Art abstrait

L’art abstrait, du grand n’importe quoi?

  L’art abstrait, c’est un monde à part. C’est un voyage intérieur, une part d’inconscient qui transparaît à travers une œuvre.  C’est une forme d’art qui soulève énormément de polémiques. Pour certains, l’art abstrait, c’est du grand n’importe quoi.  Pour d’autres, c’est la forme d’art la plus authentique et la plus importante du siècle dernier, qui continue à évoluer avec force et à s’imposer dans celui-ci.

Une partie des amateurs de peinture (pas les vrais connaisseurs, bien sûr ), considère que le fait de mettre le mot « art » devant abstrait tient du sacrilège.  En revanche, pour d’autres, la peinture abstraite est la plus pure expression de l’âme et de l’esprit. Il faut dire que sous couvert d’art abstrait, on nous sert trop souvent  d’infâmes tartines de gribouillages incohérents. Beaucoup trop de peintres amateurs, essaient de vendre leurs brouillons alors qu’ ils n’ont pas encore atteint leur maturité. C’est dommage.

Que des peintre amateurs se lancent dans l’abstrait, c’est formidable. Mais comme toute autre forme d’art, elle ne peut n’être considérée comme telle que si elle a atteint un niveau d’harmonie , d‘équilibre et de maturité certaine.   On ne peut pas cacher du médiocre, voire du mauvais sous le terme d’abstrait sans passer pour ridicule et prétentieux.

Au même titre que toute autre peinture, la peinture abstraite se travaille et celui qui a un peu d’ambition n’a surtout pas intérêt à mettre ses premiers essais picturaux à la vue du public.

Art abstrait
Paul Klee
Chemins

L’art abstrait a bien évidemment aussi ses critères de qualité

Or, faire de l’art  abstrait ne veut pas dire peindre n’importe quoi, n’importe comment et avec n’importe quels matériaux, loin de là. L’art abstrait a évidemment aussi ses règles esthétiques.  Ses critères de qualité sont aussi sévères que pour toute autre forme d’art qui se respecte.

On entend souvent cette phrase:

« Si tu ne sais pas peindre, tu n’as qu’à faire de l’art abstrait. »

Rien n’est moins juste et plus indignant que cette phrase là. Si tu ne sais pas peindre, tu feras n’importe quoi. Tu peinturlureras des surfaces avec des couleurs peut-être même plus ou moins agréables dans une composition plus ou moins chaotique, pour autant qu’il y en ait une ( de composition). Il n’y aura ni expression, ni cohésion. Ce sera abstrait, certes, mais ce ne sera pas de l’art.

La bonne nouvelle, c’est que si tu travailles et que tu arrives à mettre vraiment ton émotion et une partie de ton « toi intérieur » dans ta toile, si tu arrives à la faire vibrer, tu as gagné.

Certains pensent qu’il suffit de projeter de la peinture n’importe où sur une toile, de maltraiter les couleurs, d’écraser des pinceaux, d’éclabousser la toile n’importe comment pour obtenir une oeuvre abstraite.

Non! Si on fait n’importe quoi, on obtient n’importe quoi, c’est tout! Si on fait n’importe quoi, on se moque du monde, tout simplement.  Certains l’ont fait et sont tout de même devenus célèbres, me direz vous? Oui, mais ils ont des circonstances atténuantes.  Leur art résidait en fait dans l’enseignement d’une vue de l’esprit. C’étaient de grands théoriciens. Ils ont véhiculé  avec force et talent une idée philosophique, une vision de l’art. Eux mêmes n’étaient pas forcément des artistes , mais ils ont semé des graines qui se sont transformées en art dans certains esprits. Ils ont été des inspirateurs puissants.

Difficile de juger la qualité de l’art abstrait

Contrairement à l‘art figuratif que l’on peut comparer aux modèles à représenter , l’abstrait , par définition, ne ressemble à rien de matériellement reconnaissable. Il est donc facile pour certains, peut-être même en toute bonne foi, de vouloir se faire passer pour des artistes sans chercher à approfondir. Seulement, ils passeront toujours pour des peintres du dimanche ou des barbouilleurs s’ils ne se plongent pas avec passion dans la matière en expérimentant encore et encore pour en percer le secret. Et un jour, le secret se dévoile à toi dans toute sa merveilleuse évidence.

Parfois, des barbouilleurs cherchent à profiter de la naïveté et du manque de connaissance des gens. En fait, ce n’est pas l’art qui les intéresse, mais l’éventuel profit qu’on pourrait en tirer. Ils savent pertinemment qu’ils font n’importe quoi.

Or, une mauvaise peinture restera mauvaise et il n’y aura pas de grande satisfaction même  pour eux dans ce genre d’activité. Malheureusement, cela nuit beaucoup à l’image et à la réputation de l’art abstrait. Du coup, l’art contemporain est  souvent associé à  cette image médiocre et chaotique.

L’art abstrait devient un « bricolage pour tous »

En conséquence, l’image de l’abstrait, pour le commun des mortels, c’est donc  simplement du grand n’importe quoi.

Le pire c’est que quand on considère ces peintures là, ils n’ont pas tort, c’est souvent n’importe quoi et n’importe qui pourrait le faire. Tu balances des pots de peinture sur une toile et tu touilles. Fini. Sur internet, on trouve même des tutoriels de barbouillage sous des titres du genre « Faire un tableau abstrait en 5 mn ». C’est un peu comme une recette de cuisine à deux balles. On ne choisit pas bien les ingrédients, on ne respecte pas l’harmonie des masses et des couleurs, on barbouille au hasard. Ce genre de peinture tient plus du bricolage et peut-être , avec un peu de chance, de la déco que de l’art. C’est dommage de détruire ainsi l’image d’une expression tout en subtilités et en vibrations qui mérite vraiment sa place dans le monde artistique.

Une oeuvre construite

Une oeuvre abstraite doit être tout aussi bien pensée, réfléchie, méditée, composée et ressentie qu’une oeuvre réaliste, parfois même plus. Elle se fait parfois en quelques instants sur un coup de génie, parfois sur plusieurs semaines ou mois. Elle ne reproduit pas une image vue, mais elle traduit une émotion . Il ne s’agit donc pas de tartiner n’importe quelles couleurs ensemble dans n’importe quel ordre pour avoir un réalisé un « tableau abstrait ». Ce serait trop simple et trop triste.

Certains affirment donc qu’il est facile de faire de l’art abstrait. Ils se lancent dans l’aventure. Il n’y a rien de blâmable à cela, au contraire. L’art étant un merveilleux moyen d’expression, chacun est en droit de le pratiquer. Le problème est juste qu’ils n’ont parfois rien compris à la démarche. Ils confondent bricolage et techniques de peinture murales ou décorative avec la peinture artistique qui vient des tripes. Ils peignent des barbouillages désordonnés, sans chercher à approfondir, sans émotion.Tout reste superficiel et brouillon.  Là encore, il n’y a pas de problème. Chacun peut avoir envie de peindre, que ce soit abstrait ou figuratif et de s’amuser avec de la couleur. C’est même un merveilleux passe temps, mais de grâce, ne parlons pas d’art! C’est du barbouillage créatif.

Le problème, c’est la vente

Le problème de ces barbouillages, c’est quand ces peintres amateurs présentent leurs travaux dans des expositions à des prix beaucoup trop élevés , comme s’il s’agissait de chefs d’oeuvres. Cela fausse complètement la donne. C’est un peu comme si, dans un restaurant étoilé, on vous vendait à prix d’or une assiette de nouilles au fromage ordinaire en essayant de la faire passer pour de la grande cuisine. Certains marcheraient, bien sûr, pour ne pas avoir l’air de ne rien y connaître ou paraître médisants ( il est très mal vu de dire ouvertement ce qu’on pense, l’hypocrisie est devenue une vertu), mais se diraient en eux-mêmes: » en fait, n’importe qui peut être cuisinier dans un trois étoiles, même moi, je pourrais le faire ». Dans ce cas, ils auraient parfaitement raison.

Il était nu et ridicule

Vous connaissez l’histoire des habits neufs de l’empereur (lisez la ici)? Il n’y a rien d’étonnant à ce que la grande majorité de ceux qui voient ces soi-disant oeuvres d’art abstraites les trouvent ridicules, même s’ils n’osent pas le dire. Ils ont peur de paraître arrogants, de blesser ou de passer pour des gens « qui n’y connaissent rien« . En fait, ce sont eux qui sont dans le vrai, ils ne sont pas dupes, mais ça ne se fait pas de le dire. Ce sont malheureusement aussi ceux-là même qui propageront l’idée que l’art abstrait, c’est du grand n’importe quoi. Quant à ceux qui achètent des croûtes décoratives au prix de l’art, ils sont aussi ignorants et ridicules que l’empereur nu et ses lâches sujets .

Heureusement, la plupart des (bons) galeristes savent faire la différence entre un barbouillage, même en grand format ( il y en a qui n’ont pas peur!) et une oeuvre abstraite de qualité. Pour former votre œil et vos ressentis face à de la bonne peinture abstraite, visitez les grandes galeries de renom et les expositions de qualité. Là, vous pouvez plus sûrement vous laisser aller à vos pulsions si vous souhaitez acquérir une oeuvre d’art digne de ce nom.

Vous pouvez acheter de la déco

Vous pouvez aimer les couleurs d’un barbouillage comme vous aimeriez n’importe quel autre objet décoratif, mais soyez assez clairvoyant et ne l’achetez pas au prix de l’art. C’est un objet décoratif, point. Visitez  les musées d’art moderne,  les vraies galeries. Laissez vous imprégner de l’esprit de l’art abstrait, formez-vous à ressentir et à reconnaître.

Je ne veux pas être méchante ni hautaine, mais c’est un fait; l’art abstrait a aussi ses règles qui suivent des critères d’esthétique et de composition. Or ces règles s’apprennent aussi. Un tableau abstrait sans harmonie de couleurs (positive ou négative selon ce que l’on veut exprimer) sans équilibre , sans partage des masses, est un amas de tâches, de gribouillages ou de flaques  informes sans aucun attrait ni message. Ces tableaux sont souvent fatigants à regarder, source de nervosité, parfois même de dégoût. On se lasse très vite de les regarder.

La peinture comme thérapie

Faire des traits désordonnés sans composition peut avoir un effet thérapeutique libérateur reconnu sur le stress et permet de canaliser son trop plein d’énergie ou d’émotions. Tout comme la boxe sur un coussin,  il a des vertus calmantes que je lui concède bien volontiers. Mais là, on ne parle pas d’art, on parle de peinture thérapeutique, d’extériorisation. Cela n’exclut pas que des artistes puissent naître grâce à cela, d’ailleurs, s’ils continuent à se former.

Autodidacte, pas imposteur

Un autodidacte n’est pas un gribouilleur qui fait toujours n’importe quoi. Il est un peintre qui ne passe pas par une école d’art académique. Il se forme par lui même ( du grec ancien « autodidaktos », qui s’instruit lui-même) par des recherches, des cours particuliers, des (vraies) formations en ligne, des visites dans les musées etc. Beaucoup d’artistes devenus célèbres étaient autodidactes. On  peut citer William Turner,  Francis bacon, Jean Michel Basquiat, Paul Cézanne, Hans Bellmer, Vincent van Gogh, Gustave Courbet…et bien d’autres.

Barbouiller n’importe comment, faire des taches ou des traits partout, superposer des flaques sans réfléchir un instant ou se laisser guider, ça c’est n’importe quoi. En utilisant certaines techniques, le résultat de ces hasards peut même parfois être plaisant à voir, mais par pitié, qu’on ne parle plus d’ART ABSTRAIT pour qualifier ces flaques de hasard!

Regardez ce sketch des inconnus qui me fait mourir de rire et décrit bien la façon éhontée dont on certains soi-disant artistes se fichent du monde. Il y a beaucoup de vrai dans ce sketch.

L’art abstrait éveille quelque chose en nous

Pour comprendre ce qu’est l’art abstrait, il faut faire comme on le fait pour l’art en général. Reconnaître un bon tableau d’un mauvais s’apprend , tout comme peindre un bon tableau. Ouvrez vos yeux et votre cœur, laisser les tableaux vous parler.

Un bon tableau abstrait exprime quelque chose et le fait ressentir. Contrairement à un tableau réaliste qui montre ce qu’il y a à voir, il n’y a pas d’explication dans l’art abstrait. Par les formes, par la composition, par la couleur, l’artiste traduit ce qu’il ressent et le transmet. À travers ses traits, ses couleurs, il exprime sa joie, sa colère, ses obsessions, ses rêves. Chacun peut y trouver ce qu’il y cherche. Si l’artiste a voulu y mettre une intention,  on peut la ressentir ou l’interpréter, mais en tout cas, ça bouge

Parfois, on a juste un plaisir esthétique. On est touché par la vibration du tableau, par l’équilibre de la composition, même si c’est inconscient. Car c’est cela aussi. Un bon tableau va jusqu’à l’inconscient et déclenche « un truc ». Ce n’est pas forcément violent, mais c’est là. Il y a « quelque chose ».

Un tableau abstrait doit avoir une cohérence esthétique et il traduit ou provoque une émotion.

Une oeuvre finie

En tant que peintre, il est bon de définir sa palette de couleur à l’avance, la forme, l’atmosphère générale du tableau. On va aller au fond de soi pour faire remonter ses émotions à la surface. On va ajouter des détails aux endroits choisis, l’enrichir de lazures ou glacis pour faire vibrer les couleurs, le continuer jusqu’à sa finalité, le finir vraiment. Le tableau doit donner l’impression qu’il ne manque plus rien, qu’il est « rond », même s’il est très minimaliste.

N’importe qui peut faire un tableau abstrait? Oui, avec du temps, de l’experience, pas du jour au lendemain.

Par contre, c’est vrai,  n’importe qui peut barbouiller une toile pour en faire soit une croûte infâme, soit une image sans intérêt ou stressante, soit un exercice de géométrie scolaire. Bref, n’importe qui peut effectivement faire n’importe quoi.

Un art différent

Cependant, tout s’apprend et même un artiste de talent doit d’abord faire « ses gammes ». Visitez le plus possible d’expositions d’art contemporain.  Étudiez les oeuvres abstraites dans les musées avec un coeur  et un esprit ouverts.  Alors, Vous vous rendrez  compte que ces peinture-là sont différentes. Elles ont un petit quelque chose en plus qui font qu’on s’y attarde. Parfois, c’est l’harmonie et l’équilibre des plages de couleur qui est exactement comme il faut qu’elle soit pour que celles ci se répondent entre elles et vibrent

catalogue d'idées
Mark Rothko
Art abstrait
Mark Rothko

Ou bien, c’est un endroit dans le tableau où est placée la partie forte qui attire l’oeil et le captive.

Art abstrait
Révolution intérieure
Kandinski

Parfois, c’est un  désordre voulu et choisi , mais équilibré, pour provoquer une réaction mentale ou émotionnelle chez le spectateur.

Art abstrait
K. Malevitch

Parfois, aussi, c’est  une forme de laideur intentionnelle pour traduire  et provoquer une forte réaction.

Art abstrait
Hans Hartung

La répartition équilibrée des masses sur la surface de la toile, le choix des couleurs, le choix du format, la forme du trait, tout cela est pensé et réfléchi par un cerveau en ébullition créative et un subconscient hyperactif.  Même si cette réflexion se fait à la seconde même qui précède la trace du pinceau ou du moyen choisi, elle est réelle.

En art abstrait, un tableau a aussi un sens voulu par l’artiste

C’est aussi la raison pour laquelle un tableau abstrait peut perdre tout attrait émotionnel ou esthétique s’il n’est pas accroché dans le sens que le peintre a choisi de lui donner. C’est déjà arrivé dans certaines galeries et c’est terrible. D’un seul coup, les masses peuvent s’alourdir. Les couleurs perdent la cohérence de leur association. Le tableau passe alors de génial à …oui…bof…j’en ferais autant… et perd tout intérêt. Imaginez un tableau réaliste  accroché à l’envers…

Cependant, il arrive que l’artiste lui-même change plusieurs fois son travail de sens au cours de son exécution. Il devient donc parlant dans n’importe quelle position et la gêne dont je parlais plus haut n’existe plus. Dans ce cas, la composition est voulue ainsi et la cohérence est respectée.

Juste un exemple

Regardez ce tableau de Miró dans son incroyable simplicité (qui en fait toute la richesse). On a l’impression que n’importe qui pourrait en faire autant? Copier, oui, peut-être, mais créer! 🤔 . Le rouge vibre comme un néon. Le fond bleu est riche de structure.  Les taches noires, bien ancrées sur leur ligne, semblent se mouvoir avec légèreté vers leur but matérialisé par le puissant trait rouge. Il y a un net mouvement vers la gauche, puis vers le haut. Malgré sa simplicité, on est touché par la dynamique qui se dégage de cette œuvre.

art abstrait
Miró

Regardons maintenant ce tableau à l’envers

art abstrait
Même tableau à l’envers

Le mouvement a disparu,  bloqué par le rouge qui s’inscrit en barrière . Plus aucune légèreté. Les tâches bombées vers le bas donnent l’impression qu’elles sont lourdes et vont tomber. La courbe qu’elles décrivent n’est plus cohérente. Le tableau semble « faussé » et a perdu son équilibre.

Voilà. J’espère vous avoir donné envie de découvrir l’art abstrait dans ce qu’il a de plus noble et de peindre de façon abstraite avec vos tripes ( cet article vous aidera peut-être). Allez lancez vous dans l’incroyable aventure de la peinture abstraite, mais faites le sérieusement, avec passion, avec vos émotions. Avec le temps, la pratique et beaucoup de travail, vous découvrirez un monde extraordinaire de richesse.

Non, l’art abstrait n’est pas du grand n’importe quoi 🙂

couleur chair

Couleur chair à partir des couleurs primaires

couleur chair

La couleur chair, qu’est ce que c’est?

La couleur chair est en principe la couleur de ce qui se trouve sous l’épiderme et qui est la même pour tous les humains. Souvent, ce que nous comprenons par « couleur chair », c’est en fait la couleur de peau que l’on dit blanche. C’est une couleur que l’on aime bien utiliser dans les portraits. Elle décrit une sorte de rose, mais pas le rose bébé ou le rose des fleurs. C’est un rose un petit peu brun, mais très légèrement.

Cependant, même si on la trouve en tube, on ne pourra pas l’utiliser telle quelle uniformément. Il faudra lui ajouter des nuances pour la rendre vivante. Donc, autant la mélanger directement soi-même!

A partir de là, on va pouvoir facilement faire des nuances pour représenter absolument toutes les couleurs de peaux humaines de la terre.

Une couleur chair naît d’abord de la couleur brune des peaux indiennes ou africaines.

Par analogie, cette couleur va donc pouvoir servir pour peindre tous les types de peaux, qu’elles soient européennes, africaines ou asiatiques. Une fois la base posée, il suffit d’ajouter des nuances plus ou moins importantes pour la transformer. La fameuse couleur chair n’en est qu’une des nombreuses variantes.

Les couleurs primaires

Les couleurs de base  appelées couleurs primaires sont le rouge, le bleu et le jaune.

En mélangeant les couleurs de bases deux par deux, on obtient les couleurs complémentaires

Rouge bleu = violet

rouge jaune  = orange

bleu jaune = vert

Pour commencer, nous allons mettre nos trois couleurs de base sur la palette.

Plutôt qu’une palette en bois ou en métal, j’utilise une vieille assiette en porcelaine. Comme elle est blanche, il est plus facile de se rendre vraiment compte de la teinte obtenue au final.

Nous allons donc prendre :

du bleu outremer

du rouge vermillon

et du jaune d’or

la couleur chair
Les couleurs primaires rouge, jaune et bleu

Mélanges

Nous allons commencer par mélanger un peu de rouge et de jaune pour obtenir un orange, donc.

la couleur chair
rouge et jaune donnent orange

Ajoute plus ou moins de jaune pour que ton orange soit bien franc, mais sans tendance trop forte vers le rouge ou le jaune. En principe, c’est la même quantité de chaque couleur, mais certaines peintures peuvent être plus fortement pigmentées que d’autres.

Lorsqu’on mélange les trois couleurs primaires ensemble, on obtient une teinte grise très sombre, presque noire. Cependant, si on ajoute juste un petit peu de la troisième couleur aux deux autres, en occurrence ici le bleu, on obtient une troisième teinte que l’on peut moduler à son gré à l’infini. On va donc ajouter une petite pointe de bleu à l’orange, et c’est magique. Dans notre cas de figure, cela donne un marron.

couleur chair
Le mélange des trois couleurs donne du marron

Ce marron n’est pas encore la couleur chair, mais il peut déjà être la base d’une peau africaine. Dans les zones d’ombre, il sera parfait. Il peut bien évidemment être modulé et nuancé.

Si on lui ajoute du jaune, il peut représenter,- ce n’est qu’un exemple-, les parties du visage qui seront plus exposées à la lumière.

couleur chair
Un peu plus de jaune l’éclaire

Si en revanche, on ajoute un peu plus de rouge, le ton devient plus cuivré et pourra représenter le passage de l’ombre à la lumière dans des zones neutres.

couleur chair
Plus de rouge

En revanche, si on ajoute plus de bleu, la couleur va s’assombrir pour presque se rapprocher du noir dans les zones les moins exposées à la lumière.

couleur chair
Plus de bleu, la couleur assombrit

Voilà. Donc, nous avons obtenu la première couleur de peau en mélangeant nos trois couleurs primaires.

Du blanc en plus pour la couleur chair

C’est à partir de cette couleur de peau africaine que nous allons obtenir  la fameuse couleur chair.

La peau « blanche », qu’est ce que c’est, en fait? C’est ce qu’on décrit le plus souvent avec cette fameuse couleur chair. C’est tout simplement exactement la même couleur que celle que nous venons de faire, mais éclaircie avec du blanc. Une peau d’européen, c’est une peau « noire » avec beaucoup moins de pigments. Donc, comment faire? En peinture, on va tout simplement traduire ça en ajoutant finalement un peu de blanc, et hop, comme par enchantement,la peau sénégalaise devient une peau suédoise :).

Comme quoi, la différence n’est pas grande entre nous tous, n’est ce pas?

couleur chair
les trois couleurs primaires plus du blanc

Et là, comme par magie, le marron devient rose et on a donc obtenu notre couleur chair.

couleur chair
le marron devient rose comme par magie

Maintenant, il faut nuancer la chose. Selon la couleur de marron qui a été utilisé ( c’est à dire dominance de bleu, de rouge ou de jaune), on aura aussi des roses différents. Là, on est vraiment sur de la couleur chair, mais elle est très pâle .

couleur chair
le marron devient rose comme par magie

On va ajouter un petit peu de jaune:

couleur chair
Avec un peu plus de jaune

La couleur chair devient ainsi un peu plus hâlée

couleur chair
la couleur devient plus dorée

Si, par contre , on ajoute une pointe de bleu, la couleur chair s’assombrit un peu pour des peaux plus basanées ou des zones d’ombre.

couleur chair
Une légère touche de bleu en plus

Maintenant, il ne reste plus qu’à jongler avec la teinte de base et l’ajout de blanc, mais plus ou moins prononcé, pour obtenir les couleurs de peau de la terre entière! C’est aussi simple que cela.

Toutes les couleurs de peau

Avec la couleur de base (donc rouge, jaune, pointe de bleu) on obtient une peau basanée et cuivrée

couleur chair
peu de blanc

On ajoute juste une pointe supplémentaire de jaune pour une peau africaine

couleur chair
Un peu plus de jaune

puis du blanc et un peu de rouge pour la peau européenne

couleur chair
Un petit peu plus de rouge

encore plus de blanc pour une peau claire de jeune fille

couleur chair
Un petit peu plus de blanc

Avec encore un plus de blanc et une pointe de jaune,  pour finir, on obtient une douce peau asiatique.

plus de blanc et de jaune

Voilà, il ne te reste plus qu’à expérimenter et faire tes gammes.  Tu sais donc maintenant comment obtenir très simplement et avec les couleurs de base que tu devrais avoir de toutes façons, la couleur chair et celle des peaux de l’humanité entière.

À bientôt pour le prochain article sur comment-peindre.com

 

Le vert

Le vert, du vert pomme au vert sapin

Aujourd’hui, nous retrouvons un thème plus  lié à la pratique. En effet, je vais vous parler de la couleur verte. En fait, Le vert en soi n’existe pas, tant il en est de variations. C’est toute une très grande famille. La couleur verte, c’est la nature, la végétation. Une nature morte , un paysage, un visage même, est amputé d’un élément primordial si il ne comporte pas cette teinte ou au contraire n’est valorisé par elle.

Quelquefois, elle est bien visible et reconnaissable comme dans le portait de la jeune fille ci-dessous,

Le vert
Le vert dans le visage et les cheveux de cette jeune fille les rendent doux

quelquefois beaucoup plus subtile comme dans ce portrait d’un gentilhomme de Pompéi Batoni.

Le vert
Portrait d’un gentilhomme

Ici,  les touches en sont fondues sur le front et paraissent tout à fait naturelles. On ne le voit réellement  que quand on y porte attention

Le vert étant la couleur complémentaire du rouge, l’oeil ne le perçoit pas comme un élément étranger. Le visage gagne en expression et en caractère. Aussi bizarre que ça puisse paraître, il devient plus vivant. Il entre dans la composition de la couleur chair

Mais…

Il n’y a pas qu’un seul vert

C’ est la couleur des d’ambiance par excellence, celle qui donne le caractère ou la température d’un tableau.

Au 17siècle, il était de mode de peindre des vanitas. Ces tableaux représentaient entre autres des mets, des fruits et des légumes, mais d’une façon triste et sans vie. Ces natures mortes étaient vraiment mortes au sens propre du terme. C’était, en quelque sorte, une peinture philosophique tendant à rappeler le caractère éphémère de la vie n’ayant pour seule finalité que la mort. Il ne fallait pas attacher de valeur à tout ce qui était périssable. Ainsi, on y voyait du pain rassis, du fromage séché, des cadavres d’animaux, parfois aussi un crâne humain. Pour obtenir cet effet morose de matière morte et de fruits et légumes sans fraîcheur, on évitait le soigneusement les verts frais en les chargeant de rouge ou de brun pour les rendre plus sourd et plus triste. Ils étaient grisés, pâlis, sombres ou salis.

Le vert
Là, le vert est un peu repoussant. Il coupe l’appétit (Claez)

Couleur d’espoir et de liberté

Mais cela peut être aussi la couleur de la joie. Dans ce tableau abstrait, si on enlève les verts, il devient ennuyeux. Grâce à eux, il se réveille. Essayez en mettant votre doigt dessus. Vous voyez comme il change de caractère?

Le vert
Sans le vert, le tableau devient triste (Theodor Wermer)

Il fait vivre la nature par toutes ses nuances. Le foin coupé est mort, mais tout autour, l’energie est bien palpable.

Ombres
les meules de Monet

Il va mettre de la fraîcheur dans un été trop chaud. Associé au bleu, il renforce ainsi la sensation de fraîcheur ( du ruisseau) .

Le vert
Le vert est rafraichissant (Otto Mueller)

Il souligne et accompagne  le romantisme,

Le vert
vert romantique

le vert et ses variations

La théorie de la couleur nous dit que pour faire du vert, il suffit de mélanger du jaune et du bleu. C’est tout à fait exact, mais c’est évidemment aussi extrêmement  réducteur. Il existe d’infinies possibilités de nuances, selon la proportion de jaune ou de bleu utilisée. De même que, selon les bleus et les jaunes utilisés le résultat ne sera bien sûr pas le même

Un bleu ciel  mélangé à un jaune citron donnera un vert beaucoup plus frais que si on mélange un bleu outremer à ce même jaune citron. Pour faire simple, la couleur verte, c’est effectivement un mélange de bleu et de jaune. Mais il existe un très grand nombre de variations.

A quoi sert le vert en peinture

La couleur verte est, dit on, la couleur de l’espoir. C’est effectivement la première couleur qui apparaît dans la nature après le froid et la grisaille de l’hiver. Elle est symbole de vie, de vitalité, de bonne santé, de renouveau. Au moyen âge l’amour naissant était symbolisé par cette belle couleur.

Le vert est aussi associé à l’environnement, à une nature saine. En politique, les écologistes l’ont choisi pour définir leur parti. L’industrie alimentaire en use et en abuse pour nous faire passer ses produits pour sains et naturels, même si ce n’est pas le cas. Il ouvre l’appétit.

Donner le feu vert à quelqu’un, c’est lui permettre de suivre ses idées ou son projet, le laisser partir de l’avant. Le vert du feu de signalisation donne la liberté de rouler à nouveau.

À la fin de l’année, lorsque les feuilles jaunissent et tombent, nous ressentons souvent le besoin de vert. Nous coupons donc des branches de sapin pour décorer notre intérieur et plaçons du sapin ou du houx chez nous. Les plantes vertes sont partie intégrante d’une décoration agréable  à la maison.

La couleur du poison

Mais le vert peut aussi avoir des connotations négatives. Si la mousse est d’un joli vert dynamique, celui de la moisissure est plus sombre. Le poison peut aussi être symbolisé par un vert bilieux désagréable à regarder. Par extension, on habillait souvent  les traîtres, les fourbes et les hypocrites de cette couleur au théâtre.

Molière étant décédé sur scène dans un costume vert, cette couleur a, en fait, longtemps été  considérée comme portant malheur au théâtre. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pourtant, certains comédiens ont conservé cette superstition.

Une couleur reposante

La couleur verte est reposante pour les yeux. On peut regarder un paysage vert sans se lasser. Dans les maisons aussi, elle est un pôle de calme et de paix.

Les élèves se fatiguent moins les yeux devant le fort contraste de la craie blanche sur le tableau  lorsque  celui-ci est vert. À une certaine époque  les  écoles ont donc remplacé peu à peu tous les tableaux noirs par des verts, plus reposants et plus doux à regarder.

Vert
le tableau vert a remplacé le noir dans les écoles

Cela peut aussi être la couleur de la prière et de la méditation. Certaines religions, comme l’islam, en ont fait leur couleur sacrée.

Quelques recettes pour obtenir le vert

Les possibilités de mélange sont tellement immense que je ne vous donnerai ici qu’une impulsion qui vous mènera vous même à continuer l’expérience. Je vais prendre uniquement deux sortes de jaune pour démonstration. À chaque nouveau mélange, vous aurez une tonalité nouvelle.

Voyez cette assiette:

Vert
Verts différents selon le bleu et le jaune choisi

J’y ai mis un peu de jaune Indien d’un côté, de jaune citron de l’autre. À côté, j’ai mis à chaque fois un bleu différent ( quatre en tout) et j’ai mélangé.

Commençons par les mélanges jaune citron:

Selon le bleu que vous allez y mélanger, la couleur sera complètement différente.

Pour obtenir du vert printemps ou pomme verte : ajoutez du bleu turquoise

Le vert

Si vous voulez un vert  d‘été, celui  des arbres feuillus  ou des herbes des champs, vous prendrez plutôt un bleu de Prusse

Le vert

Pour un vert à tendance bleutée comme on en voit dans l‘ombre des feuillages ou sur certains conifères, le bleu primaire fera le boulot

Le vert

Alors que le pour les verts sombres des zones d‘ombres vous utiliserez le bleu outremer

Le vert

Les mêmes avec du jaune d‘or

Si on reprend les même bleus en les mélangeant à un jaune indien ( jaune d‘or) qui est un ton plus chaud, on obtient alors des verts complètement différents:

Avec le bleu turquoise, ce sera un vert olive plus du tout vif ni  printanier, mais fruité

Le vert
Vert jaune

Le mélange au bleu de Prusse donnera aussi un ton beaucoup plus foncé pouvant  rappeler celle  des grands sapins de montagne

Le vert
Vert sapin

Si vous prenez maintenant votre bleu primaire, vous allez ainsi obtenir une couleur définie comme vert de bile. Certes, le nom n‘est pas vraiment joli, mais c‘est une couleur comme une autre qui peut aussi trouver mille et une utilisations 😉

Le vert
Vert de bile

Reste le bleu outremer. Et là, on a la surprise de découvrir un ton se rapprochant de la terre. C’est encore un vert, mais à tendance presque brune. Cette couleur est si présente dans la nature sur les sols et sur les troncs d’arbres que l’armée et les chasseurs s’en servent de couleur de camouflage. Il s’agit bien sûr du kaki.

Le vert
vert kaki

Chaque appareil rendant les couleurs de façon différente, je vous conseille vivement de faire l‘essai vous. De cette façon, vous pourrez vous  rendre compte du résultat par votre propre expérience.

Vous pouvez aussi expérimenter avec d‘autres jaunes et d‘autres bleus. Les possibilités sont infinies.

Pour garder en tête ces mélanges, vous pouvez les faire sur des petites cartes en écrivant dessus les couleurs utilisées. Le jour où vous aurez besoin d‘un vert bien particulier, vous n‘aurez plus besoin d‘expérimenter, vous le retrouverez sur votre petite carte.

En attendant, je vous souhaite beaucoup de plaisir avec vos mélanges et vous dit à bientôt pour le prochain article

Ariane

peinture émotionnelle

Peinture émotionnelle pour trouver son style

Contrairement à ce qui est souvent dit, la peinture émotionnelle n’est pas forcément une peinture libérée de toute technique et de toutes règles. En tout cas , pas si on a l’ambition de faire de la peinture artistique.

Il y a la peinture émotionnelle thérapeutique . Celle-ci  ne cherche pas à faire de l’art, mais à libérer ses émotions sur une toile pour extérioriser une douleur ou un problème. En fait, celle ci peut complètement se passer de bases techniques.

  Ce qui nous intéresse ici, c’est la peinture émotionnelle artistique. C’est une forme de peinture qui est portée par  l’émotion intérieure, mais qui exige un minimum de connaissances techniques . Mieux on maîtrise les diverses techniques artistiques, moins on aura besoin de réfléchir au « comment » et plus grandes seront les chances de créer des images pleines d’émotion, mais qui seront également belles et intéressantes à voir.  Car la peinture émotionnelle est à rapprocher, dans son concept, de l’écriture automatique. Nul ne pourrait pratiquer l’écriture automatique sans maîtriser parfaitement l’alphabet, la formation des mots et leur place dans la phrase.

Le temps s’envole

Tu as commencé un tableau. Et puis le temps s’est envolé. C’est toujours comme ça quand on est absorbé dans une activité créative. As- tu peint pendant une heure, trois heures? En fait, tu ne pourrais pas le dire.  Ce phénomène intervient parce que, volontairement ou pas, tu as quitté l’espace temps. Tu as fait le vide dans ta tête. Tu as alors glissé sans t’en rendre compte dans un niveau de conscience parallèle. Ta peinture n’a plus été guidée par ton intellect, mais par ton ressenti…et le plus drôle, c’est que tu ne t’en es même pas vraiment rendu(e) compte.

  Tu es passé du diktat étouffant  de la peinture académique à la liberté totale de la peinture émotionnelle. La peinture académique t’ impose des règles bien précises, te force à réfléchir à l’association de couleurs, aux proportions justes, à la composition, à la perspective, à la règle d’or etc…La peinture émotionnelle te permet d’être toi, sans limite, sans chaînes, mais en utilisant inconsciemment tout ce que tu as appris.

 

Apprendre à peindre sans sa tête

Peut-être que toi-même n’as pas encore eu accès à cette expérience. Peut-être ne maîtrises-tu pas encore assez les règles de base de la peinture pour qu’elles soient devenues instinctives.  Pas de souci car cela s’apprend. Tout s’apprend avec un peu de volonté et beaucoup d’enthousiasme et de passion.

D’abord, bien sûr, il te faudra donc avoir des bases. Ces bases, tu les auras acquises par l’ exercice répété des techniques indispensables. Tu as fait une école, pris des cours, lu des livres. Ne cherche surtout pas à faire un chef d’oeuvre à chaque fois que tu attrapes un crayon. Entraîne toi encore et encore.

Avoir la force de jeter

Prends n’importe quel bout de papier, lorsque tu en ressens l’envie, et entraîne-toi. Peu importe le motif. On ne cherche pas à faire une oeuvre d’art, mais à  avancer dans son expérience. Chaque exercice de perspective sera meilleur que le précédent, parce que tu auras assimilé un élément supplémentaire. Chaque dessin sera mieux fait car, sans même t’ en rendre compte, tu apprendras forcément de tes erreurs. Gribouille, griffonne,  teste , expérimente. Tu vas te  rendre compte que ce qui te paraissait si complexe s’éclaire d’un seul coup, que ton trait s’affermit. Ta confiance en toi grandit à chaque étape.

Le motif est sans importance. La phrase que j’entends souvent : » j’aimerais bien dessiner, mais je ne sais pas quel sujet choisir » n’est en fait qu’une façon déguisée de procrastiner. De là où tu êtes actuellement, dessine ce que tu vois. Tu es dans ta chambre et as vue sur une commode? ou sur un lavabo? Dessine le lavabo. Il n’y a pas de mauvais motif pour apprendre. Et puis, un lavabo, ce n’est pas un objet aussi simple qu’il y paraît 😉 . Dans la cuisine,  il y a mille objets à dessiner. Tu es dans ton jardin? Entraîne-toi  à la perspective avec un coin de la maison. Ton chat dort à côté de toi? Vas-y. C’est un modèle parfait. C’est en dessinant qu’on apprend à dessiner.

Tu trouves votre dessin moche ? On s’en fiche, jette-le. Le prochain ( si tu n’attends pas 6 mois, et même là…) sera mieux, c’est certain.

Prends des notes

peinture émotionnelle
carnet de notes

Tu veux accorder les couleurs entre elles? Eh bien,  regarde dans la nature. Elle ne fait pas d’erreurs d’harmonies. Prends des notes.

Des bleuets dans un champ de blé, c’est joli.  Note le doux contraste du bleu intense et du vert jaune. Fais une petite carte au crayon de couleurs ou à l’aquarelle pour noter cette harmonie ( et si tes crayons de couleurs n’ont pas la bonne teinte, n’oublie pas que tu peux l’obtenir par superposition) Des coquelicots y poussent aussi? Note le contraste puissant du rouge vermillon et du bleu profond.

Décline les bruns, jaunes et rouilles de l’automne. Les gris font chanter les couleurs des bonnets de laine, du ciel et des plumes colorées des passereaux en hiver. Les couleurs vitaminées des fleurs de l’été associées entre elles,  à la verdure et aux couleurs du ciel enrichiront encore ta collection de cartes. La pâleur encore hésitante du printemps qui s’annonce  t’offrira aussi de nouvelles harmonies. Garde les yeux ouverts, observe, note. Quelles sont les couleurs qui s’aiment? quelles sont celles qui se battent?

La peinture émotionnelle

C’est un peu comme certaines pratiques de yoga ou de méditation. La peinture émotionnelle peut s’apparenter aussi à l‘écriture automatique, qui consiste à transcrire sur le papier tout ce qui nous passe par la tête sans aucun filtre.

Faire le vide dans sa tête. Comment passer d’un état de pleine conscience en une sorte d’état second. Comment passer de l’ acte volontaire de peindre un motif académique,  à une transcription émotionnelle intense de son soi intérieur. En un mot, comment faire de la peinture émotionnelle. C’ est ce que j’ aimerais te transmettre ici.

Je ne veux pas dire par là qu’il faille effacer le disque dur, au contraire :). Nous ne mettons pas notre cerveau en sourdine. Nos pensées restent présentes. Nos idées fourmillent. Nous avons besoin de notre vécu, de nos expériences.

Le plus grand secret des grands peintres

On ne te l’a jamais dit, n’est ce pas? Et pourtant, c’est cela, le secret des plus grands peintres.

peinture émotionnelle
Ah, mais c’était donc ca!

Les meilleurs peintres, les plus reconnus, ne sont pas ceux qui reproduisent  à la perfection ce qu’ils voient dans leurs toiles, ceux qui maîtrisent la technique sur le bout des doigts. NON!  Ce sont ceux qui se libèrent de leurs pensées limitantes en mais laissant transparaître une grande partie d’eux-même. C’est pourquoi les tableaux de van Gogh, Picasso , Cézanne, Miró etc… nous touchent tellement plus qu’une peinture parfaite et quasi photographique. La perspective est souvent plus qu’aproximative, les formes distordues, mais les tableaux vibrent et nous transmettent quelque chose qu’on ne peut pas vraiment traduire par des mots. Ils débordent d’authenticité, de puissance créatrice. Ce résultat ne peut être obtenu que dans la peinture émotionnelle.

Faire le vide dans sa tête

Faire le vide dans sa tête, c’ est en fait se mettre dans un état de semi-conscience tel que celui où on plonge lorsqu’ on est en état d’ hypnose. On est physiquement là, capable d’ agir. On voit et on vit ce qui se passe autour de nous, on peut tout entendre, mais la conscience est décalée. En réalité, on agit consciemment, mais comme guidé par une main invisible. Cette main, c’est notre subconscient.

C’ est un peu comme quand on fixe une bougie. On est dans le moment présent, mais les pensées vagabondent librement dans un monde parallèle.

C’ est une sorte d’ état méditatif, passage dans un état second. À ce moment là, c’ est magique. La main, les yeux agissent comme sous l’ emprise de directives inconscientes. La peinture prend le dessus. Ce n’ est plus toi qui peins, on ( ton toi intérieur) peint à travers toi. Il n’y a plus qu’à se laisser aller et exécuter. C’ est ton toi  subconscient qui prend les commandes. Et là, magie!

Intérêt de la peinture émotionnelle

En quoi est-ce intéressant pour nous de passer à la peinture émotionnelle ?  En fait, je crois que c’ est fondamental pour sortir d’ un académisme rigide. Nous avons appris à dessiner des formes, à associer des couleurs, à respecter des perspectives, la répartition des masses, la composition. Tout cela est important et bien engrangé quelque part dans notre cerveau. Cela va pouvoir ressurgir au moment voulu.

Beaucoup de personnes se demandent pouquoi quelqu’un comme Picasso, par exemple, qui sait si bien dessiner, se met d’un seul coup à déformer les corps et les visages. En réalité, c’est là le véritable passage à la peinture émotionnelle, la naissance du VRAI Picasso.

Certes, il se peut que la perspective change, que les couleurs ne correspondent plus à la réalité environnante. Il se peut que les formes s’ allongent (Modigliani)

peinture émotionnelle
Modigliani

se superposent (Braque),

peintur émotionnelle
Braques

se contorsionnent ( Picasso).

peinture émotionnelle
Picasso

Il est possible aussi que les couleurs vibrent autrement ( Franz Mark),

peinture motionnelle
Franz Mark

que les accords se disputent ( Edvard Munch),

peinture émotionnelle
Munch

ou que tout ne soit plus qu’ harmonie ( Cézanne).

peinture émotionnelle
Cézanne

Les perspectives vont peut- être devenir un peu irréelles, déformées ( van Gogh), exagérées

peinture émotionnelle
van Gogh

ou les contours trop marqués (Buffet)

peinture émotionnelle
Bernard Buffet

Les formes deviennent géométriques ( Delaunay)

peinture émotionnelle
S. Delauney

ou organiques ( Mirò)

peinture émotionnelle
J. Miró

Tout cela n’a aucune importance, au contraire!

Tu vas trouver ton style

En réalité, on ne sait pas soi- même à l’ avance ce qui va se passer. Ce qui est sûr, c’ est que quelque chose  va sortir de toi et que ce quelque chose va devenir récurent tableau après tableau. C’ est ce qu’ on va appeler ton style personnel. Tu ne pourras plus faire autrement.  Ce sont les caractéristiques de  ta peinture, de ta pâte qui vont transparaître. C’est ce qui va rendre ta peinture absolument unique. Ce sont ces caractéristiques bien particulières qui font que, rien qu’ en regardant un tableau, on puisse se dire  » c’ est un Picasso » ou « c’ est un van Gogh ». C’ est la peinture émotionnelle qui  permet ça, parce que c’ est une partie de toi que tu y dévoiles.

Ne pas reproduire

Un des grands secrets de la peinture émotionnelle est qu’ elle ne cherche pas à reproduire la réalité photographiquement, mais à faire vibrer le sujet quel qu’il soit. Certes, la reproduction fidèle et hyper détaillée de la nature, des paysages ou des objets qui nous entourent est formidable pour apprendre, pour comprendre, mais elle n’a pas d’âme ( je sais qu’avec cette phrase, je ne vais pas me faire que des amis).

Comment arriver à cet état ?

C’ est très difficile à transmettre parce que c’ est une expérience individuelle.  Certains y parviennent grâce à la musique, d’ autres par la respiration. Pour moi, c’ est le silence. Même s’ il y a des bruits à l’ extérieur, le silence se fait au fond de moi. Ce silence se pare des couleurs que j’ avais choisies auparavant. Puis tout se fait comme si c’ était une évidence. Le temps ne s’ écoule plus en heures ni en minutes ;  on est hors du temps.

Mets une musique que tu aimes. Prépare les couleurs de base de ce que tu as plus ou moins dans l’idée. Plonge dans ta musique et ne te force à rien. Laissez toi porter.

Tu n’y arriveras sans doute pas dès la première fois

Pour certains d’entre vous, ce sera immédiat, mais il faut reconnaître que c’est l’exception. Pour d’autres, le lâcher-prise sera plus dur. Ne te désespère pas, n’abandonne pas. Le jeu en vaut largement la chandelle. Les êtres humains sont tous différents. Teste aussi plusieurs approches ( musique, lecture inspirante, images que tu aimes, silence intérieur, film, méditation etc.) et vois ce qui te convient le mieux.

Depuis que j’ ai  glissé de plus en plus facilement dans ce monde de liberté créative, la peinture abstraite s’est imposée dans ma vie. Et c’est ainsi que sur la toile se transmettent les émotions telles un sismographe. La peinture émotionnelle peut tout à fait aussi s’appliquer à des techniques figuratives telles que les ont peintes les impressionnistes, expressionnistes, dadaistes et bien d’autres.

Attention, je ne peins pas avec la ferme intention de montrer mes émotions. Là, de nouveau, ce serait artificiel, « voulu ». La peinture émotionnelle, c’est la liberté totale. Je peins, c’est tout. Ne cherche pas à analyser tes tableaux pendant que tu les fais, le charme serait rompu ( et d’autres se feront un plaisir de les analyser pour toi plus tard 😉 ) . Donc, pas de contrainte, pas de forcing, juste un laisser faire serein.

Certains pensent arriver plus vite à cet état d’abandon en prenant des substances hallucinogènes, alcool ou autres drogues. Je le déconseille fortement. Certes, la dissociation se fait, mais elle ne sert malheureusement à rien. En plus de se ruiner la santé, le résultat final est presque toujours  lourd, brouillon et sali. Il est la plupart du temps une grande source de déception, voire de désespoir pour certains. Il est inutile de risquer sa santé pour obtenir un état qui nous est offert naturellement avec un peu de patience et d’entraînement. Un jour, ça vient d’un seul coup, tu vas voir.

À toi de tester la peinture émotionnelle

Et quand tu seras parvenus à cet état d’abandon confiant, tu me diras ce que ça a éveillé en toi 😉

à bientôt pour un prochain article

Ariane

 

Couleurs primaires

les couleurs primaires pour commencer en peinture

Qu’appelle t’on couleurs primaires? Combien de couleurs faut-il pour commencer en peinture et lesquelles? Nombre d’entre vous se posent la question.

Devant la multitude des teintes proposées en tubes, comment savoir celles qu’il faut prendre en premier, histoire de se limiter un peu quand même. Surtout si on sait qu’il nous est possible de les obtenir quasiment toutes par des mélanges.

Vous vous souvenez qu’à l’école, on vous avait parlé de couleurs primaires : le rouge, le bleu et le jaune. Celles là, déjà, vous voulez les prendre et, en principe, vous avez raison. Vous choisissez donc le rouge qui vous semble le plus rouge, un bleu qui correspond à l’image qu’on se fait du bleu et un jaune ni trop clair, ni trop foncé.

couleurs primaires
couleurs primaires

Comme vous le savez peut-être, sûrement même, en théorie, il suffit de trois couleurs de base pour obtenir toutes les couleurs possibles. Ces trois couleurs ne peuvent être obtenues par le mélange d’autres couleurs entre elles. C’est donc pour ça qu’on les appelle  les trois couleurs primaires.

Si vous observez un tableau de Piet Mondrian, vous allez pouvoir reconnaître  ces fameuses trois couleurs primaires.

Mélange des couleurs
Les 3 couleurs primaires plus le blanc

Vous avez alors essayé de mettre en pratique la théorie qu’on vous a enseignée à l’école.

rouge + jaune = orange

jaune + bleu = vert

rouge + bleu = violet

Vous avez donc décidé de mélanger les couleurs entre elles pour voir ce que ça va donner. Allons y.

Les couleurs primaires

Vous avez pris vos trois couleurs de base que vous avez déposées sur une palette (ou comme moi, sur une vielle assiette en porcelaine, parce que le blanc de l’assiette permet de bien voir la couleur obtenue):

couleurs primaires
couleurs primaires

Bleu  primaire, rouge primaire et jaune primaire . Ces couleurs sont impossibles à créer par le mélange d’autres couleurs. Elles sont donc, en principe, la base de toutes les autres.

Tout d’abord, vous avez mélangé le jaune et le bleu. La magie a opéré, vous avez bien obtenu du vert. C’est un vert assez  foncé à tendance caca d’oie, pas super joli. Ce n’était peut-être pas le beau vert dont vous aviez envie, mais en tout cas, c’est un vert, donc , ça marche. Ça commence donc plutôt bien!

couleurs primaires
jaune et bleu donnent du vert

Puis vous avez mélangé le rouge et le jaune. La magie continue à opérer, vous obtenez bien un orange plutôt digne de ce nom.

couleurs primaires
rouge et jaune donnent orange

Il ne reste plus que le rouge et le bleu. Vous êtes donc sûrs que vous allez obtenir un violet. Vous mélangez alors allègrement ces deux couleurs primaires ensemble,

couleurs primaires
On mélange le rouge et le bleu et on obtient…

et …beurk…vous obtenez une couleur sombre et moche qui ressemblerait plutôt à de l’aubergine, mais un peu crâmée quand même. Certes, on dit que l’aubergine est violette, mais ce n’est pas du tout  un beau violet.

couleurs primaires
et on obtient une couleur se rapprochant plus du noir que du violet

Pourquoi?

En fait,  à l’école, on ne vous a pas tout dit, et surtout, on ne vous a pas fait prendre les bonnes couleurs pour que la théorie fonctionne. Il ne faut pas se contenter de prendre uniquement les tubes sur lesquels les couleurs sont qualifiées de primaires (surtout que ca change d’une marque à l’autre)

En réalité, les trois couleurs primaires ci dessus se comportent comme elles le doivent lorsqu’elles interagissent avec la lumière. Le bleu et le rouge mêlés dans la lumière donnent un très beau violet. Sur le papier, on ne peut pas en dire autant. Le jaune et le bleu donnent un vert lumineux et rayonnant lorsque la lumière les unit. Sur le papier il semble plutôt sale. La couleur orange par contre est tout à fait bien.

Pourquoi est-ce comme ça? Parce que la théorie des couleurs est basée au départ sur la loi des mélanges tels qu’ils apparaissent dans l’arc en ciel, c’est à dire avec l’action  de la lumière et la transparence. Or, notre papier n’est pas traversé  par la lumière et les pigments de nos peintures sont opaques, donc, ça ne marche tout simplement  pas. Ca ne veut pas dire qu’on ne pourra pas s’en servir pour des mélanges, mais elles ne suffiront pas pour faire TOUTES les autres couleurs

Alors comment faire?

Ce n’est donc pas du tout  vrai  qu’on puisse faire toutes les couleurs à partir des trois couleurs primaires?

Eh bien si, mais pas tout à fait comme vous le pensiez. Si, sur le tube, seulement  trois d’entre elles s’appellent primaires, elles ne sont pas suffisantes, voire, ce ne sont pas celles à prendre en exclusivité.

Trois couleurs primaires et du blanc pour quasiment TOUT faire

Les trois couleurs primaires en peinture opaque sont le bleu cyan, le rouge magenta et le jaune. Ce sont aussi exactement les trois couleurs qui sont utilisées en imprimerie pour obtenir toutes les autres.

couleurs primaires
couleurs primaires

Le bleu cyan est un bleu qui tire un peu vers le turquoise

le rouge magenta ( aussi appelé fuschia) est un rose soutenu tirant légèrement vers le bleu

et le jaune est un jaune qu’on pourrait qualifier de jaune soleil ou de jaune d’or

ABOOOOONNN! Mais pourquoi ne nous le dit on pas à l’école???

Je n’en sais rien.

Dans de nombreuses écoles, on continue à apprendre aux enfants à mélanger les couleurs dites primaires ( voir le triangle de couleurs ci-dessus)  parce qu’on se réfère aux rayons de lumière qui se comportent comme on nous le décrit en se mélangeant. Par contre, on ne cherche pas à faire la différence entre la toile ou le papier, et l’espace. C’est fatal parce que c’est cette expérience négative qui va frustrer bon nombre de petits artistes en herbe qui terminent leur chef d’oeuvre dans un mélange sale de trois couleurs inappropriées. Avec un petit peu de malchance supplémentaire, on leur autorise aussi le blanc et le noir. Là, la catastrophe est assurée.

Si à la place, on leur propose juste les trois autres couleurs dont je vous ai parlé plus haut(cercle), Magenta, cyan et jaune citron, on sent comme une libération. D’un seul coup, ils se sentent capables de créer des harmonies incroyables et prennent leur envol artistique.

Le secret

Voulez vous que je vous dévoile un secret ? En peinture, si on leur ajoute nos premières couleurs primaires, on peut vraiment faire un  nombre infini de couleurs et de nuances, y compris le noir. Seul le blanc, obtenu par le mélange de toutes les autres en faisceau lumineux, ne sera pas possible à faire en mélange opaque.

Donc, il ne faut pas trois couleurs, en réalité. Certes, ces couleurs  que l’on ajoute sont aussi bleu jaune et rouge, mais dans un autre spectre. Les imprimeurs l’ont bien compris car ils les utilisent  pour effectivement obtenir TOUTES les couleurs. Et c’est là le truc.

Pour obtenir toutes les couleurs, il faut deux sortes de bleu, deux sortes de rouges et deux sortes de jaunes. Le mélange de ces couleurs entre elles apportera toutes les nuances qui manquaient à nos trois couleurs de base. C’est là le secret qui va faire toute la différence.

Alors recommencons l’expérience avec nos trois nouvelles couleurs primaires.

couleurs primaires
couleurs primaires II

Je mélange le jaune et le magenta et j’obtiens…un rouge primaire!

Tiens, mais c’est marrant ca, du vrai rouge? Oui.

couleurs primaires
Magenta+jaune = rouge vermillon

Voilà donc déjà une couleur que je n’aurai pas besoin d’acheter en tube 😉

Pour obtenir la couleur orange, il ne me reste plus qu’à ajouter du jaune à ce rouge.

couleurs primaires
Orange

Je mélange le cyan et le jaune

couleurs primaires
bleu cyan + jaune = ?

et j’obtiens un vert pomme.

En ajoutant encore une pointe de bleu primaire, je peux le foncer. Avec du jaune, je l’éclaircis.

Maintenant, je mélange le magenta et le cyan

couleurs primaires
magenta+cyan = un vrai violet

et…j’obtiens un vrai violet!

Pour résumer

Pour débuter en peinture, je n’ai besoin que de CINQ COULEURS et du blanc.

Magenta

Cyan, bleu primaire

jaune primaire, jaune citron

Et avec ces couleurs primaires, vous pouvez créer une infinité d’autres couleurs.

Par exemple la couleur « chair » ici.

Nous en détaillerons d’autres dans de prochains  articles.

à bientôt donc,

Ariane