

Pour se rapprocher encore un peu plus du nombre d’or, on peut utiliser une autre méthode. Il faut alors diviser la toile en 5 parties égales aussi bien verticalement qu’horizontalement. Cela nous donne 25 champs. La partie la plus longue comporterait 3 éléments, la plus courte 2.  Ce n’est pas le nombre d’or, mais ça s’en rapproche quand même énormément.

Le nombre d'or
Division en 25 champs

Un artiste n’étant pas forcément ni un matheux, ni un physicien. il se contentera donc presque toujours de cette approximation gràce à son centre émotionnel. Si le résultat n’est pas tout à fait conforme à ce qu’il avait prévu, il corrige selon son ressenti. Nos erreurs passées et futures seront nos meilleurs professeurs. Alors expérimentons encore et encore. Chaque nouvelle expérience, chaque nouvelle erreur, sera aussi une nouvelle leçon apprise.

Exemple de nombre d‘or avec une nature morte

Tu as décidé de peindre une nature  morte. Tu as disposé tes éléments sur une table de la façon qui te plaît le mieux. Soit en ligne, soit en pyramide, soit en cercle…, tout est possible. Ensuite, tu vas « photographier » visuellement le motif en le plaçant mentalement sur ta toile. Quand je dis photographier, ça peut être dans ta tête, mais ça peut aussi être à l’aide de ton téléphone ou de ton appareil photo. Tourne autour, fais plusieurs photos et choisis celle qui te paraît la mieux équilibrée comme base de composition. Pour éviter de déborder de tous les côtés, tu vas mettre quelques points de repères sur ta toile.

Le motif principal

Il y a un des éléments sur lequel tu veux particulièrement attirer l’attention. Prenons un objet de couleur contrastante, la pomme la plus rouge, par exemple . Pour renforcer l’attraction de l’oeil sur cet objet, tu le places donc sur l’un des quatre points de croisement du nombre d’or.  Voilà, tu as créé un pôle d’attraction. L’oeil va d’abord se poser sur cette pomme avant d’explorer le reste de l’oeuvre. Ces points attirant le regard, il vaut mieux éviter d’y mettre quelque chose qui ne soit pas important pour la compréhension ou l’équilibre de l’oeuvre.

Tu vas alors te rendre compte que, instinctivement, tu as placé les objets les plus grands à l’arrière pour qu’ils ne cachent pas les plus petits. Sur tes photos, tu as laissé un peu ou beaucoup d’espace autour de ton motif. Il ne touche probablement pas les bords. Ton instinct et ton sens de l’esthétique t’ont guidés pour cadrer le plus harmonieusement possible. Tu dois te laisser aller et faire confiance à cet instinct.

nombre d'or
Nature morte avec un pot de gingembre et des aubergines

Tu peux aussi vouloir provoquer un déséquilibre pour exprimer quelque chose de précis. On l’a déjà dit, en art tout est permis, du moment qu’on arrive à exprimer ce qu’on ressent. On n’a pas besoin de faire passer un message, mais si on veut le faire, la composition est une aide précieuse.

La règle du nombre d’or est assez barbante, c’est vrai. Heureusement, il y a d’autres formes de composition très intéressantes et beaucoup plus simples à appliquer dont je vais aussi te parler, tu verras.

Alors continue sur ton chemin et que les règles de compositions ne soient pas un frein à ton enthousiasme.

Si tu veux me laisser un commentaire, je me ferai une joie d’y répondre.

 

 

couleur chair

Couleur chair à partir des couleurs primaires

couleur chair

La couleur chair, qu’est ce que c’est?

La couleur chair est en principe la couleur de ce qui se trouve sous l’épiderme et qui est la même pour tous les humains. Souvent, ce que nous comprenons par « couleur chair », c’est en fait la couleur de peau que l’on dit blanche. C’est une couleur que l’on aime bien utiliser dans les portraits. Elle décrit une sorte de rose, mais pas le rose bébé ou le rose des fleurs. C’est un rose un petit peu brun, mais très légèrement.

Cependant, même si on la trouve en tube, on ne pourra pas l’utiliser telle quelle uniformément. Il faudra lui ajouter des nuances pour la rendre vivante. Donc, autant la mélanger directement soi-même!

A partir de là, on va pouvoir facilement faire des nuances pour représenter absolument toutes les couleurs de peaux humaines de la terre.

Une couleur chair naît d’abord de la couleur brune des peaux indiennes ou africaines.

Par analogie, cette couleur va donc pouvoir servir pour peindre tous les types de peaux, qu’elles soient européennes, africaines ou asiatiques. Une fois la base posée, il suffit d’ajouter des nuances plus ou moins importantes pour la transformer. La fameuse couleur chair n’en est qu’une des nombreuses variantes.

Les couleurs primaires

Les couleurs de base  appelées couleurs primaires sont le rouge, le bleu et le jaune.

En mélangeant les couleurs de bases deux par deux, on obtient les couleurs complémentaires

Rouge bleu = violet

rouge jaune  = orange

bleu jaune = vert

Pour commencer, nous allons mettre nos trois couleurs de base sur la palette.

Plutôt qu’une palette en bois ou en métal, j’utilise une vieille assiette en porcelaine. Comme elle est blanche, il est plus facile de se rendre vraiment compte de la teinte obtenue au final.

Nous allons donc prendre :

du bleu outremer

du rouge vermillon

et du jaune d’or

la couleur chair
Les couleurs primaires rouge, jaune et bleu

Mélanges

Nous allons commencer par mélanger un peu de rouge et de jaune pour obtenir un orange, donc.

la couleur chair
rouge et jaune donnent orange

Ajoutez plus ou moins de jaune pour que votre orange soit bien franc, mais sans tendance trop forte vers le rouge ou le jaune. En principe, c’est la même quantité de chaque couleur, mais certaines peintures peuvent être plus fortement pigmentées que d’autres.

Lorsqu’on mélange les trois couleurs primaires en quantités égales , on obtient une teinte grise très sombre, presque noire. Cependant, si on ajoute juste un petit peu de la troisième couleur aux deux autres, en occurrence ici le bleu, on obtient une troisième teinte que l’on peut moduler à son gré à l’infini. On va donc ajouter une petite pointe de bleu à l’orange, et c’est magique. Dans notre cas de figure, cela donne un marron. Eh oui, c‘est comme ça qu‘on fait le marron: orange plus une pointe de bleu.

couleur chair
Le mélange des trois couleurs donne du marron

Ce marron n’est pas encore la couleur chair, mais il peut déjà tout à fait être la teinte d’une peau africaine. Dans les zones d’ombre, il sera parfait. Il peut bien évidemment être modulé et nuancé.

Si on lui ajoute du jaune, il peut se placer,- ce n’est qu’un exemple-, sur les parties du visage qui seront plus exposées à la lumière.

couleur chair
Un peu plus de jaune l’éclaire

Si en revanche, on ajoute un peu plus de rouge, le ton devient plus cuivré et pourra se placer sur le passage de l’ombre à la lumière dans des zones neutres.

couleur chair
Plus de rouge

En revanche, si on ajoute plus de bleu, la couleur va s’assombrir pour presque se rapprocher du noir, couleur parfaite pour les zones les moins exposées à la lumière.

couleur chair
Plus de bleu, la couleur assombrit

Voilà. Donc, nous avons obtenu la première couleur de peau en mélangeant nos trois couleurs primaires.

Du blanc en plus pour la couleur chair

C’est à partir de cette couleur de peau africaine que nous allons obtenir  la fameuse couleur chair.

La peau « blanche », qu’est ce que c’est, en fait? C’est ce qu’on décrit le plus souvent avec cette fameuse couleur chair. C’est tout simplement exactement la même couleur que celle que nous venons de faire, mais éclaircie avec du blanc. Une peau d’européen, c’est une peau « noire » avec beaucoup moins de pigments, une peau noire diluée, si on veut. Donc, comment faire? En peinture, on va tout simplement traduire ça en ajoutant juste un peu de blanc, et hop, comme par enchantement, la peau sénégalaise devient une peau suédoise :).

Comme quoi, la différence n’est pas grande entre nous tous, n’est ce pas?

couleur chair
les trois couleurs primaires plus du blanc

Et là, comme par magie, le marron devient rose et on a donc obtenu notre couleur chair.

couleur chair
le marron devient rose comme par magie

Maintenant, il faut nuancer la chose. Selon la couleur de marron qui a été utilisé ( c’est à dire dominance de bleu, de rouge ou de jaune), on aura aussi des roses différents. Là, on est vraiment sur de la couleur chair, mais elle est très pâle .

couleur chair
le marron devient rose „chair“ comme par magie

On va ajouter un petit peu de jaune:

couleur chair
Avec un peu plus de jaune

La couleur chair devient ainsi un peu plus hâlée

couleur chair
la couleur devient plus dorée

Si, par contre , on ajoute une pointe de bleu, la couleur chair s’assombrit un peu pour des peaux plus basanées ou des zones d’ombre.

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Une légère touche de bleu en plus

Maintenant, il ne reste plus qu’à jongler avec la teinte de base et l’ajout de blanc, mais plus ou moins prononcé, pour obtenir les couleurs de peau de la terre entière! C’est aussi simple que cela.

Toutes les couleurs de peau

Avec la couleur de base (donc rouge, jaune, pointe de bleu) on obtient une peau basanée et cuivrée

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peu de blanc

On ajoute juste une pointe supplémentaire de jaune pour une peau africaine

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Un peu plus de jaune

puis du blanc et un peu de rouge pour la peau européenne

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Un petit peu plus de rouge

encore plus de blanc pour une peau claire de jeune fille

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Un petit peu plus de blanc

Avec encore un plus de blanc et une pointe de jaune,  pour finir, on obtient une douce peau asiatique.

plus de blanc et de jaune

Voilà, il ne vous reste plus qu’à expérimenter et faire vos gammes.  Vous savez donc maintenant comment obtenir très simplement et avec les couleurs de base que vous devriez avoir de toutes façons, la couleur chair et toutes celle des peaux de l’humanité toute entière.

À bientôt pour le prochain article sur comment-peindre.com

 

La créativité , qu’est ce qui la bloque?

idees

La créativité est l’outil de notre cerveau qui nous permet de partir dans des sphères imaginaires, de fabriquer des images, de développer des idées, de sortir du monde réel pour aller dans le monde de la création et du rêve. Paradoxalement, elle peut aussi être un moyen d’acérer notre lucidité, de voir la réalité différemment, sous un autre angle.

La créativité se bloque

Or quelquefois, il arrive que la créativité se bloque. Il n’y a rien à faire, le cerveau ne réagit plus et c’est un gros, un énorme bug cérébral. En fait, nombre d’artistes (pour ne pas dire tous) connaissent cet état désespérant à un moment ou un autre de leur vie ou de leur carrière artistique. Alors ils se mettent à douter. ET C’EST NORMAL!

À quoi bon vouloir continuer à dessiner, peindre, écrire, composer, etc… je n’ai plus d’idées. Et d’ailleurs, ai-je seulement vraiment du talent? À quoi bon me torturer l’esprit si rien de bon ne sort de cette situation…? C’est le trou noir, la déprime totale… Et vlan, c’est là que les atteignants s’atteignirent…on s’arrête de créer.

Mais non, POURQUOI! POURQUOI? Eh bien voilà. Ce qui bloque la créativité, c’est cette méchante petite voix intérieure qui intervient dans nos pensées et veut nous convaincre du fait que nous n’avons pas assez de talent pour être artistes. Elle revient encore et encore, lancinante, énervante et nous poursuit de ses critiques. Il faut absolument arrêter de l’écouter car elle ment. Le cerveau cherche toujours la facilité alors que la créativité est symbole de renouveau, donc, ça le fatigue!

À quoi bon, tu n’arriveras jamais à faire quelque chose de VRAIMENT bien, laisse tomber.  »

Et voilà, elle a gagné, tu es découragé et convaincu que c’est elle qui a raison. Grrrr…

Mais NON!!! Dis-toi bien, parce que c’est vrai, que ton cerveau te manipule et te ment en pensant que c’est pour ton bien.

Ton cerveau te ment

C’est ton cerveau qui te joue des tours. Oh, ce n’est pas par méchanceté, au contraire! Il cherche à te simplifier la vie au maximum en te faisant faire des choses connues, habituelles, car c’est son boulot. Certes, c’est tout à fait louable, mais il démolit ton élan. Certains parents font la même chose avec les meilleures intentions du monde, n’est-ce pas? Ne fais pas ci, c’est dangereux, na fais pas ça, tu es trop petit…Dis non à cette petite voix, ne l’écoute pas, impose-toi, et elle abandonnera.

Ose dire que tu es artiste

Être artiste!!! Oses tu dire que tu es artiste? Tu peins, tu dessines, tu crées, mais… »oh, ça n’est pas grand chose…c’est un passe temps…je barbouille un peu… »

Ça ne te rappelle rien? Tu n’oses tout simplement pas dire que tu es artiste. En fait, tu as très peur du jugement des autres. Tu ne veux pas paraître prétentieux. Tu es modeste, mais TROP modeste. Ce qui est une belle qualité dans la vie peut s’avérer dévastateur pour ton art.

Un de mes meilleurs professeurs m’avait dit un jour:

« Les artistes modestes sont des gommes pour eux-mêmes. Ils effacent verbalement  la beauté de leur travail avant même qu’il ait pu avoir la moindre chance d’être apprécié à sa juste valeur.  »

Le fait de dénigrer soi-même son propre travail prévient la douleur éventuelle d’une critique trop sévère et incite  ton public à être indulgent avec toi  et à te rassurer. Et si tu es honnête avec toi-même, c’est cela que tu veux!

Peins et laisse les autres parler

Ça ne veut pas dire que tu doives te complimenter toi-même ( du moins pas en public) ni vouloir convaincre tout le monde que tu es exceptionnel. Tu l’es,  et ça se verra. Mais donne une chance à ton public de juger par lui-même. Arrête de dénigrer tes oeuvres et accepte les compliments et les critiques constructives avec reconnaissance, dis merci. Arrête de te chercher des excuses lorsqu’une critique est négative.

On ne peut pas plaire à tout le monde, alors n’essaie même pas et peins pour toi. Si ce que tu fais te satisfait, cela plaira à d’autres aussi. Si tu ne sais pas parler en bien de ton travail, ne dis rien et laisse les autres le faire à ta place. Il y aura toujours des gens qui seront ravis de jouer ce rôle.

Comment un grand artiste restera sans doute pour toujours inconnu

Il y a quelques années, dans joli petit village du massif central, j’ai connu un artiste merveilleux. Comme il n’osait pas être « artiste », il était devenu prof d’art plastique dans une école.  Il m’a avoué avoir fait lui-même de la peinture autrefois, mais que celle-ci ne valait pas grand chose. Sa peinture était tellement insignifiante qu’il n‚avait  jamais montré ses tableaux à personne. Même sa femme ne connaissait pas tous ses travaux. Il n’avait plus touché de pinceau depuis plus de vingt ans. Sa créativité s’était bloquée comme une montre qui s’était arrêtée et il avait accepté cet état de fait comme un signe de « non talent ». Sa petite voix intérieure n‘avait de cesse de lui répéter que ce qu‘il faisait était sans intérêt artistique qu‘il avait fini par la croire. Mais pourquoi les avait ils gardé ces peintures  s‘il ne lui était pas tout de même resté l‘ombre d‘un doute?

Ce n’est qu’après avoir énormément insisté en lui promettant de ne pas me faire d’illusions sur la qualité de son travail qu’il a enfin accepté de me montrer ses oeuvres. Déjà, je savais que ce serait abstrait, il me l’avait dit, mais rien d’autre. Je m’attendais donc à avoir bientôt sous les yeux les gribouillages insignifiants dont il m’avait parlé.

L’art abstrait aussi a ses exigences

Or, il se trouve que je m’intéresse énormément à l’art abstrait que je ne considère en rien comme une forme mineure de la peinture, bien au contraire. C’est un art beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Beaucoup de débutants ont tendance à en faire trop ( ou pas assez) lorsqu’ils se lancent dans cette forme d’expression. Par conséquent, cela donne souvent des images beaucoup trop chargées et déséquilibrées ou vides et tristes. Elles sont soit ternes et ennuyeuses avec de surcroît, un mélange  inapproprié des couleurs, soit carnavalesques par l’accumulation de trop de coloris partant dans tous les sens. Les maladresses du peintre débutant sont comparables à celle du débutant cuisinier qui ne sait pas encore harmoniser les épices et les saveurs. Mais la bonne nouvelle est que tout s’apprend.

Il m’a donc précédé dans une petite chambre ne servant que très rarement en haut de sa drôle de maison, quand celles du bas étaient toutes occupées.

Les images oubliées

Bien cachés derrière le lit et sous le matelas se trouvaient des paquets de feuilles  de format  d’environs 40X 50 cm enveloppées dans des  emballages en plastique. Elles étaient là depuis une éternité, me confia t’il. Il me les passa en me donnant l’autorisation de les regarder, me disant de redescendre quand j’aurai fini… et il disparut dans l’escalier. Sa modestie me touchait et j’étais bien prête à être très indulgente avec lui.

La première image que je vis me coupa le souffle. Les couleurs étaient franches, pures et nettes, l’équilibre parfait, le trait puissant. C’était celle du dessus, les médiocres étaient sans doute dessous…

Au fur et à mesure que j’étalais ces travaux sur le sol, ma stupéfaction et mon admiration grandissait. Celui qui se disait un barbouilleur était bel et bien un artiste accompli et ses peintures étaient des merveilles. Quelqu’un n’étant pas passionné, comme moi, par la peinture aurait sans doute voulu croire ce qu’il avait dit et aurait pu être  influencé par le discours qu’il avait tenu, comme quoi ce n’étaient que des barbouillages sans intérêt. on auraient peut-être dit à ce grand monsieur de la peinture, que ce qu’il avait fait « n’était pas si mal que ça, si si, vraiment ».  Dans son for intérieur, le peintre aurait été frustré, parce que je suis absolument certaine que lui, savait que ce qu’il faisait était fort. Et pourtant, sa créativité s’était bloquée un jour et il avait  cru qu‘il ne pourrait plus jamais peindre.

Lorsque je suis redescendue, j’ai essayé de le convaincre d’exposer ses travaux. Il y en avait plus qu’assez pour une belle expo, puisque j’en avais compté une cinquantaine.

Il n’osait pas se dire artiste

Le joli petit village dans lequel il vivait regorge de boutiques auto-proclamées « galeries » où  de nombreux artistes encore médiocres exposaient des oeuvres qui n’étaient  pas arrivées à maturité ( erreur à mon avis) et n’avaient pas encore atteint le dixième de la qualité de celles que je venais de découvrir.

André se trouvait trop vieux et n’a pas voulu en entendre parler, mais dans ses yeux, j’ai vu une lueur briller, la lueur provoquée par mon admiration sincère et sans flatterie. Il venait d’avoir son heure de reconnaissance et de gloire en tant qu’artiste véritable.

Deux ans plus tard, il est décédé et son épouse aussi. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de toutes ces merveilles. J’espère juste sincèrement qu’elles sont tombées en de bonnes mains.

Ne crains pas les comparaisons

Tu  as peur qu’on te compare à tous ces peintres accomplis auprès desquels tu te trouves si pâle. Et il est là, ton problème. C’est cela aussi qui bloque ta créativité. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur.

« Non, je ne suis pas assez bon pour me dire artiste. Mes oeuvres ne valent pas celles de  Machinchose. »

Il ne faut pas se comparer, mais il faut avancer sur son propre chemin. L’art n’est pas une compétition. Tu es unique. Tu n’es pas forcément meilleur ou plus mauvais, tu es toi!

C’est en peignant qu’on devient peintre

Être artiste, ça ne veut pas forcément dire être un génie né. Non, être artiste, ça veut dire avoir envie d’exprimer sa créativité par un moyen particulier et surtout LE FAIRE. Mais être artiste, ça veut aussi dire travailler pour progresser. Tous ces grands de la peinture n’ont pas fait que des chefs d’oeuvre, mais on ne nous montre pas les ratés du début. Bien sûr, on ne nous parle pas des essais interminables, des tâtonnements, de tous ces dessins froissés ou de ces toiles grattées et réutilisées, de ces désespoirs avant d’atteindre enfin le but espéré. On ne nous dit rien de ces périodes de trous noirs qu’ils ont eu, eux aussi , bien avant nous. Ça n’est pas bon pour l’image du génie d’avoir des doutes, des hésitations, n’est-ce pas? Le génie artistique, c’est de la volonté, du travail du temps et de la passion, rien d’autre.

Un artiste est un ouvrier de l’art

Un artiste est un spécialiste comme beaucoup d’autres, et comme tout spécialiste, il doit travailler dur et beaucoup pour devenir un expert dans son domaine.

Comme tous les mots finissant en » iste« , le mot « artiste » décrit une personne  faisant de l’art son métier, ou bien étant adepte de l’art, ou bien pratiquant l’art ou sa théorie. Rien dans le mot artiste n’implique un génie quelconque, mais une spécialisation, oui.

D’après Wiktionnaire:

ISTE: Suffixe substantif, servant à former un nom correspondant à un métier, ou à un adepte d’une activité, d’une idéologie, ou d’une théorie.

Tu pratiques une forme d’art régulièrement et avec grand intérêt, tu progresses au fur et à mesure de ton expérience et de ton travail? Tu es un artiste, voilà.

La technique s’apprend

Rares sont ceux qui ont la science infuse, comme on dit. Je ne suis même pas sûre du tout qu’ils existent. On a un intérêt, une sensibilité particulière on se sent attiré par cela. Un passionné s’adonne à sa passion, c’est logique. Il y passe le plus de temps possible. Or, plus on passe de temps à faire une activité quelle qu’elle soit, plus on a toutes les chances de devenir bon, très bon même dans ce domaine. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en se spécialisant qu’on devient spécialiste, donc, c’est en peignant qu’on devient peintre, c’est aussi simple que ça.

C’est en peignant qu’on rencontre des difficultés, et c’est en peignant qu’on trouve la solution pour les surmonter. On se renseigne, on teste, on expérimente, on apprend de ses erreurs et…on avance d’un pas de géant! Quant à la créativité, il existe des astuces pour la faire renaître. Si tu n’y arrives pas. Je t’en reparlerai.

Comme dans tout art(isanat), il y a des bases et des techniques  spécifiques à la peinture. On peut les apprendre et les mettre en pratique. Il n’est pas nécessaire de réinventer la roue pour être peintre. On peut profiter de l’expérience des autres, des découvertes des anciens. C’est pareil pour tous les métiers, pour tous les hobbies, pour toutes les activités.

C’est le travail, la patience, la persévérance et la passion qui feront de toi l’artiste que tu as toujours voulu être, alors en avant, plus d’hésitation.

Vas tu cesser d’écouter cette voix qui bloque ta créativité? Vas tu dire à tous que tu es un artiste?

 

 

 

lacis

Le glacis pour sublimer un tableau

  1. glacisLe glacis

Sublimer un tableau avec un glacis de surface? Qu’est ce que cela veut dire?

Vous venez de terminer un tableau. Il est sec si vous l’avez peint à l’acrylique. Si c’est de la peinture à l’huile que vous avez utilisée, il faudra attendre le séchage. C’est un peu l’inconvénient de cette merveilleuse technique. Elle a beaucoup plus de subtilité et de profondeur, fait vivre et vibrer les couleurs, mais demande un peu plus de patience.

Les couleurs à l’huile sont en effet bien plus brillantes et profondes, la texture infiniment plus riche et onctueuse que l’acrylique, mais les temps d’attente sont beaucoup plus longs.  On peut pallier cet inconvénient en peignant plusieurs tableaux simultanément ou en parallèle.  Ainsi, on peut « sauter » de l’un à l’autre selon l’humeur du moment. Ça  a aussi l’ avantage de permettre de prendre du recul vis à vis de son travail. On a la possibilité de découvrir des erreurs de formes, de composition ou de couleur. On peut alors rectifier le tir avant de glacer le tableau, ce qui n’ est pas mal.

La récompense de la patience

Car, ce qui semble être un  inconvénient se transforme vite en avantage. Il est plus facile de juger de ses erreurs lorsqu’on a laissé un travail de côté un certain temps, que lorsqu’on a le nez dessus du début la fin.  Il est bon de prendre un peu de distance. Ainsi, on a le temps de laisser mûrir le tableau et on peut le regarder avec des yeux neufs lorsqu’on le reprend.

Cependant, de plus en plus de peintres sont rebutés par la peinture à l’huile à cause de ces temps de séchage qui sont toujours relativement longs. Chacun fait comme bon lui semble. Je n‘ai pas à juger, et l‘acrylique à certainement des qualités que je ne lui ai pas encore découvertes. Pourtant, la qualité et la noblesse du travail son tellement plus grandes jà l’huile, je trouve.  Moi, je compare parfois la peinture à l’huile avec une bouteille de verre et l’acrylique avec une bouteille de plastique. La deuxième est infiniment plus pratique et légère, mais on aura beau en améliorer le design, elle n’aura jamais ni la beauté ni la noblesse, ni la profondeur du verre. C’est mon avis et ça n’engage que moi :).

Votre tableau vous plaît, donc, et  il vous semble terminé. Cependant, la satisfaction n’est pas à 100% .  On dirait qu’il manque comme un tout petit quelque chose, un petit souffle de vie. Il est encore un peu trop mat, ou les liaisons entre les plages de couleurs vous paraissent un peu brutales. Il est esthétique, certes, mais il ne vibre pas. Alors, vous allez faire quelque chose de merveilleux, un geste magique. Vous allez  faire ce que l’on appelle un glacis de surface.

Qu’est ce qu’un glacis et à quoi est ce que cela sert?

Le glacis est relativement peu utilisé par les peintres amateurs, et c’est un petit peu le secret d’atelier qu’on ne divulgue pas trop largement ( de crainte de voir ces soi-disant amateurs devenir aussi bons que certains professionnels?). C’est peut-être aussi parce qu’il demande un peu de maîtrise dans le mélange des couleurs? 

Cette méthode a beaucoup été beaucoup utilisée des anciens flamands. Elle est un peu passée de mode, même chez les professionnels . À l’ère du « toujours plus vite » on a peu à peu laissé tomber tout ce qui nuit à la rapidité d’exécution du travail. La peinture acrylique, malgré toutes ses indéniables qualités, a contribué à accélérer le processus et faire primer la vitesse au détriment de la qualité. Mais bon, je ne veux pas jouer les rabats joie et si vous aimez l’acrylique, c’est votre droit le plus strict.

Vous connaissez cette situation: quelqu’un près de vous,  a le regard fixé sur quelque chose, à la fois figé dans l’instant, inexpressif et comme loin, très loin. On dirait qu’il regarde quelque chose, mais sans voir. Pour le ramener à vous, vous lui soufflez un petit peu sur le visage ou vous passez doucement ta main devant ses yeux.

_ » tu es là? »

Et là, le visage prend vit, sourit, devient expressif et coloré. Le voile qui figeait l’expression  des yeux a disparu.

Le glacis, c’est comme ce souffle léger qui fait revivre  le regard. Dès qu’il est posé, le tableau semble habité d’une nouvelle vie. Ses structures les plus légères apparaissent et sont mises en valeur. Une impression optique de profondeur s’installe. C’est une sorte de réveil de la belle au bois dormant.

Un voile coloré transparent

Un glacis de surface est une couche de peinture très légère s’accordant à la teinte générale du tableau. Il peut se composer d’une ou de plusieurs couleurs si le tableau comprend des plages colorées de tonalités complètement différentes. C’est à dire que l’on peut faire plusieurs glacis différents sur des surfaces  différentes d’ un même tableau. Cependant, en général et de façon simplifiée, c’est plutôt une seule parce que le but est aussi d’unifier. Le glacis va sublimer la couleur  du tableau et lui donner une grande profondeur, un petit « plus » qui va réveiller toutes les couches qui le composent. Mais il va aussi apporter une unité, relier les éléments entre eux, rendre l’unité cohérente et perceptible. Il peut également se faire en plusieurs couches si on veut aller plus en transparence.

Le fond doit être sec

Avant de faire un glacis, il faut vraiment s’assurer que toutes les épaisseurs du tableau soient bien sèches. La base du glacis contenant du diluant (térébenthine), la couche du dessous pourrait se dissoudre et le résultat serait catastrophique (dans le cas de la peinture à l’huile). Si le fond est sec en surface, mais pas en profondeur, tu risques de te retrouver avec des endroits ridés, et non plus glacés. Cela peut créer un effet spécial et voulu si tu es dans le registre de l’abstrait, mais la plupart du temps, c’est vraiment plutôt moche. Le glacis est la couche finale du tableau. Il remplace souvent même le vernis.

Faire un glacis ne consiste pas en l’application d’une couche épaisse et opaque, mais en l’application d’une fine couche de pigments transparents dilués. Le médium est juste une aide pour les répartir uniformément. Cependant, le glacis donnera une légère brillance au résultat final.

Le matériel

Le pinceau doit être assez souple et d’assez bonne qualité pour ne surtout  pas perdre ses poils. Un pinceau synthétique à poils souples du style de ceux ci-dessous sera parfait. Ces brosses souples plates et carrées se vendent sous le nom de spalter dans une grande variété de marques.

Glacis
Pinceaux à glacis

Pour faire un beau glacis, il faut aussi respecter les proportions et choisir la bonne couleur. L’aspect de l’oeuvre terminé en dépend grandement. Un vilain glacis est pire que pas de glacis du tout.

Il est tout à fait possible, selon la loi du gras sur maigre, de faire un glacis à l’huile sur un tableau entièrement peint à l’acrylique. Mais Il existe aussi dans le commerce plusieurs médiums spécialement créés pour l’acrylique, vousn’aurez que l’embarras du choix.

Les médiums du commerce

Le glacis est un mélange de peinture transparente (très peu) d’huile de lin et d’essence de térébenthine. Pour débuter, tant que vous n’avez pas encore le feeling pour la consistance à obtenir, il vaut donc peut-être mieux utiliser un médium tout prêt appelé médium à glacis. Il en existe une grande variété, portant aussi parfois le nom anglais de glazing medium

glacis
médium à glacis

À ce médium, il suffit d’ajouter la couleur transparente choisie.

Ne pas se tromper de couleur

Il faut cependant être sûr que la couleur choisie complète bien celle du tableau pour obtenir le résultat escompté. Une couleur inappropriée peut détruire tout le charme de votre oeuvre. Pour confirmer votre choix, il serait bon de réaliser un essai en dehors de la toile si vous manquez encore un peu d’expérience en ce domaine. Pour cela, sur un carton blanc ou une feuille de papier dessin, peignez une surface  en acrylique dans les tonalités se rapprochant le plus possible de celle de votre tableau. Ensuite, recouvrez-la de glacis et voyez si la couleur vous convient.

Cependant, il peut arriver que vous vous  trompiez et que la couleur obtenue ne corresponde finalement absolument pas à ce qui avait été pensé au départ. Ce n’est pas un problème parce que la peinture du dessous est bien sèche. Il suffit donc d’essuyer la surface avec un chiffon sec et éventuellement, de finir de l’enlever avec un petit peu d’essence de térébenthine.

Pour savoir si une peinture est transparente, il suffit de regarder les symboles sur le tube. Ils se trouvent en général en haut du tube, juste en dessous du bouchon.

glacis
symboles de transparence

Le carré, lorsqu’il est plein, signifie que la peinture est opaque. Elle ne se prêtera pas très bien aux glacis. Si le carré est coupé en diagonale avec un côté plein et l’autre vide, la peinture sera semi-transparente ou semi- opaque. Dans certains cas, elle pourra être utilisée en glacis. Si le carré est vide, la peinture est donc transparente et tout à fait adaptée à l’utilisation en glacis.

Démonstration

Pour vous faire une petite démonstration, j’ai peint quelques surfaces de couleurs ne Formant  en fait pas une réelle harmonie. L’un des jaunes est trop pâle et n’a pas la même valeur de tonalité que les autres. Le bleu est trop « bleu » par rapport aux couleurs voisines. Le rouge n’est pas assez franc.

J’ai décidé d’unifier le tout avec un ton ocre. L’ocre va approcher le bleu du vert, intensifier le jaune trop pâle et donner au rouge une teinte plus chaude.

glacis
Pour faire le glacis ocre

Pour faire mon glacis ocre, j’ai utilisé du jaune sahara, du rouge vermillon et une pointe de bleu outremer (comme vous l‘avez vu dans l’article sur la couleur chair (clic), le mélange de ces trois couleurs donnant du marron).

glacis
le glacis ocre
glacis
avant glacis

Avant glacis, les couleurs sont séparées, n‘ont pas les mêmes  valeurs et se gênent entre elles.

lacis
après glacis

Une fois le glacis passé sur toute la surface, l‘ensemble s‘est unifié.

Malheureusement, la photo ne donne pas une idée si claire que ça du résultat, mais ce que l’on peut tout de même voir est qu’il y a un changement de valeurs. Le jaune de droite a gagné en intensité et ne choque plus par sa trop grande pâleur. Le rose s’est transformé en rouge orangé. Le bleu ayant pris une teinte tendant vers le vert s’accorde beaucoup mieux au rouge en s’approchant de la complémentarité. Le jaune le plus foncé n’a quasiment pas changé et est maintenant en parfaite harmonie avec toutes les autres couleurs. Les blancs restés entre les plages de couleur ont disparu pour donner une image plus „finie“

Le glacis étant une couche fine et parfois assez liquide, selon le médium utilisé, il convient de le faire sécher à plat, de préférence dans un endroit protégé de la poussière. Cela évitera de vilaines coulures.

Pour résumer

Par un glacis de surface, on peut donc unifier et éventuellement corriger des erreurs de valeurs ou de tonalités tout en ajoutant une belle unité et une sublimation des couleurs. C’est la touche finale du tableau, le souffle de vie.  Tentez l’expérience pour en découvrir la magie.

À bientôt pour un prochain article!

Ariane

 

 

 

 

Art abstrait

L’art abstrait, du grand n’importe quoi?

  L’art abstrait, c’est un monde à part. C’est un voyage intérieur, une part d’inconscient qui transparaît à travers une œuvre.  C’est une forme d’art qui soulève énormément de polémiques. Pour certains, l’art abstrait, c’est du grand n’importe quoi.  Pour d’autres, c’est la forme d’art la plus authentique et la plus importante du siècle dernier, qui continue à évoluer avec force et à s’imposer dans celui-ci.

Une partie des amateurs de peinture (pas les vrais connaisseurs, bien sûr ), considère que le fait de mettre le mot « art » devant abstrait tient du sacrilège.  En revanche, pour d’autres, la peinture abstraite est la plus pure expression de l’âme et de l’esprit. Il faut dire que sous couvert d’art abstrait, on nous sert trop souvent  d’infâmes tartines de gribouillages incohérents. Beaucoup trop de peintres amateurs, essaient de vendre leurs brouillons alors qu’ ils n’ont pas encore atteint leur maturité. C’est dommage.

Que des peintres amateurs se lancent dans l’abstrait, c’est formidable. Mais comme toute autre forme d’art, elle ne peut n’être considérée comme telle que si elle a atteint un niveau d’harmonie , d‘équilibre et de maturité certaine.   On ne peut pas cacher du médiocre, voire du mauvais sous le terme d’abstrait sans passer pour ridicule et prétentieux.

Au même titre que toute autre peinture, la peinture abstraite se travaille et celui qui a un peu d’ambition n’a surtout pas intérêt à mettre ses premiers essais picturaux à la vue du public.

Art abstrait
Paul Klee
Chemins

L’art abstrait a bien évidemment aussi ses critères de qualité

Or, faire de l’art  abstrait ne veut pas dire peindre n’importe quoi, n’importe comment et avec n’importe quels matériaux, loin de là. L’art abstrait a évidemment aussi ses règles esthétiques.  Ses critères de qualité sont aussi sévères que pour toute autre forme d’art qui se respecte.

On entend souvent cette phrase:

« Si tu ne sais pas peindre, tu n’as qu’à faire de l’art abstrait. »

Rien n’est moins juste et plus indignant que cette phrase là. Si tu ne sais pas peindre, tu feras n’importe quoi. Tu peinturlureras des surfaces avec des couleurs peut-être même plus ou moins agréables dans une composition plus ou moins chaotique, pour autant qu’il y en ait une ( de composition). Il n’y aura ni expression, ni cohésion. Ce sera abstrait, certes, mais ce ne sera pas de l’art.

La bonne nouvelle, c’est que si tu travailles et que tu arrives à mettre vraiment ton émotion et une partie de ton « toi intérieur » dans ta toile, si tu arrives à la faire vibrer, tu as gagné.

Certains pensent qu’il suffit de projeter de la peinture n’importe où sur une toile, de maltraiter les couleurs, d’écraser des pinceaux, d’éclabousser la toile n’importe comment pour obtenir une oeuvre abstraite.

Non! Si on fait n’importe quoi, on obtient n’importe quoi, c’est tout! Si on fait n’importe quoi, on se moque du monde, tout simplement.  Certains l’ont fait et sont tout de même devenus célèbres, me direz vous? Oui, mais ils ont des circonstances atténuantes.  Leur art résidait en fait dans l’enseignement d’une vue de l’esprit. C’étaient de grands théoriciens. Ils ont véhiculé  avec force et talent une idée philosophique, une vision de l’art. Eux mêmes n’étaient pas forcément des artistes , mais ils ont semé des graines qui se sont transformées en art dans certains esprits. Ils ont été des inspirateurs puissants.

Difficile de juger la qualité de l’art abstrait

Contrairement à l‘art figuratif que l’on peut comparer aux modèles à représenter , l’abstrait , par définition, ne ressemble à rien de matériellement reconnaissable. Il est donc facile pour certains, peut-être même en toute bonne foi, de vouloir se faire passer pour des artistes sans chercher à approfondir. Seulement, ils passeront toujours pour des peintres du dimanche ou des barbouilleurs s’ils ne se plongent pas avec passion dans la matière en expérimentant encore et encore pour en percer le secret. Et un jour, le secret se dévoile à toi dans toute sa merveilleuse évidence.

Parfois, des barbouilleurs cherchent à profiter de la naïveté et du manque de connaissance des gens. En fait, ce n’est pas l’art qui les intéresse, mais l’éventuel profit qu’on pourrait en tirer. Ils savent pertinemment qu’ils font n’importe quoi.

Or, une mauvaise peinture restera mauvaise et il n’y aura pas de grande satisfaction même  pour eux dans ce genre d’activité. Malheureusement, cela nuit beaucoup à l’image et à la réputation de l’art abstrait. Du coup, l’art contemporain est  souvent associé à  cette image médiocre et chaotique.

L’art abstrait devient un « bricolage pour tous »

En conséquence, l’image de l’abstrait, pour le commun des mortels, c’est donc  simplement du grand n’importe quoi.

Le pire c’est que quand on considère ces peintures là, ils n’ont pas tort, c’est souvent n’importe quoi et n’importe qui pourrait le faire. Tu balances des pots de peinture sur une toile et tu touilles. Fini. Sur internet, on trouve même des tutoriels de barbouillage sous des titres du genre « Faire un tableau abstrait en 5 mn ». C’est un peu comme une recette de cuisine à deux balles. On ne choisit pas bien les ingrédients, on ne respecte pas l’harmonie des masses et des couleurs, on barbouille au hasard. Ce genre de peinture tient plus du bricolage et peut-être , avec un peu de chance, de la déco que de l’art. C’est dommage de détruire ainsi l’image d’une expression qui vient des profondeurs du soi, tout en subtilités et en vibrations , car c’est une forme d’art qui mérite vraiment sa place dans le monde artistique.

Une oeuvre construite

Une oeuvre abstraite doit être tout aussi bien pensée, réfléchie, méditée, composée et ressentie qu’une oeuvre réaliste, parfois même plus. Elle se fait parfois en quelques instants sur un coup de génie, parfois sur plusieurs semaines ou mois. Elle ne reproduit pas une image vue, mais elle traduit une émotion . Il ne s’agit donc pas de tartiner n’importe quelles couleurs ensemble dans n’importe quel ordre pour avoir un réalisé un « tableau abstrait ». Ce serait trop simple et trop triste.

Certains affirment donc qu’il est facile de faire de l’art abstrait. Ils se lancent dans l’aventure. Il n’y a rien de blâmable à cela, au contraire. L’art étant un merveilleux moyen d’expression, chacun est en droit de le pratiquer. Le problème est juste qu’ils n’ont parfois rien compris à la démarche. Ils confondent bricolage et techniques de peinture murales ou décorative avec la peinture artistique qui vient des tripes. Ils peignent des barbouillages désordonnés, sans chercher à approfondir, sans émotion.Tout reste superficiel et brouillon.  Là encore, il n’y a pas de problème. Chacun peut avoir envie de peindre, que ce soit abstrait ou figuratif et de s’amuser avec de la couleur. C’est même un merveilleux passe temps, mais de grâce, ne parlons pas d’art! C’est du barbouillage créatif.

Le problème, c’est la vente

Le problème de ces barbouillages, c’est quand ces peintres amateurs présentent leurs travaux dans des expositions à des prix beaucoup trop élevés , comme s’il s’agissait de chefs d’oeuvres. Cela fausse complètement la donne. C’est un peu comme si, dans un restaurant étoilé, on vous vendait à prix d’or une assiette de nouilles au fromage ordinaire en essayant de la faire passer pour de la grande cuisine. Certains marcheraient, bien sûr, pour ne pas avoir l’air de ne rien y connaître ou paraître médisants ( il est très mal vu de dire ouvertement ce qu’on pense, l’hypocrisie est devenue une vertu), mais se diraient en eux-mêmes: » en fait, n’importe qui peut être cuisinier dans un trois étoiles, même moi, je pourrais le faire ». Dans ce cas, ils auraient parfaitement raison.

Il était nu et ridicule

Vous connaissez l’histoire des habits neufs de l’empereur (lisez la ici)? Il n’y a rien d’étonnant à ce que la grande majorité de ceux qui voient ces soi-disant oeuvres d’art abstraites les trouvent ridicules, même s’ils n’osent pas le dire. Ils ont peur de paraître arrogants, de blesser ou de passer pour des gens « qui n’y connaissent rien« . En fait, ce sont eux qui sont dans le vrai, ils ne sont pas dupes, mais ça ne se fait pas de le dire. Ce sont malheureusement aussi ceux-là même qui propageront l’idée que l’art abstrait, c’est du grand n’importe quoi. Quant à ceux qui achètent des croûtes décoratives au prix de l’art, ils sont aussi ignorants et ridicules que l’empereur nu et ses lâches sujets .

Heureusement, la plupart des (bonnes) galeries savent faire la différence entre un barbouillage, même en grand format ( il y en a qui n’ont pas peur!) et une oeuvre abstraite de qualité. Pour former votre œil et vos ressentis face à de la bonne peinture abstraite, visitez les grandes galeries de renom et les expositions de qualité. Là, vous pouvez plus sûrement vous laisser aller à vos pulsions si vous souhaitez acquérir une oeuvre d’art digne de ce nom.

Vous pouvez acheter de la déco

Vous pouvez aimer les couleurs d’un barbouillage comme vous aimeriez n’importe quel autre objet décoratif, mais soyez assez clairvoyant et ne l’achetez pas au prix de l’art. C’est un objet décoratif, point. Visitez  les musées d’art moderne,  les vraies galeries. Laissez vous imprégner de l’esprit de l’art abstrait, formez-vous à ressentir et à reconnaître.

Je ne veux pas être méchante ni hautaine, mais c’est un fait; l’art abstrait a aussi ses règles qui suivent des critères d’esthétique et de composition. Or ces règles s’apprennent aussi. Un tableau abstrait sans harmonie de couleurs (positive ou négative selon ce que l’on veut exprimer) sans équilibre , sans partage des masses, est un amas de tâches, de gribouillages ou de flaques  informes sans aucun attrait ni message. Ces tableaux sont souvent fatigants à regarder, source de nervosité, parfois même de dégoût. On se lasse très vite de les avoir chez soi.

La peinture comme thérapie

Faire des traits désordonnés sans composition peut avoir un effet thérapeutique libérateur reconnu sur le stress et permet de canaliser son trop plein d’énergie ou d’émotions. Tout comme la boxe sur un coussin,  il a des vertus calmantes que je lui concède bien volontiers. Mais là, on ne parle pas d’art, on parle de peinture thérapeutique, d’extériorisation. Cela n’exclut pas que des artistes puissent naître grâce à cela, d’ailleurs, s’ils continuent à se former.

Autodidacte, pas imposteur

Un autodidacte n’est pas un gribouilleur qui fait toujours n’importe quoi. Il est un peintre qui ne passe pas par une école d’art académique. Il se forme par lui même ( du grec ancien « autodidaktos », qui s’instruit lui-même) par des recherches, des cours particuliers, des (vraies) formations en ligne, des visites dans les musées etc. Beaucoup d’artistes devenus célèbres étaient autodidactes. On  peut citer William Turner,  Francis bacon, Jean Michel Basquiat, Paul Cézanne, Hans Bellmer, Vincent van Gogh, Gustave Courbet…et bien d’autres.

Barbouiller n’importe comment, faire des taches ou des traits partout, superposer des flaques sans réfléchir un instant ou se laisser guider, ça c’est n’importe quoi. En utilisant certaines techniques, le résultat de ces hasards peut même parfois être plaisant à voir, mais par pitié, qu’on ne parle plus d’ART ABSTRAIT pour qualifier ces flaques de hasard!

Regardez ce sketch des inconnus qui me fait mourir de rire et décrit bien la façon éhontée dont on certains soi-disant artistes se fichent du monde. Ce sketch exprime avec humour ce que beaucoup pensent sans oser le dire.

L’art abstrait éveille quelque chose en nous

Pour comprendre ce qu’est l’art abstrait, il faut faire comme on le fait pour l’art en général. Reconnaître un bon tableau d’un mauvais s’apprend , tout comme peindre un bon tableau. Ouvrez vos yeux et votre cœur, laisser les tableaux vous parler.

Un bon tableau abstrait exprime quelque chose et le fait ressentir. Contrairement à un tableau réaliste qui montre ce qu’il y a à voir, il n’y a pas d’explication dans l’art abstrait. Par les formes, par la composition, par la couleur, l’artiste traduit ce qu’il ressent et le transmet. À travers ses traits, ses couleurs, il exprime sa joie, sa colère, ses obsessions, ses rêves. Chacun peut y trouver ce qu’il y cherche. Si l’artiste a voulu y mettre une intention,  on peut la ressentir ou l’interpréter, mais en tout cas, ça bouge

Parfois, on a juste un plaisir esthétique. On est touché par la vibration du tableau, par l’équilibre de la composition, même si c’est inconscient. Car c’est cela aussi. Un bon tableau va jusqu’à l’inconscient et déclenche « un truc ». Ce n’est pas forcément violent, mais c’est là. Il y a « quelque chose ».

Un tableau abstrait doit avoir une cohérence esthétique et il traduit ou provoque une émotion.

Une oeuvre finie

En tant que peintre, il est bon de définir sa palette de couleur à l’avance, la forme, l’atmosphère générale du tableau. On va aller au fond de soi pour faire remonter ses émotions à la surface. On va ajouter des détails aux endroits choisis, l’enrichir de lazures ou glacis pour faire vibrer les couleurs, le continuer jusqu’à sa finalité, le finir vraiment. Le tableau doit donner l’impression qu’il ne manque plus rien, qu’il est « rond », même s’il est très minimaliste.

N’importe qui peut faire un tableau abstrait? Oui, avec du temps, de l’experience, pas du jour au lendemain.

Par contre, c’est vrai,  n’importe qui peut barbouiller une toile pour en faire soit une croûte infâme, soit une image sans intérêt ou stressante, soit un exercice de géométrie scolaire. Bref, n’importe qui peut effectivement faire n’importe quoi.

Un art différent

Cependant, tout s’apprend et même un artiste de talent doit d’abord faire « ses gammes ». Visitez le plus possible d’expositions d’art contemporain.  Étudiez les oeuvres abstraites dans les musées avec un coeur  et un esprit ouverts.  Alors, Vous vous rendrez  compte que ces peinture-là sont différentes. Elles ont un petit quelque chose en plus qui font qu’on s’y attarde. Parfois, c’est l’harmonie et l’équilibre des plages de couleur qui est exactement comme il faut qu’elle soit pour que celles ci se répondent entre elles et vibrent

catalogue d'idées
Mark Rothko
Art abstrait
Mark Rothko

Ou bien, c’est un endroit dans le tableau où est placée la partie forte qui attire l’oeil et le captive.

Art abstrait
Révolution intérieure
Kandinski

Parfois, c’est un  désordre voulu et choisi , mais équilibré, pour provoquer une réaction mentale ou émotionnelle chez le spectateur.

Art abstrait
K. Malevitch

Parfois, aussi, c’est  une forme de laideur intentionnelle pour traduire  et provoquer une forte réaction.

Art abstrait
Hans Hartung

La répartition équilibrée des masses sur la surface de la toile, le choix des couleurs, le choix du format, la forme du trait, tout cela est pensé et réfléchi par un cerveau en ébullition créative et un subconscient hyperactif.  Même si cette réflexion se fait à la seconde même qui précède la trace du pinceau ou du moyen choisi, elle est réelle.

En art abstrait, un tableau a aussi un sens voulu par l’artiste

C’est aussi la raison pour laquelle un tableau abstrait peut perdre tout attrait émotionnel ou esthétique s’il n’est pas accroché dans le sens que le peintre a choisi de lui donner. C’est déjà arrivé dans certaines galeries et c’est terrible. D’un seul coup, les masses peuvent s’alourdir. Les couleurs perdent la cohérence de leur association. Le tableau passe alors de génial à …oui…bof…j’en ferais autant… et perd tout intérêt. Imaginez un tableau réaliste  accroché à l’envers…

Cependant, il arrive que l’artiste lui-même change plusieurs fois son travail de sens au cours de son exécution. Il devient donc parlant dans n’importe quelle position et la gêne dont je parlais plus haut n’existe plus. Dans ce cas, la composition est voulue ainsi et la cohérence est respectée.

Juste un exemple

Regardez ce tableau de Miró dans son incroyable simplicité (qui en fait toute la richesse). On a l’impression que n’importe qui pourrait en faire autant? Copier, oui, peut-être, mais créer! 🤔 . Le rouge vibre comme un néon. Le fond bleu est riche de structure.  Les taches noires, bien ancrées sur leur ligne, semblent se mouvoir avec légèreté vers leur but matérialisé par le puissant trait rouge. Il y a un net mouvement vers la gauche, puis vers le haut. Malgré sa simplicité, on est touché par la dynamique qui se dégage de cette œuvre.

art abstrait
Miró

Regardons maintenant ce tableau à l’envers

art abstrait
Même tableau à l’envers

Le mouvement a disparu,  bloqué par le rouge qui s’inscrit en barrière . Plus aucune légèreté. Les tâches bombées vers le bas donnent l’impression qu’elles sont lourdes et vont tomber. La courbe qu’elles décrivent n’est plus cohérente. Le tableau semble « faussé » et a perdu son équilibre.

Voilà. J’espère vous avoir donné envie de découvrir l’art abstrait dans ce qu’il a de plus noble et de peindre de façon abstraite avec vos tripes ( cet article vous aidera peut-être). Allez lancez vous dans l’incroyable aventure de la peinture abstraite, mais faites le sérieusement, avec passion, avec vos émotions. Avec le temps, la pratique et beaucoup de travail, vous découvrirez un monde extraordinaire de richesse.

Ne dites plus que l’art abstrait c‘est du grand n’importe quoi, partez à la découverte, vous ne le regretterez pas.